S’entretuer
On s’est entretués pendant des années,
Maintenant on se parle à demi-mots et on fait des petites histoires,
Comme si on était capable de se voir sans se rappeler les miroirs,
Cassés, on veut plus penser qu’on est capable de se tuer,
L’être humain sait s’adapter, notre passe-temps c’est nier,
Comme si cette putain d’hypocrisie allait nous soigner,
Si on refait des crises, c’est chacun de son coté,
Surtout parce qu’on a peur des autres, c’est plus simple de se saboter,
Chacun sa merde, on se cache de la société et dans la rue on se sent observé,
Pendant longtemps je ne savais pas quoi en penser,
Est-ce que je suis tarée ou bien tout le monde est pareil sans le montrer,
Aujourd’hui je sais que les gens sont aussi absurdes qu’ils en ont l’air,
J’aurais aimé me sentir aimé, mais on n’est pas des tonnes à avoir le mal,
Pas juste ton mal être d’inadaptée, t’en connais pas mal qui marchent à l’envers,
Nan, la violence expérimentée, celle où les verres se cassent et le pouls s’emballe,
Nan, celle où tu te sent plus respirer même si t’es seule dans la salle,
Juste oublie pas de fermer la porte parce que j’ai trop parlé, oups on l’a défoncée,
Pas d’échappatoire, tu peux toujours arrêter de parler ou menacer,
Tu t’es barré après quelques années, tu pensais que ça t’aurais sauvée,
Mais trop tard ça a migré, le mal est implanté dans ta tête qui n’est plus saine,
Contaminée, tout ce que tu peux faire c’est te mettre en quarantaine,
On dit que t’as survécu, pas sûr que « vivre » ais le même sens que n’importe qui.
29/10/19










