Emmanuelle Devos dans « comment je me suis disputé… ma vie sexuelle » d'Arnaud Desplechin (1996)

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Emmanuelle Devos dans « comment je me suis disputé… ma vie sexuelle » d'Arnaud Desplechin (1996)
Vincent Lindon and Emmanuelle Devos in La Moustache (2005) dir. Emmanuel Carrère
Arnaud Desplechin « comment je me suis disputé… ma vie sexuelle »
[cinéma][critique]
29 ans. C’est l’âge où l’on commence à s’inquiéter des choses que l’on n’arrive ni à conclure (finir sa thèse, finir une relation qui agonise, poser sa démission) ni à débuter (écrire un livre, s’affranchir du regard des autres et de celui que l’on porte sur soi, s’installer en couple, avoir une situation).
Un âge où l’on commence à peu près à s’y trouver dans le grand dédale de l’existence ou bien où l’on s’y perd effrontément.
Un âge où on est déjà un adulte mais où l’adolescence nous colle encore un peu trop à la peau et où l’on se sent plein de trous.
« C’est un film comme j’aimerais en faire » m’a confié J. Je dirais que c’est un film comme j’ai envie de vivre ma vie. Un film où les relations de travail, les amitiés, les amours et les inimitiés se mêlent de façon étourdissante. Une sorte de petit frère de «conte de la pleine lune » d’Eric Rohmer mais en plus absurde et spontané, croisé avec l’ébriété envoûtante de « Faces » de John Casavettes.
Un film où la profondeur est traitée avec légèreté. Où le drôle se mêle toujours avec le grave. Où l’on rit à l’endroit où notre coeur pleure et se débat, là où il faudrait bien prendre sa place mais sans savoir comment faire (faut-il aller serrer la main à ce collègue infect qui nous méprise ? faut-il voler à notre meilleur ami cette fille qui nous fait chavirer plus que tout ?). Mais ce sont des rires et des bêtises sans ironie, sans distance avec ce qui se joue, au contraire, qui se tissent et se logent dans ces drames auquel personne n’a de réponse claire dans l’immédiat.
Un film où l’on s’autorise à pleurer quand le premier amour nous quitte. Où l'on sait qu’on ne va pas en mourir (Emmanuelle Devos) mais on sait aussi que cela nous prendra des années pour nous en remettre.
« Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage » lance Esther (Emmanuelle Devos) à Paul (Mathieu Amalric). Elle n’est pas dupe des artifices de son petit ami qui cherche à se débarrasser d’elle autant qu’il cherche à se débarrasser d’une certaine image de lui-même.
Un film avec des palabres tantôt hasardeuses, tantôt brillantes, des regards,de la complicité, de la philosophie oiseuse parce qu’en réalité lire, traduire ou écrire de la philosophie (comme le font les personnages du film) est surtout un moyen de se défendre de ce qui les agite, les pique et les blesse dans leurs désirs et dans leur vanité.
Un film saisissant parce les situations et les relations sont tout aussi glissantes, opaques et loufoques que cette identité qu’ils chassent plus que tout mais qui leur échappe sans cesse comme un savon entre les doigts.
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« J’ai pas peur de mourir, j’ai peur de vivre pour rien. » Mathieu Amalric aka Paul Dédalus /« Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) » ・・・ Je ne saurais mieux dire... À quoi je sers ? Est-ce que seulement j’ai un “destin” (prétentieuse prétention) ? Vais-je tout comprendre à la fin, dans un soulagement, voire même une fierté assez vaine ? Y a-t-il un but que j’essaie inconsciemment d’atteindre, m’occasionnant des zigzags à la con ? Pourquoi est-ce si compliqué, de plus en plus compliqué ? Quand la Terre s’arrêtera-t-elle pour que je descende ? “Comment font les gens”, eux ?! Cher @imatoo voilà un autre film à revoir 😉 ・・・ #commentjemesuisdisputé #mathieuamalric #arnauddesplechin #emmanuelledevos #thésard #normalien #nanterreuniversité #cinémafrançais #cinéma #acrylicpainting #pascalebailly #gainsbourg #birkin https://www.instagram.com/p/ByF6Z63Cc58/?igshid=kmnkm0xz9y58
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