DuckTales Remastered - la Bande à Picsou sur PS3/IOS/Androïd
Bonjour à tous,
Les jeux vidéo "rétro" sont à la mode et les grands titres qui ont fait la part belle aux consoles de salon se voient gratifier de ressorties en version remasterisé ou HD. Aujourd'hui le Tribunal va faire appel à votre côté nostalgeek en revenant sur DuckTales sorti en dématérialisé sur PS3, Xbox360, PC et Wii U et plus récemment sur Androïd IOS et Windows Phone.
Retoucher à un jeu mythique relève soit de l'hommage, soit du sacrilège. Qu'en est-il de ce titre ?
La bande à Picsou : Scrooge McDuck, plus connu en France sous le nom de Balthazar Picsou, est l’un des personnages principaux de Disney. N’ayant pas eu le privilège d’obtenir un long métrage à son nom, il a toutefois eu le droit à son adaptation en série télévisée avec la fameuse « Bande à Picsou » comportant une centaine d’épisodes que nous avons eu le plaisir de visionner en France sur le programme Disney channel qui étaient diffusés sur FR3 ou alors (pour notre cas) rediffusés dans le Disney club sur TF1 dans les années 90.
La bande à Picsou raconte les aventures de notre riche canard avare Sgrooge/Picsou (en hommage à Ebenezer Scrooge, le personnage principal de Charles Dickens dans « un chant de Noël ») à qui il arrive de très nombreuses péripéties à Canardville et sur le globe terrestre à la recherche d’innombrables trésors qui pourraient rejoindre sa collection. Pour se faire, il est assisté par ses neveux Riri, Fifi et Loulou, ainsi que de Zaza, Mamie Baba ou encore l’aviateur du dimanche Flagada Jones (en hommage à Indiana Jones et ayant pour dénomination « Launchpad McQuack » en version originale).
Fort de son succès sur le petit écran, la Bande à Picsou (DuckTales en VO) a enfin été adapté en long métrage avec le film d’animation « la Bande à Picsou – Le Trésor de la Lampe Perdue ».
Ce film rappellera de bons souvenirs à toutes les personnes ayant grandi dans les années 90. Ce succès grandissant a permis à la fameuse bande de trublions d’obtenir une adaptation en jeux vidéo sur la console NES.
Les origines : sorti initialement sur NES en 1989 par Capcom, DuckTales est un jeu de plates-formes mettant en scène les aventures de Picsou à travers différents voyages ayant pour seul objectif de rechercher des trésors. Ainsi l’Oncle Picsou devra s’engouffrer dans la forêt Amazonienne, visiter un château hanté en Transylvanie, parcourir le sommet de l’Himalaya, se frayer un chemin dans les mines en Afrique ou encore marcher sur la Lune.
La version remasterisée : Avec l’aval de Capcom, la compagnie WayForward a eu la lourde tâche de retoucher ce titre phare de la NES. Pour se faire, la société a refait intégralement les graphismes et rajouté de nouveaux éléments à la version de base que nous avons mentionnée précédemment. Concrètement, l’histoire est la même que sur NES mais c’est son habillage qui a été revue entièrement. Sorti en août 2013 sur PC, Xbox360, Wii U et PS3 puis sous Androïd et IOS quelques temps plus tard, la bande à Picsou revient pour le plus grand plaisir des joueurs pour non pas 5 mais 7 niveaux (ajout d’un préambule comme didacticiel ainsi que d’un niveau final).
Le château en Transylvanie version 1989 (à gauche) et 2013 (à droite)
Points positifs : WayForward réussi avec brio à dépoussiérer ce jeu et permet ainsi à un public plus jeune de découvrir ce titre. Pour les nostalgiques ayant joué à la version originale c'est toutefois très plaisant d'y rejouer et de voir que ce jeu a reçu un beau lifting graphique.
- Le premier point positif est tout simplement le plaisir de retrouver Picsou et ses amis parcourir la Terre en quête de trésors. Un jeu que nous pensions tombé dans les oubliettes qui nous revient en grande pompe avec du contenu additionnel est forcement une bonne nouvelle surtout lorsqu’on imagine le travail de toute une équipe en amont pour lui redonner ses lettres de noblesse. C’est avec un plaisir non dissimulé que l’on exécute pour la première fois depuis de très nombreuses années, le fameux « Pogo Jump » de Picsou, c’es-à-dire son attaque lui permettant de rebondir sur sa canne pour attaquer les ennemis sur la tête.
