Interview Avec Ernesto Bel Grini :
Initié à la photographie dès son plus jeune âge, par son père c’est en arrivant à Jdida que sa passion prend finalement un tournant décisif.un style plongé dans le tout ! Ce photographe à bien pris la peine de répondre a mes questions ! Il n’avait qu’à répondre par des phrases simples et courtes ! Je respecte son choix photographique et c’est là la diversité chez les photographes marocains.
-Rime Chiadmi ElHajji Essobay : Ernesto Bel Grini le photographe, comment est tombé dans l’amour de la photographie?
Zakaria: Ma passion pour l’art de la photographie a débuté depuis mon plus jeune âge. Comme la plupart des adolescents, j’étais fasciné par les photos de stars, leurs portraits et la prise de leurs photographes. Je rêvais moi aussi de voir ma signature figurer sur des photos qui feront le tour du monde (et j’en rêve toujours), et petit à petit, cette passion se transforma en amour.
. -Rime Chiadmi ElHajji Essobay : Qu’est-ce qui vous donné envie de faire de la photo ?
Zakaria : Tout d'abord dès mon plus jeune âge je me souviens quand j'assistais mon père développant ses tirages en noir et blanc, ces images sont remontées en moi plus tard. Ensuite ce fût notre voisin, mon premier sujet d'étude photographique mais pas de manière professionnelle, juste passionné et curieux. Et finalement, après notre premier voyage a Ouarzazate, ce virus a été activé par la beauté et l'authenticité de cet ville. L’inspiration artistique qui sommeillait en moi s'est réveillée et une seconde nature est née: La Photographie. De photos en travaux j'ai au fil du temps fait évoluer ma technique, mon matériel et surtout mon regard.
« Plus je rentre en communication avec mon espace et plus l'émotion devient palpable et prend la forme d'un mot. Quel plaisir de voir les émotions qui deviennent à leur tour des mots, des notes de musique qui font danser mon âme en errance!»
-Rime Chiadmi ElHajji Essobay : La photographie au Maroc ? le passé, le présent et l’avenir !
Zakaria: Je pense qu’il y a eu très peu de photographes de renommée par le passé, la photographie a depuis longtemps été considérée comme un métier, plutôt qu’un art, d’ailleurs, c’est toujours le cas aujourd’hui. Sauf qu’aujourd’hui, avec l’expansion des réseaux sociaux et grâce à l’ouverture du Maroc au monde entier, beaucoup de jeunes (comme moi) s’y intéressent. Pour certains, ça sera leur gagne-pain, pour les autres, c’est juste un hobby qui passe après leur vie professionnelle. Pour le futur, je ne sais pas si la tendance va se développer ou pas, mais je suis optimiste.
-Rime Chiadmi ElHajji Essobay : Roland Barthes écrit dans “La chambre claire” que «les photographes sont les agents de la mort ».Qu’en pensez-vous ?
Zakaria : Pour moi, le photographe rend vivant et actuel un événement passé, et ce à tout moment d'une vie. L'image n'est pas morte au moment où elle est prise, elle continue à vivre. La photographie se présente comme le modèle parfait de la description de ce qui est unique et jamais ne se répète. Elle a le pouvoir d'arrêter le temps, elle cherche à attester les écarts entre les époques. Pour moi, les photographes sont surtout les capteurs de vie mais pas des agents de la mort. Ils font un travail pour la mémoire.
-Rime Chiadmi ElHajji Essobay : La photographie est un exercice existentiel dans la mesure où le photographe cherche à pérenniser l’éphémère. Que représente la photographie pour vous ?
Zakaria : La photographie est la concrétisation d'une émotion. je ne saisis pas uniquement des formes; je ne retiens pas non plus des situations ou des rencontres, mais je prends en image les différentes sensations rencontrées. La photographie est tout simplement ma sensibilité, mon intuition, ce qui représente le sensationnel pour moi. « Si l'acte photographique est un acte de donner à voir, il est aussi une manière de voir et de penser la réalité», selon le mot de Luiz Eduardo Robinson Achutti.
-Rime Chiadmi ElHajji Essobay :La photographie définit aussi la relation à l’autre puisque ce sont les autres que nous photographions. Comment voyez-vous ce rapport photographie/altérité ?
Zakaria : Prendre des images de l'Autre, c'est découvrir celui-ci et se découvrir, pénétrer le langage de l'autre, même muet, en fonction des images qui se présentent, c'est se construire un langage…
-Rime Chiadmi ElHajji Essobay : Quelles sont, selon vous, les qualités nécessaires pour être photographe ?
Zakaria :Il faut surtout de la volonté, du courage, de la patience et de la persévérance. Aimer la photo, bien sûr, mais être aussi convaincu, talentueux et énergique. La réussite dans ce métier tient surtout à l'énergie que l'on met pour réussir. Il faut savoir vaincre sa timidité.
-Rime Chiadmi ElHajji Essobay : Quel conseil donneriez-vous aux personnes qui souhaitent devenir photographe ?
Zakaria : Je leur conseille d'être curieux et de faire le maximum de rencontres. Dans un premier temps, il n'est pas forcément nécessaire de se spécialiser. Il est préférable d'explorer le milieu, de faire des stages, de s'inscrire à des clubs photos, participer à des festivals... Cela permet de savoir vraiment ce que l'on veut faire et d'ouvrir le champ des perspectives. Par la suite, il faut se spécialiser dans un domaine que vous aimez vraiment. Pour ce qui est de la technique, les formations ne manquent pas mais, selon moi, ce n'est pas le plus important dans ce métier. Ce qui compte avant tout, c'est la sensibilité du photographe, ce qu'il a envie de dire et de regarder.
-Rime Chiadmi ElHajji Essobay :Quel est le photographe qui vous inspire le plus ?
Zakaria : Le photographe Yann Arthus Bertrand m’a beaucoup inspiré mais récemment j’ai découvert Leïla Ghandi, une photographe marocaine qui m’a le plus marqué à travers ses prouesses artistiques. Ses photos nous transportent dans les pays qu’elle a pu visiter, nous donne même la sensation d’avoir rencontré les personnes qui ont posaient sur ses photos. A travers ses oeuvres on entre en immersion totale dans les différentes cultures, on les découvre, on les ressent car ses photos en elle-même s’expriment et nous racontent l’histoire, l'émotion, la sensation qu’elles veulent dégager. Je l’ai récemment rencontré et franchement elle donne l’envie d’aller de l’avant à travers ses travaux, son enthousiasme et ses encouragements !
-Rime Chiadmi ElHajji Essobay : Quels sont vos projets?
Zakaria : Actuellement j’ai un seul projet d’études c’est de réussir mon BAC.
-Rime Chiadmi ElHajji Essobay : Un dernier mot ?
Zakaria : Je prends souvent mon appareil photos pour une aventure photographique mue par une sensation et une envie de découverte, pour un voyage visuel, un voyage émotionnel. Je pars nourrir mon errance au rythme d'un temps, et essayer de percevoir mon espace fait d'échos de résonances. Plus je rentre en communication avec mon espace, et plus l'émotion devient palpable et prend la forme d'un mot. Quel plaisir de voir les émotions qui deviennent à leur tour des mots, des notes de musique qui font danser mon âme en errance...! La photographie est un bonheur d'émotions...Un bonheur de voir l'image faire lien avec le mot....