Love is all. | 13 novembre 2015
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Love is all. | 13 novembre 2015
Depuis samedi, j’ai l’impression d’être engluée dans une gueule de bois. Une gueule de bois qui dure bien plus longtemps que toutes les gueules de bois que j’ai eu à cause de grosses cuites.
Des grosses cuites à cause de nuits à refaire le monde avec mes potes aux terrasses des cafés, à fumer des clopes, à boire des verres de vins et des pintes de bière, et à se cailler le cul parce qu’été comme hiver on se met en terrasse.
Des grosses cuites en sortie de concerts, des concerts de rock, de métal, mais pas que. Mais cette gueule de bois, elle a un goût différent. J’ai mal au crâne, mais pas à cause de l’alcool. À cause de l’inquiétude, des rafales et des sirènes qui résonnent dans ma tête. Mais aussi parce que cette torpeur et cette gueule de bois, elle est partagée je crois. Tout le week end, on a été dans un état second. On a bu des coups, on a fumé des clopes, on a mangé du pain, du pâté et du fromage. On a regardé des vieux épisodes de Friends, de Malcolm, de Futurama et de Kaamelott, parce que c’est un peu ce qu’on sait faire de mieux avec mes copains.
On s’est inquiétés, pour nos potes au Bataclan vendredi, en terrasse du Petit Cambodge. On s’est rassurés, pour notre pote qui s’est sentie mal et qui est partie à 21h30 du Bataclan, en se disant que son ange gardien devait prendre toute la place dans le ciel de Paris. On s’est comptés, on s’est appelés, on s’est envoyés des messages. Et on s’est dit que si on avait décidés d’accepter les invitations de notre pote régisseur pour le concert d’EODM, bah on serait peut être un peu moins chanceux ce soir. On s’est rappelés de notre pote qui s’est foutus de nous, qui nous a traités de mauviettes et de lâcheurs quand on lui a dit qu’on viendrait pas. Et qui a réussi à s’en sortir en étant juste un peu secoué, sur le toit du Bataclan, puis dans cet appartement.
Et on s’est dit que tout ça ne changerait rien, qu’on continuerait à boire des coups en terrasse, à fumer nos clopes jusqu’à 5h du mat, en chantant des chansons nazes, à prendre le premier métro complètement pétés, à regretter d’avoir fait si fort la veille en s’endormant sur nos ordis en amphis. Qu’on continuerait d’aller en concert, au Bataclan et ailleurs, parce que notre mode de vie ne changera pas pour ces connards qui ont essayés de nous attaquer au plus profond de notre coeur.
C’est notre mode de vie qui a été attaqué, c’est notre jeunesse, c’est nos plaisirs. Et bah c’est raté les mecs, on vous emmerde. Vous n’êtes rien que des merdes. Et vous perdrez toujours face à nous.