- Doublages : avant toute chose il faut savoir que le jeu est en version originale sous-titrée en français. Si vous avez en tête les voix de Picsou ou de Flagada Jones en français et bien il va falloir faire une croix dessus. Mais vous y gagnerez au change car les voix en VO sont très bonnes et WayForward a fait les choses en grand en réunissant le casting original pour ce jeu. C'est donc Alan Young âgé de 94 ans lors de la sortie du jeu en 2013, qui prête une nouvelle fois sa voix à Picsou. Cela force le respect de camper ce personnage depuis 40 ans et de revenir (après Kingdom Hearts II) pour donner vie à un jeu vidéo.
-Graphismes : Force est de constater que c’est LE point fort de ce jeu. Il y a eu une refonte complète des graphismes initiaux rendant le jeu très plaisant mais qui n'a rien à voir avec sa version 8-bit sortie il y a de nombreuses années. C'est un vrai travail d'orfèvre que WayForward a effectué pour dynamiser le jeu original. Les personnages évoluent dans des décors hauts en couleurs et très agréables à regarder sur tablette. Les personnages ont été réalisés à la main et le jeu mélange habillement la 2D et la 3D.
- Musiques : La musique de la bande à Picsou est l’une des plus connues et reconnues dans l’univers vidéoludique de la NES, il s’agit donc d’un monument de la musique dans le milieu. La tâche n’était donc pas aisée de reprendre ces thèmes de console 8-bit et de les adapter pour un public plus contemporain, mais le pari est réussi. Vous aurez le choix dans le menu principal d'opter pour les musiques remasterisées pendant votre expérience de jeu ou alors vous pourrez activez le mode 8-bit pour retrouver les sonorités d'antan. Cette faculté de switcher d'un mode d'écoute à l'autre est du pain béni pour les nostalgiques et amateurs de rétrogaming et nous replonge quelques années en arrière.
- Saluons au passage l'option permettant de passer au mode gaucher. C'est une bonne initiative et permet de penser à tous les joueurs. Faisant parti de cette minorité de joueurs (les gauchers représentant entre 8 et 15% de la population mondiale selon certaines études) nous n'utilisons cependant pas ce mode, étant conditionnés depuis notre enfance par des manettes "classiques" permettant à gauche de se déplacer avec des croix directionnelles et à droite de réaliser des actions avec les boutons principaux, du coup le mode gaucher ne semble pas "logique" et intuitif. Mais c'est toutefois un point positif à relever.
- 3 niveaux de difficultés : Le matériau brut n’a pas été retouché comme l’atteste les 3 niveaux de difficultés que l’on retrouvait déjà sur NES. Cela permet à tout à chacun d’aborder le jeu selon son niveau et sans prise de tête.
- Opacité des commandes afin de ne pas gêner et obstruer les sublimes décors. Une fois que vous aurez pris vos repères avec les commandes, vous pourrez - à votre guise - régler l'opacité de ces dernières via le menu d'option. L'image ci-dessous montre les commandes avec la jauge d'opacité au minimum et au maximum. Le fait de pouvoir supprimer complètement ces boutons permet d'apprécier pleinement les graphismes des quatre coins du monde (sans oublier la lune) que nos protagonistes vont visiter.
- La possibilité de plonger dans le coffre-fort, moment certes inutile mais très jouissif. Indéniablement en voyant Picsou vous allez penser à un personnage avare, bougon et prêt à tout pour récupérer un sous. Mais l'une des images mythiques de ce personnage haut en couleur c'est son fameux hobby consistant à plonger et nager dans son coffre-fort rempli de pièces d'or et de trésors en tout genre. Et bien vous pourrez vous essayer à ce passe-temps. C'est une action complètement futile mais c'est un beau clin d'œil au personnage. De plus, à mesure que vous progresserez dans l'aventure et que vous amasserez des trésors, ces derniers viendront gonfler la fortune de notre canard préféré et vous les retrouverez dans le coffre-fort.
Mais ce portage sur des consoles et supports récents souffre cependant de quelques défauts mineurs, à savoir :
- La durée de vie : Le jeu ne vous occupera que quelques heures pour terminer les différents niveaux. Ce point est à minorer cependant car les développeurs ont essayé de prolonger la durée de vie initiale en ajoutant du contenu supplémentaire. Pour illustrer nos propos nous parlerons du niveau se déroulant en Transylvanie. En 1989 il fallait avancer dans le château afin d’affronter directement Miss Tick. Désormais il faudra traverser le château afin de délivrer les trois neveux prisonniers de trois Rapetou déguisés en fantôme qu’il faudra combattre au fur et à mesure. Une fois ces trois adversaires terrassés, vous pourrez accéder au combat contre Miss Tick. La durée de vie est donc relativement courte et s’avère « rentable » en fonction du prix que vous allez débourser, point que nous allons évoquer dès à présent.
