Titre français : Eau douce
Titre original : Freshwater
Maison d’édition : Gallimard
Au Nigéria, dans la cosmologie igbo, lorsqu’un enfant est dans le ventre de sa mère, il est façonné par des esprits qui déterminent son destin. Mais à la naissance de la petite Ada, les portes entre le monde des humains et celui des esprits se sont temporairement ouvertes, le temps pour ces derniers de s’immiscer dans le corps de la fillette et de s’y trouver bloqués. Un pied dans le monde des vivants, un pied dans le monde des esprits, Ada va ainsi grandir envahie par un cortège de voix qui vont se disputer le contrôle de sa vie, fractionnant son être en d’innombrables personnalités.
Mais lorsque Ada quitte son berceau géographique pour faire ses études aux États-Unis, un événement traumatique d’une violence inouïe va donner naissance à un nouvel esprit, beaucoup plus puissant, beaucoup plus dangereux. Ce nouveau «moi» prend possession d’elle et se nourrit de ses désirs, de sa colère et de sa rancœur. La vie de la jeune fille prend alors une tournure de plus en plus inquiétante, où la mort semble devenir une séduisante échappatoire.
Ce premier roman à la force narrative enivrante donne à voir une version profondément originale des troubles de la personnalité. Avec une assurance rare et une énergie dévorante, Eau douce explore les abysses de l’être, pose un regard incisif sur les questions d’identité, de sexualité, de folie et d’acceptation de soi, et sonne l’émergence d’une nouvelle voix littéraire, unique et audacieuse.
D’après une déclaration de l’autrice, l'œuvre est partiellement autobiographique.
Représentation : MC asexuelle, racisée, ogbanje, biromantique et non-binaire, personnage secondaire aromantique, personnages racisés
TW/CW : tentative de suicide, scarifications décrites, viol, drogue, relations malsaines, meurtre, TCA, violences domestiques, abus sexuels durant l’enfance, possession, relations sexuelles, opération chirurgicale, crises de violence
Il s’agit d’un très beau livre, plein de poésie. La narration est originale, à travers une écriture un peu mystique.
Il y a une interpolation étroite entre les identités et le comportement du personnage principale, les unes ne suffisant pas à expliquer l’autre et inversement.
Les esprits refusent d’être définis par des concepts humains, les jugeant trop limitatifs.
Le roman aborde la thématique de l’émancipation.
Le personnage principal trouve une forme de communauté qui lui permet de s’accepter soi, à travers la rencontre avec un autre personnage dans la même situation qui a réussi à faire la paix avec son identité.
Cette lecture peut se montrer déprimante voire angoissante ; les thématiques abordées sont très dures (cf TW/CW). L’atmosphère en est lourde, on n’a pas l’impression de voir d’issue à la situation dans laquelle se retrouve le personnage principal.