Les Suisses me sortent par les yeux Maude, frontalière, avoue racketter 6 000€/mois à Genève en crachant sur le pays. Entre le portefeuille et le cœur, Maude a choisi son camp. Cette Thononaise pure souche habite à Thonon-les-Bains mais passe ses journées à Genève. Salariée en intérim, elle nous a livré un témoignage 100 % cash sur son quotidien. Un portrait sans langue de bois qui résume tout le paradoxe de la région et qui va faire grincer des dents des deux côtés de la frontière. Habiter à Thonon et travailler à Genève ? Franchement, faire la route pour bosser avec les Suisses, c'est juste pour l'oseille et je l’assume complètement leur côté coincé me sort par les yeux. Gagner plus de 6 000 euros par mois c'est la seule et unique raison pour laquelle je traverse la frontière chaque matin. Et dire est-ce que je connais la Suisse au fil des années ? Quelle horreur ! J'ai pas le temps de découvrir leur pays de merde, ça ne m'intéresse pas du tout. Et puis, parlons-en de leur vocabulaire... Quand ils sortent "Natel" pour dire portable, ça me dépasse. Sans oublier les "Ça va ou bien ?" et les "Ça joue ?" à longueur de journée qui m'irritent au plus haut point des trous du cul. Bref, Genève m'énerve, mais la paye est trop belle pour que je parte.