C'est la vie qui imite le cinéma. It is life which imitates cinema.
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Oui, bonjour, c'est pour quoi ?
Yes, hello, what’s this for?
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La collapsologie c'est la science du caddy vide. Collapsology is the science of empty shopping cart.
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Paix et amour sur toi !
Peace and love on U!
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Gueriller@s : documentaire sur des militants transgenres et transexuels espagnols
Pareillement que pour le billet sur "Appelez-moi Kuchu", ça sera décousu et portant surtout sur ce qui m'a marqué pendant la visualisation de ce film dans le cadre du festival Ecrans Mixtes.
Gueriller@s est un documentaire qui laisse place aux témoignages de personnes transgenres, et permet une réflexion autour du genre en tant que construction sociale et de ce qu'est la transidentité.
J'ai trouvé ce film vivifiant, même si certaines choses m'ont gênées et/ou peu convaincues : je fais référence par exemple à un des intervenants, activiste trans plutôt masculin (j'y reviendrais), Miguel je crois, qui banalise la trans identité en disant que ce n'est pas si horrible des fois, et qu'il y a des gens très bien.
Plusieurs choses intéressantes dans ce film :
Des arguments très forts pour que la trans-identité ne soit plus vue comme maladie mentale : une phrase qui m'a marqué de Miguel que la trans-identité est l'une des seules maladies, où on doit donner au patient ce qu'il veut pour le soigner, au lieu de lutter sur le trouble.
Un réel non impératif à l'opération pour vivre : plusieurs intervenants reviennent sur le contrôle des corps, et comment au final, on apprend aux trans via la psychiatrie à haïr leurs corps et donc se cacher et ne rien faire avant d'être opéré, opération qui devrait tout résoudre. Ils dénoncent une psychiatrie qui au lieu de reconnaitre les corps dans leurs diversités, on incite les trans à ne pas être heureux s'ils ne sont pas conformes à ce que la société attend d'eux. Miguel parlera notamment de sa rencontre avec un homme trans parisien qui portait fièrement un t-shirt "J'aime mon vagin", qui l'a étonné et dissuadé de faire une vaginoplastie par la suite. Une autre homme trans insistera que pour lui, les artifices que sont les vêtements sont déjà en soi de la technologie pour vivre en homme, et qu'il n'a pas besoin de plus pour le moment.
Une politique du choix : bien que le film laisse une plus grande place au non-recours à la chirurgie, une personne agenre souligne que ce qui est important, c'est le choix. Seuls les trans doivent décider ce qu'ils veulent faire de leur corps.
Que cherchent les psys? A un moment, Miguel parle de son énervement face au psy, quand il lui demande un jour "Qu'est-ce qu'il veut/attend pour signer son ordonnance?". En fait, rien car qu'est-ce qu'un homme ou une femme? On ne sait le dire clairement.
Frontières entre jeux sur les perceptions sur le genre et la transidentité : à un moment, Miguel demande qu'est-ce qui différencie tellement, une personne agenre plutôt masculine, un homme trans, ou une lesbienne butch. Bien que je trouve que ça joue sur le problématique "On est tou-te-s un peu trans", on ne peut s'empêcher de se poser la question de ces frontières, surtout pour les personnes concernées.
Un accès aux changements corporels réglementé par le patriarcat : côté technique que j'envisageais peu, mais les personnes trans du film témoignent aussi de la difficulté à se procurer des hormones masculines, alors que les féminines sont plus facilement accessibles. Ou de comment altérer son corps pour prendre 4 tailles de poitrine est normal, pendant que retirer sa poitrine est un choix très scruté. Comme expliquera l'un d'eux, qu'est-ce sinon le reflet du sexisme aussi dans nos sociétés?
C'est mes notes pêle-mêle sur ce documentaire, qui est très intéressant à voir, et que je recommande si vous pouvez y avoir accès.
Appelez-moi "Kuchu" (VO : Call me Kuchu) : documentaire sur la communauté LGBTQIA ougandaise
Ceci n'est pas une critique. Une critique nécessiterait de s'asseoir, puis de décortiquer le cœur froid ce film en tant que production culturelle de notre temps.
