© Gotthard Schuh, Laurence Leblanc, Kiarostami, Doisneau
« Traverses », la collection photographique de Marin Karmitz, Acte Sud, 340 pages
Traverses, la collection photographique de Martin Karmiz, porte bien son nom. Du fait de son incroyable richesse graphique, cet ouvrage emprunte effectivement de nombreux chemins, dresse des passerelles entre les univers photographiques différents et se fraye un passage dans ce qui se fait de mieux en matière de représentation picturale moderne. On connaissait l’homme d’image, le cinéaste, le créateur du réseau de salles de cinéma MK2, le cinéaste, le producteur et l’on découvre un vrai passionné de photographie, un collectionneur avisé et pointu, riche d’une collection fabuleuse faisant la part belle aux grands photographes sans oublier de mettre en avant les talents à venir. Â
Quasiment tous les grands noms de la photo figurent dans sa collection, apportant chacun une touche personnelle à la vision singulière  du collectionneur. L’univers flouté et inquiétant d’Ackerman fait écho à celui plus torturé de D’Agata qui est lui-même rejoint dans son obsession du corps par le travail de Dieter Appelts. Tout comme on aurait pu dresser un pont entre le travail d’Ackerman et celui sur l’identité et la représentation de Boltanski. De même l’identité se retrouve dans les portraits de  Faigenbaum qui portent la mémoire d’une histoire tourmentée, celle du siècle passé. Une face sombre de l’humanité qui contraste alors fortement avec la quiétude et la douceur des paysages  contemplatifs de son ami cinéaste, Kiarostami.
La deuxième partie de l’ouvrage offre une succession de tirages acquis par Karmiz au fil du temps et des ventes, là aussi se bousculent les grands noms de la photo et les as du tirage. Le chemin de traverse de cette partie nous conduit naturellement vers les lumières du cinéma, là où se croisent Eisenstein, Elliot Erwitt, Marylin Monroe, Sagimoto, Bille Henson ou encore Douglas Gordon. La création, l’invention et l’audace s’invitent aussi dans ce florilège avec les tirages plus expérimentaux de Giacometti, Man Ray, de Walter Benjamin ou encore de Duchamp. Et c’est toujours l’homme qui est au cœur du questionnement avec les magnifiques tirages de Joseph Breitenbach, de Boubat, Chris Marker, de Bresson, de Doisneau, d’Anders Petersen, de Laurence Leblanc et de Jeffrey Silverthone. Toutes ces images, toutes ces pistes, tous ces signes convergent vers une vision profonde de l’humanité avec sa diversité, ses visages, ses tourments, ses états d’âme et surtout cette sombre beauté que la lumière a su révéler.
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« Traverses » : Cote photo 3
Le Fonds photo de la Médiathèque Rostand possède également une belle collection où l’on retrouve nombre de photographes cités dans l’article :
Michael Ackerman : « Half life », « Fiction »
Antoine D’Agata : « Paraiso », « Index », « Mala noche », « Manifeste », « Le désir du Monde », « Agonie », « Odysseia », « Vortex », « Ice », « Anticorps », « Stigma », « Psychogéographie », « Isomnia »…
Dieter Appelts (cliquez sur les noms de photographes pour visualiser la sélection de livres dans le site portail des bibliothèques de Paris)
Boltanski
Faigenbaum
Kiarostami
Laurence Leblanc
Elliot Erwitt
Boubat
Doisneau











