La nuit de l’attente
Dans la nuit de l’attente, qui s’étend sur mes jours, L’insomnie y enfante, la souffrance au séjour. Ces minutes, ces semaines, où l’unique pensée, Est la chute, et la peine, qui seront prononcées.
C’est peut-être la peur, qui effrite mon âme, Cette crainte qu’en ma fleur, mes pétales ne se fanent. Est-ce déjà le moment, de libérer mes graines, Si prématurément, pour que d’autres les reprennent.
Qu’ils attisent ce combat, de garder allumer, En chacun de nos pas, le flambeau des idées; Pour éclairer nos ombres, d’où s’élèvent ces grands rois, Tyrans de la pénombre, qui éteignent notre voix.
Oui, gardons le courage, même si quand on l’éclaire, Le tyran met en cage, il faut voir la lumière. Celle qui brille en chacun, à travers les barreaux, Pour qu’envers son prochain, on ne soit un bourreau.
Je m’efface en l’attente
Sensation si étrange, je me vois disparaître, Invisible comme l’ange, sans sa joie, sans mon être. Il n’y a plus la vie, on m’enlève mon combat, Le futur s’assombrit, oui je crève loin de moi.
Et l’on a pris mes armes, dois-je attendre jugement, Qui condamnera l’âme, à s’éteindre pour longtemps ? Restera-t-il des braises, en dessous de mes cendres, C’est au bord des falaises, que l’on ose se descendre.
Car ici c’est l’argent, qui est roi des justices, Je ne chante plus ce chant, qui attise les supplices; Sur ces autres qu’on ignore, comme chacun d’entre nous, Nous n’avons qu’un seul tort, celui d’être à genoux.
Consommant son prochain, se consume en nous même, L’espérance d’un destin, sans l’enclume des peines. Marteau de l’ignorance, vient enfoncer le clou, De nos fausses connaissances, qui nous rendent aussi fous.
Fous de croire que l’on est, plus important que lui, Lui qui marche à côté, que l’on croise dans la nuit. Nuit qui gagne nos cœurs, sur l’ardoise de nos vies, Où s’efface l’ardeur, d’y laisser notre écrit.
Boby