Et ce n'est clairement pas ainsi que j'ai envie d'aborder ce sujet. Ce n'est clairement pas comme ça que j'ai envie de parler de ce documentaire qui m'a bouleversé, tellement que je pleurais un bon quart du film.
Si vous voulez des informations plus classiques, vous pouvez lire cette introduction d'Arte, ainsi que cet extrait d'une analyse d'Africultures, présente au complet dans le dossier n°96 "Homosexualités en Afrique".
Voilà, ma BA de "link provider" faite, on peut parler vrai, et dur, du film "Appelez-moi Kuchu" que j'ai vu dans le cadre du festival Ecrans Mixtes.
Ce documentaire est une véritable leçon de vie, ainsi qu'un témoignage historique puissant, que j'espère ne tombera pas dans l'oubli. Il nous montre principalement les combats de David Kato, leader activiste LGBT en Ouganda, ainsi que ceux d'autres membres de la communauté (Naome, Stoosh, LongJones), notamment contre un organe de presse (Rolling stone) qui publie une liste des personnes Kuchu (équivalent de queer) en Ouganda, menaçant la sécurité de celles-ci, et surtout contre la fameuse loi punissant l'homosexualité par la peine de mort, loi finalement passée en Décembre 2013.
Voir ce film avec la saveur amère de savoir que la situation est sûrement pire aujourd'hui est une expérience particulièrement triste et désespérante, surtout juxtaposée à l'espoir et la volonté dont font preuve les personnes qui se battent dans ce film. Il y a des moments où David nous fait tellement rire (avec Naome aussi) : sa mort (qui survient en cours de film) n'en est que plus dure à supporter.
Cet homme est un réel héros, et son enterrement sous les insultes et les cris de réjouissances de la population homophobe est un déchirement insupportable. Tu n'as que plus de respect pour tous les autres kuchus sur place qui 1) continuent le combat 2) supportent la peine vive de la perte de leur ami/leader, sous la violence.
Ce documentaire donnent avoir des tranches de vie de ces kuchus ougnadais : des passages durs où ils racontent leurs souffrances, mais aussi leur vie d'entraide les uns les autres. Deux passages m'ont marqué à vif : Stoosh, lesbienne butch, racontant comment un camarade homme ayant découvert son lesbianisme, l'a violé, l'enceintant et lui transmettant le SIDA, et ses envies de suicide, mais aussi la fête chez Naome, rassemblant les Kuchu pour une sorte de ball, où on élira Miss Kuchu 2011, instant de bonheur furtif avant le retour dans la violence du quotidien.
J'ai apprécié aussi la figure du pasteur support religieux de la communauté, qui montre la non-contradiction pour les kuchus de leur foi et de ce qu'ils sont. A la fin du film, celui-ci aide à construire (avec Naome) un centre de refuge LGBT avec support religieux : vu les événements actuels, je me demande ce qu'il est advenu de ce centre :(
C'est si difficile à démêler les sentiments qu'inspire ce film : désespoir, espoir, respect, amour, haine, tristesse, mélancolie...On ne sait pas trop.
Lorsque j'entendais les discours des différentes personnes luttant pour l'homophobie (le rédacteur en chef de Rolling Stone, des chefs de l'Eglise, David Bahati...), je n'arrivais même pas à les haïr : tellement de certitudes de faire le Bien, de lutter contre l'impérialisme occidental, et/ou d'être du côté de Dieu, de lutter contre le détournement de la jeunesse, ce discours homophobe spécifique à l'Afrique, où l'homosexualité est vue comme "non-africaine". Un certain désespoir de voir que les kuchus n'ont que pour seule alternative l'aide internationale, cet Occident qu'on voit positif dans le film lorsqu'on voit tous ces pays (Danemark, Etats-Unis, etc...) condamner la situation en Ouganda, comme s'ils avaient des leçons à donner. Finalement, que tristesse et horreur de les voir coincés entre le marteau et l'enclume, et donc sacrifiés.
Ce film est à voir pas parce qu'il est plaisant, mais parce que c'est un bout d'Histoire dont il faut se souvenir, et que c'est bien le moins qu'on puisse faire face à ces luttes toujours en cours.