Pourquoi ferre t-on un cheval?
Vous vous demandez : à quoi serre le fer à cheval ? N’existe t-il pas des solutions alternatives ? Ou encore, le cheval ne peut-il pas se déplacer sabot nu ? Pour répondre à ces différentes questions, il est important avant tout regarder de plus prêt le sabot du cheval et son évolution.
L’évolution de la morphologie du pied du cheval
Peut-être le saviez-vous, l’ancêtre « connu » du cheval : l’Eohippus est un petit mammifère végétarien d’environ 40 centimètres au garrot ressemblant à un petit tapir. Cet animal vivait dans des forêts marécageuses. Ses pieds possédaient 4 doigts sur chaque membre antérieur et 3 doigts sur chaque membre postérieur. Cette particularité lui permettait de se déplacer rapidement sans s’enfoncer profondément dans la boue (Et oui, plus de surface de support).
Les profonds changements climatiques pendant la première partie de l’ère tertiaire (il y a environ 50 millions d’années), ont bouleversé les écosystèmes. Les sols des forêts marécageuses s’assèchent petits à petits et deviennent durs. La nourriture abondante au sol devient de plus en plus rare. L’Eohippus est alors obligé de sortir de la forêt pour trouver de la nourriture tout en échappant aux nombreux prédateurs. Or, le jeu de doigts latéraux –initialement lui offrant un avantage certain, devient un désavantage pour se déplacer rapidement (les forces de frictions qu’il occasionne entrainant une perte de vitesse) et échapper à ses nouveaux prédateurs.
Au fur et à mesure des générations, l’Eohippus perd progressivement ses appuis sur les doigts latéraux et prend quelques centimètres Il devient alors Mesohippus (50 centimètres), puis Mérychippus 20 millions d’années plus tard (90 cm), Pliohippus le solipède (1,15m) et enfin Equus caballus (il y a environ 1 million d’années).
Le pied du cheval est donc composé d’un doigt simple correspondant au majeur sur une main humaine. L’« ongle » s’est modifié pour donner une boite de corne « la boite cornée » assurant la protection des tissus du pied lors des contacts avec le sol.
La domestication et ses conséquences
Le cheval a été rapidement domestiqué par nos ancêtres préhistoriques. En atteste les différentes peintures rupestres découvertes dans différentes grottes préhistoriques. La domestication par l’homme a eu différentes conséquences sur les chevaux tels que la sédentarisation (parquage dans un espace clos), le changement de régime alimentaire (passant d’herbivore à granivore) et la réalisation de tâches répétitives (traction, harnachement etc.)...