BRESIL - Rio de Janeiro - Ipanema - “Caïpirinhaaa Caïpirinhaaaa ”
Cachaça, sucre de canne et citron vert sont les ingrédients du cocktail brésilien le plus populaire, “caipi”.
La cachaça est issue de la fermentation du jus de canne à sucre. Décantée, filtrée et distillée à l’alambique à basse température ( moins de 50°), elle est mise en bouteille ou peut-être vieillie en fût de chêne pour affiner ses saveurs.
On compte 600 producteurs dans le pays sans compter les petits producteurs indépendants. La cachaça se distingue de l’aguardente (littéralement eau de vie en espagnol et en portugais), un alcool distillé avec un degré différent auquel est ajouté du sucre, du méthanol et d’autres substances chimiques. La cachaça est de la pure eau de vie de canne à sucre et à ce titre la boisson nationale du Brésil avec une appellation contrôlée.
Associés à la détente et à la fête, les cocktails de cachaça étanchent la soif pendant le carnaval. Toute l’année, c’est à Ipanema que l’on rencontre les marchands ambulants réalisant les 100 pas avec énergie et un large sourire pour servir des caïpirinha ou batiba (cachaça et jus de fruits) aux vacanciers installés sur leur serviette de plage face au coucher de soleil. Mère ou père de famille, ils viennent travailler sur la plage en complément d'un autre emploi. Bientôt, ils partiront travailler en ville ou rentrerons sur les collines rejoindre leur famille.
Blocao de animal, un des plus atypiques défilés dans les rues de Rio. Les cariocas et leur animal de compagnie costumés se réunissent chaque année devant le Sofitel pour parader. Pour en découvrir plus, c’est par ici.
AUSTRALIE - Tasmanie - Sur les pistes de l’Overland Track, un trek mythique de 65 km
S’il faut une semaine pour découvrir le parc et réaliser ce trek, une belle journée de marche permet déjà de s’émerveiller et d’apprécier la sérénité ambiante pas à pas.
L’Overland Track est emprunté pour la diversité de son écosystème et la splendeur de ses paysages. Car on traverse des forêts d’eucalyptus, on atteint des sommets, on atterrit au cœur de la lande couverte de bruyère et de fougère, on escalade les roches et on arrive au bord du lac St Clair.
La randonnée commence au visitor center au nord lorsque la météo en Tasmanie est la plus clémente de septembre et avril.
Panoramic Cradle Montain, Mont Wellington, Bay of fire, Honeymoon, Freycinet, Maria island, Cygnet, Mona museum, Kettering
Un road trip inoubliable depuis la ville portuaire d’Hobart pour découvrir la richesse des paysages de l’île, des panoramas du Mont Wellington, du parc national de Cradle Montain et du lac St Clair, des plages sublimes de la côte-est, de la faune et de la flore sauvage des petites îles de Maria et Bruny.
Un peu d’histoire. Port Arthur, un ancien établissement pénitentiaire, éclaire sur la tragédie réservée aux aborigènes et les conditions de détention et de travaux forcés des convicts. Au cours du 19e siècle, la moitié de l’île est peuplée de bagnards envoyés par les colonies anglaises pour développer l’agriculture et l’industrie. Dans le même temps, la population aborigène est déportée, incarcérée et elle survit malgré les conditions de maltraitance, malnutrition et les maladies ramenées par les colons. Depuis 1995, des procédures amènent le gouvernement australien à reconnaître le préjudice causé et à restituer des terres aborigènes.
Economie. Sur la route, la traversée d’un village fantôme laisse imaginer un passé prospère pour l’industrie minière de l’or, du zinc et du fer, en déclin depuis les années 1990. Longtemps isolée, l’île conserve en revanche des ressources naturelles encore inexploitées et provoquent un bras de fer entre les industrielles et les écologistes. Il n’est pas rare de croiser des camions transportant d’ immenses troncs puisque l’économie du bois reste une ressource économique pour l’Etat.
C’est aux beaux jours, de novembre à février que le tourisme et les travaux saisonniers de fruits picking (raisin, pomme, nashi) amènent du dynamisme et de l’animation avec des fêtes et des festivals de musique et de gastronomie.
Géographie. L’atout de l’île est sans aucun doute ses centaines de sentier de randonnée, prés de 3000 km à parcourir. Des forêts, des montagnes, aux eaux turquoises et de sable fin des plages, on croise wallaby, wombat et le fameux diable de Tasmanie (espèce endémique de l’île et emblème).
Le site référence des randonnées : Great Short Walks.
Au 42° parallèle, la Tasmanie peut offrir un spectacle lumineux pendant la nuit lorsqu’une aurore australe éclaire le ciel. Localisation et conseils ici !
L’automne commence en mars pour glisser vers un hiver rigoureux. Devonport est la dernière étape pour prendre le ferry en journée et rejoindre Melbourne.
Depuis la route, on traverse une allée de vigne, un parking, un terrain de tennis pour arriver devant un cube en miroir, l’entrée du MONA, Museum of Old and New Art
Le musée est taillé dans la roche, sur 3 niveaux souterrains. A l’entrée, un salon rétro avec deux fauteuils jaunes devant une cheminée. Un peu plus loin, un snack avec une vue d'Hobart, depuis la terrasse.
La visite commence en empruntant l'escalier en colimaçon ou l'ascenseur pour faire une chute de 15 mètres, au 3 ème niveau.
Gilbert et Georges
En sortant de l’ascenseur, on est pris de vertige par l’impressionnante paroi du mur en grès que l'on traverse. Vient ensuite la surprise, par la vue d'un bar ancré dans la roche.
