Aylan
Abandonnée aux creux des vagues,
En une complainte obsédante, lancinant refrain,
La conscience endormie sombre dans les fonds marins,
Regagne sa couche, moïse d’algues,
A bord d’une nef pérenne,
Proie esseulée des sinistres sirènes.
Opaline et nue, elle rêve assoupie,
Baignée dans les vestiges d’un monde antique,
Épave magnifique !
Elle a le regard plongé vers les secrets enfouis.
A nouveau tes regards langoureux
Ricochent sur l’onde paisible,
Miroir attrayant, mirages irrésistibles
Pour l’âme tourmentée et l’esprit amoureux.
Narcisse tu portes désormais
Le sourire figé de l’innocence
Ravalée sur le sable. En paix,
Elle embrasse le varech en silence
Dans les noirceurs de nos mers fondamentales
Croît une fleur de sel
Émerge un bouquet de cristal.
Rutile dans nos abysses une gemme
Chant de héraut, étincelle
Un poème











