Les 4 saisons du Club des Poètes parisiens
L’ÉTÉ :
Paris se transforme au fil des saisons. En se promenant dans le Quartier latin qui a perdu avec l’été son animation habituelle, la ville semble étonnamment paisible. Cette tranquillité permet de redécouvrir toute une série de bruits d’ordinaire inaudibles. La canicule change aussi l’aspect de la rue ; les passants sont accablés.
Cherchant un peu de fraîcheur, notre Club d’apprentis poètes s’est retrouvé la semaine passée pour un pique-nique poétique sur les berges.
LUTÈCE (LÉTHÉ)
Le fleuve de l’oubli emporte la cité avec ses caramels et ses baraques du jour de l’an ses départs en vacances et ses quatorze juillet ses cars de touristes son muguet de printemps les arroseuses municipales de l’été sa neige de l’hiver ses pluies d’ automne qui donnent une odeur électrique à sa poussière ses bistrots qui changent dénombre ses commerçants qui achètent ou vendent leurs boutiques les rues débaptisées les affiches arrachées ce fleuve de l’oubli dont on oublie même le nom mythologique Le Léthé oublié ne cesse de couler
Raymond Queneau
Ainsi a commencé notre bal des poèmes.
LE PRINTEMPS :
La vérité des saisons sort de la bouche du printemps !
Jacques Prévert
L’HIVER :
CARTE POSTALE
Paris en bras de cheminée Paris fume sur les toits Le ciel a l’air d’un nouveau-né Je compte Midi sur mes doigts Qui traduira mon poème Qui dira les Midi de Paris Aux touristes étrangers Qui leur dira comment on s’aime A Paris à Midi au lieu de déjeuner Douze coups du sabre de Notre-Dame Douze coups dans l’air de Paris Nos enfants de douze ans ont l’air de grandes dames Et nos dames sont si jolies Paris en bras de cheminée Paris fume sur les toits Le ciel a l’air d’un nouveau-né Je compte Paris sur mes doigts
Destinataire: A VOUS (spécialement) Qui que vous soyez Adresse: Où que vous soyez Pays: LE MONDE ENTIER
R.S.V.P. Jean-Pierre Rosnay,1926
L’AUTOMNE :
En flânant, Le nez au vent Parfois quatre mots suffisent.
Comme pour notre première rencontre l’année passée, En automne au square Trousseau nous reviendrons. Alors le Grand Bal des saisons Peut-être ne fait que commencer !
Pour ceux qui restent loin, Il suffit d’envoyer sa propre poésie Ou, tel Adriana, sa favorie.
http://pablo-neruda2-france.blogspot.ch/2009/02/adios-paris.html
Adiós a París - Pablo Neruda,1958
(Photos de Stéphane Hébert)
Si vous aimez, partagez ! Mais surtout si vous le désirez, N'hésitez pas, venez nous retrouver.
https://www.facebook.com/events/138062189667553/
À bientôt.
Laurence Franzini

















