nez+à+nez : Bill+Horni
il y a eu une grande joie à entrer dans la galerie wilde et se trouver nez+à+nez véritablement nez+à-nez, plongée dans les toiles de Linus Bill + Adrien Horni c’est d’abord une confrontation physique une sensation, puis celle de l’oeil et depuis l’oeil, il y a, à la surface de la cornée ce qui accroche, pigments qui accroche dans leur répartition ce sont des pixels, agrandis, qui irrite la cornée l’ajustement de la vision quand nez-à-nez et à cette distance c’est à cette distance que la toile n’est pas qu’impression, est aussi montage, collage à cette distance, toute proche, les toiles de Linus Bill + Adrien Horni deviennent des toiles, de la peinture, pas toutes, certaines le deviennent vraiment d’autres, plus paresseuses parce que plus séductrices, ratent ce passage de l’impression à la peinture, teintent un peu mélancolique le reste cette séduction graphiste qui rattrape pour vendre, me dis-je alors même que la composition de ces toiles, quand il s’agit de peinture, est à saluer c’est formes découpées et assemblées proto carrés-cadrant (gemalde p.34, gemälde p.93), formes rect-angulaires (ny p.2 br, gemälde p.125, ny p.2 bl), formes découpées, arrondies, depuis matisse à adnan, motifs, empreintes, photos, figuration rare (mais ici un sourire : gemälde p.161) et trait le trait est celui, souvent, du doigt au contact du pad il y a ce qui n’est pas lissé, pas vectorisé, celui qui râpe comme parfois les contours mais ce trait là, trait ou contour, qui porte la trace de son origine technologique parfois auto-fascine, devient propos (gemälde p.149), illustratif cependant me plaît dans l’histoire qu’il propose la représentation des possibles dans la peinture de ce que les logiciels permettent aujourd’hui qui, orginellement mimaient ce que la peinture, le dessin pouvaient c’est une boucle simple c’est une boucle technologique permise par les avancées technologiques actuelles depuis la faille technologique, ou l’attention à une beauté de l’imperfection qui me touche aussi comme madeleine comme, même génération, je vois ce qui était regardé parce que je regardais au même âge la même chose : paint promettant peinture, promesse tenue quand est dépassée la seule matérialité de l’impression par, sur la toile, le travail de recomposition peut-être nécessaire parce que l’impression faille parfois parce que le réel faille autant que le logiciel il faut encore dire les couleurs de ces peintures la palette qui n’en est pas une, qui à l’écran n’est pas limitée mais la couleur de l’écran n’est pas la couleur du réel, dans le réel RGB vs. CYMB et le réel soutient le rêve de l’écran, ou le dépasse ? dans le catalogue, comme toute exposition de Linus Bill + Adrien Horni l’exposition commence par le catalogue darling mais le catalogue est le catalogue des toiles - par des images matrices le catalogue, étroit et haut, bleu cyan, papier glacé, est en noir et blanc les reproductions des toiles sont en noir et blanc c’est une esthétiqueque je connais et qui m’échappe mais le contraste entre ce catalogue - qui n’en est pas un et les toiles, fonctionne comme deux objets qui tendent entre les mains des spectateurs et leur nez contre la toile et la distance que demande à nouveau la toile pour pouvoir être embrassée et dehors, reproduction pauvre, et chic, chic des années passées 90′s peut-être, quand paint était folie, folles capacités d’avec un ordinateur peindre je me demande ce que du corps ces peintures viennent dire du corps qui conçoit face à un écran pour ensuite tendre celui sur lequel va se projeter depuis les abstractions proposées les quelques figurations le regard de qui regarde quelle expérience traversante des corps ? et ainsi, resélectionnant depuis le catalogue, scannant, montant mon choix quel geste ? dans la retramure ? dans dire : scanner est un geste ce geste fait image,retramure : peinture ? dire aussi que c’est pour moi me rendre compte comme si je ne le savais pas que l’abstraction de Linus Bill + Adrien Horni fonctionne pour moi dans sa projection anthropomorphique son rapport à l’homme, sa représentation encore une fois, peut-être : son geste la qualité de son geste - et peut-être ici, ce que je vois fais directement écho à ces préoccupations qui surgisssent comme l’exposition préhistoire à pompidou le montre : l’homme, sans technologie électrique, collapsologie en ligne de mire, colonne vertébrale et peut-être est-ce là la limite, l’homme en tant qu’homme encore pensé comme universel n’ayant pas vu avant le travail de Linus Bill + Adrien Horni le voyant en ligne j’ai l’impression que la boucle reverse photographie des peintures, ne tient pas - ce qui confirmerait l’intuition de la peinture il y a aussi à noter, par rapport au réel de ce que j’ai vu une sélection, cet accrochage alors que, scroller les différents temps du travail de Linus Bill + Adrien Horni me rend leur travail plus formel, plus formaliste, plus historicisant peut-être juste dans la recherche de sa propre forme