Une exposition temporaire est consacrée à Gilbert et Georges, deux artistes britanniques qui se mettent en scène depuis les années 60 dans des photos, vidéos ou collages subversifs. Un documentaire est projeté dans des petites salles permettant d appréhender leur travail.
Le choix de consacrer une exposition à ces artistes correspond bien à l'esprit loufoque, intello, bling bling du propriétaire des lieux : David Walsh.
David Walsh, le diable de Tasmanie
Milliardaire et mécène, David Walsh a ouvert le Mona en 2011, le décrivant comme ‘un disneyland subversif pour adultes.
Excentrique de 51 ans qui n’hésite pas à faire éditer des cartes postales à son effigie et à celui de son épouse : Kirsha Kaechele, commissaire d'expositions, il est l'enfant terrible de Tasmanie. Il fait le choix de construire son musée sur ses terres, sur une presqu'ile, au bout du monde.
Dans les années 70, il met au point un système mathématique ingénieux basé sur les probabilités. Il fréquente Zeljko Ranogajec, un des meilleurs joueurs au monde, qui l’initie au black jack. Ils gagnent en mettant en pratique son systeme, en comptant les cartes. Ils font fortune.
En 1992 au Niger, une loi sud africaine l'empêche de sortir 20 000 dollars de gain. Il achète alors une porte ancienne. C'est le début de sa collection qui compte aujourd’hui 20 000 œuvres, estimée à 78 000 millions d euros.
Il achète un vignoble et une brasserie en Tasmanie et gagnent encore beaucoup de dollars en jouant aux courses de chevaux. Les collections deviennent une forme de thérapie dans son mode de vie tumultueux. Il achète des pièces de monnaies, des toiles d'artistes australiens, des sarcophages et des œuvres contemporaines.
Ancien et moderne
Sur deux niveaux, dans la pénombre, on déambule au milieux d'oeuvres anciennes et contemporaines, tout azimut, éclairées comme pour nous happer, retenir notre attention et nous tenir en haleine. Une muséologie loin d'etre académique, qui surexpose bien souvent l'oeuvre, par thématiques ou par ordre chronologique. Ici, aucun cartel. A la manière du Musée imaginaire d'André Malraux, le spectateur conçoit sa visite par l’expérience du sensible.
La collection Monanisme compte 460 œuvres. Toutes les pièces sont intéressantes et demandent une attention particulière. 10 œuvres, ont retenu un peu plus mon attention, en toute subjectivité !
- Kryptos de Brigita Ozolins, cube à plusieurs parois avec la même suite de chiffres inscrite 0110100, sur un fond sonore hypnotisant.
- Artifact de Gregory Barsamian, sculpture d'une tête, joue contre le sol,dans laquelle on peut voir des pensées tourbillonner.
- Jannis Kounelli. Sur une chaise, une bassine d'eau avec deux poissons rouges à l’ intérieur et un couteau posé au dessus.
- Cloaca de Wim Delvoye, sans tabou c'est une machine qui reconstruit notre système digestif et qui fait caca.
- Tim Steiner, tatoué par Wim Delvoye, l'homme tatouage en chair et en os, expose son dos, pendant ½ toute l’après midi.
- En in libertalia de Mathieu Briand. Une installation dans 3 salles présente l’ exploration d'une île de Madagascar par l'artiste et ses amis.
- Masao Okabe et Chihiro Minato. Œuvre murale créée avec des roches d'une station de trains à côté d'Hiroshima. On nous propose de participer, de prendre un crayon de papier et une feuille blanche et de la poser sur une roche. Les reliefs de la roche apparaissent alors sur notre dessin.
- White library, Wilfredo Prieto. Pièce éclairée par des néons pour la réalisation de cette oeuvre conceptuelle, des livres blancs sur des étagères.
- Bit.Fall, une fontaine de mots les plus tapés sur Google, le jour même.
- Mise en scène d'un sarcophage. On entre, par deux, par un long couloir qui donne sur une pièce froide. On traverse une passerelle au dessus de l'eau. Deux sarcophages s’opposent, l'un de la période égyptienne, l'autre numérique, montrant le corps en déflagration d'une momie.
Le musée attire tous les publics, les parents avec des nourrissons, des jeunes et des moins jeunes, des avertis de l'art, des vacanciers, des voyageurs, des touristes en tour opérators,…A l'entrée, on nous propose un ipod doté d un GPS qui permet, si on le désire, d’ avoir les caractéristiques de l'oeuvre, des interviews des artistes pour percer leur univers et les commentaires de David Walsh. On peut choisir d'aimer ou de ne pas aimer l'oeuvre. Le MONA est une expérience, par moment trash, qui évoque Eros et Tanatos, sexe et mort, par des images lisses et des performances viscérales, entre l'ancien et l'actuel, entre le minimalisme et le burlesque. La muséographie invite a déambuler au milieu de la collection, à perdre ses repères au milieu d’œuvres qui piquent inévitablement notre curiosité, brisant tous les tabous.
A faire ! Un tour dans les jardins. S'asseoir dans un fauteuil moelleux prés de la cheminée et lire la biographie de David Walsh. Regarder des projections sur le sol, dans les toilettes du rez de chaussée. Faire une partie de tennis. Pour poursuivre l'aventure et revenir doucement sur la terre ferme, on peut choisir de prendre le bateau démesuré et de mauvais goût du collectionneur. 30 min de croisière sur la Derwen river, au départ du musée jusqu'au port d'Hobart.
A lire ! Le musée imaginaire d'Andre Malraux
En France ! Jean Hubert Martin, commissaire d'exposition proche des conceptions muséographiques de David Walsh a proposè en 2015 une expo au Grand Palais, Paris : Carambolage.