- Le prix : il s’agit à la fois d’un point positif et d’un point négatif. Initialement sorti sur console de salon entre 15 et 20 € et sur Smartphone/tablette pour 10€ le jeu semble onéreux pour quelques heures de plaisir. Mais, il faut reconnaitre qu’à de multiples occasions vous pourrez vous procurer le titre à prix très attractif (le Tribunal du Geek l’ayant acquis sur l’App Store en promo). Le tarif est donc un point relatif qui peut freiner plus d’un joueur pour le nombre d’heures proposé.
- Ce qui frappe en premier en prenant le jeu en main c'est la maniabilité sur smartphone ou tablette. En effet, les développeurs ont opté pour une croix directionnelle afin de déplacer le personnage principal, or une zone avec un "stick directionnel" aurait été beaucoup plus judicieuse. Le héros se déplace difficilement avec la croix directionnelle et vous pourrez peiner parfois à évoluer dans certains environnements ou à éviter les ennemies et obstacles qui jonchent les différents lieux que vous visiterez. Nous avons également testé la version sur PS3 lors de sa sortie et le jeu est beaucoup plus adapté à une manette ce qui rend une plus grande fluidité au jeu.
- La difficulté a été revue à la baisse : les jeux de plateforme sur d'anciennes consoles étaient pour la plupart du temps un vrai challenge et il fallait montrer une certaine dextérité pour arriver à bout d'un niveau voire du jeu en lui-même. Cette difficulté se retrouve de moins en moins dans les jeux modernes. A titre d'exemple les nouveaux jeux comme Uncharted, Tomb Raider ou encore Star Wars Battlefront dans lesquels les personnages que vous contrôlez se retrouvent blessés et pour lesquels il suffit de se mettre à couvert pour que le héros (à l'agonie) se requinque instantanément. Les jeux sont donc de plus en plus "simple" au sens large du terme et le jeu dont nous parlons aujourd'hui ne déroge pas à cette règle. Il est beaucoup plus simple à terminer que son ancêtre et ce malgré les 3 niveaux de difficultés. Pour pimenter votre expérience vous pourrez d’ores et déjà entamer le jeu en mode difficile. La nouvelle version est affublée d'une carte dans le menu pause ce qui facilite grandement votre recherche dans chaque stage afin de trouver les objets nécessaires à votre progression (de mémoire cette dernière n’était pas présente sur NES, nous passions alors de longs moments avant de déterminer à quel endroit il fallait se rendre sachant que chaque lieu était un vrai casse-tête et un labyrinthe). A cet égard, le niveau « moyen » de la nouvelle mouture se rapprocherait plus du niveau « facile » de la version de 89.
- Les dessins, les décors ainsi que les animations des personnages sont vraiment très jolis mais il est toutefois dommage de voir que les personnages n'ont aucune animation faciale et n'ouvrent jamais le bec alors qu'il y a de très nombreux dialogues tout au long du jeu.
- Des "bonus" à débloquer qui ne sont pas d'une grande utilité. Vous pourrez en effet dépenser l'argent accumulé tout au long des niveaux pour débloquer des galeries et croquis préparatoires. Cependant ces planches et images sont visibles sur un espace qui ne remplit pas l'écran et il n'est pas possible de zoomer pour apprécier le travail qui se cache derrière la réalisation de ce jeu. En outre, ces bonus ne cassent pas trois pattes à un canard (sic).
Jugement du Tribunal : surfant sur la vague du rétrogaming, ce jeu saura trouver son public. Il s'agit d'une très belle actualisation du jeu permettant pour quelques euros de redécouvrir un grand succès vidéoludique tout droit sorti des années 80/90 et pour les nostalgeek que nous sommes, de remettre la main sur une pépite qui nous aura occupé quelques temps durant notre prime jeunesse.
Malgré sa maniabilité parfois douteuse (sur smartphone et tablette uniquement), il reste un bon divertissement avec une belle patte graphique qui a été entièrement refaite pour lui conférer une seconde jeunesse. Quel plaisir de retrouver l'oncle Picsou et son fameux "pogo jump".