1. PHAÉTON GLANEUR, ÉTALON TROTTEUR.
2. GLANEUR PHAÉTON, ÉTALON TROTTEUR.
Le Sport Universel Illustré, 1er Mars 1896


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1. PHAÉTON GLANEUR, ÉTALON TROTTEUR.
2. GLANEUR PHAÉTON, ÉTALON TROTTEUR.
Le Sport Universel Illustré, 1er Mars 1896
PETIT LEXIQUE
BRICOLER Réparer, fabriquer, arranger quelque chose avec des moyens limités.
(Québec) Couper et coller des matériaux, pour donner un travail artistique.
BRICOLE Étymologie : (1360) brigole puis bricole (« catapulte lancée grâce à un balancement du fléau »), de l’italien briccola (« catapulte »), à la fin du Moyen Âge, mettre en la bricole signifie « tromper » et à la Renaissance, alors que la catapulte devient obsolète comme engin de combat, le mot prend le sens de « moyen détourné, habile », de là, le verbe bricoler.
DÉCHET «Produit, résultat d’une déchéance, une chute qui fait tomber de, depuis, à partir de. Le déchet est déchu, il a eu sa chute. C’est donc un terme descriptif, c’est ce qui tombe par terre lors d’une découpe par exemple. Le terme ne définit en aucun cas la nature, il est simplement le résidu d’un processus ou d’une opération, inutile à ce processus ou à cette opération.
La CHUTE c’est ce qui tombe à terre lors d’une découpe, c’est la description d’un mouvement. On découpe une forme voulue dans une matière et la chute est la forme en négatif, le reste. Par leur nature, le déchet et la chute ont la même dignité que la pièce qui a été gardée» (délaissé, rebut, ordure, détritus, reliquat).
DÉCONSTRUIRE (Travaux publics) Démolir un édifice comme il fut construit. Faire de la rétroingénierie pour comprendre le fonctionnement d’un produit ou d’un mécanisme. REMARQUE : pour le moment, pas de définition très élaborée, pas de référence au réemploi possible (et surtout facilité) des matériaux issus d’une déconstruction (contrairement à ceux venant d’une démolition par exemple, où les engins utilisés détruisent une grande partie des ressources potentielles).
DÉMANTELER (Militaire) Dégarnir des murailles, des fortifications. (Par extension) Démonter, désassembler avec précaution en vue d’une récupération partielle, d’une mise en condition de sécurité en vue d’une démolition. (Par extension)(Figuré) Réduire une construction de l’esprit, une organisation en pièces.
DÉMOLIR Abattre un bâtiment, une construction.
DÉTRUIRE Démolir, ruiner, en parlant d’un édifice, d’une construction. Faire disparaître en brisant, en cassant ou en pliant ; faire qu’une chose ne soit plus, l’anéantir. (Figuré) Défaire complètement ce qui a été élaboré.
ECODESIGN - Traduit de l’anglais par ÉCOCONCEPTION (peu satisfaisant), utilisé maintenant en français sous la forme ÉCODESIGN. L’écodesign est une approche qui prend en compte les impacts environnementaux dans la conception et le développement du produit et intègre les aspects environnementaux tout au long de son cycle de vie (de la matière première, à la fin de vie en passant par la fabrication, la logistique, la distribution et l’usage).
ÉCOLOGIE Étymologiquement : la science de la maison, de l’habitat. Science des relations des êtres vivants au milieu dans lequel ils vivent ; elle étudie les écosystèmes.
ÉCONOMIE Ensemble des activités d’une collectivité humaine relatives à la production, à la distribution et à la consommation des richesses.
ENTRETIEN Maintenance ; ensemble des soins et dépenses qu’exigent le maintien de certaines choses en bon état. L’entretien permet la transformation.
MAINTENANCE (étymologiquement tenir en main) Conservation de quelque chose dans un bon état.
RÉAPPROPRIER Rendre propre de nouveau, reprendre possession de quelque chose. réappropriation : agir sur l’usage plutôt que sur la matière, en gardant la mémoire.
RECONVERTIR Adapter à de nouvelles conditions, transformer une chose en une autre.
RÉCUPÉRER 1. Rétablir un usage pour un objet hors service, redonner une nouvelle fraîcheur pour une chose vieillie. 2. Collecter. La récupération se décline en 3 actes selon Jean-Marc Huygen : la réutilisation, le réemploi et le recyclage.
RECYCLER Remettre la matière d’un objet dans un nouveau cycle, pour le même ou un nouvel usage. recyclage : nouvelle forme pour une matière pour un nouvel usage, donc pas de conservation de la mémoire de l’objet. Remarque : mot passe-partout, toujours juste puisqu’il s’agit juste d’un nouveau cycle. Tout entre dans un nouveau cycle, même les éléments sortant d’une centrale nucléaire.
RÉEMPLOYER Dans la construction, mise en œuvre d’éléments, de matériaux provenant d’une construction antérieure en utilisant l’objet ou une partie de l’objet pour un autre usage que celui pour lequel il a été utilisé la première fois. réemploi : conservation de forme et matière, donc d’histoire.
REFAIRE Faire à nouveau, remettre en bon état, réparer, raccommoder, rajuster une chose ruinée ou abîmée. réfection : remise à neuf, avec réparation et entretien, pas d’attention portée à l’usage.
RÉHABILITER Rendre apte à nouveau, remettre en état. réhabilitation : remise en état ne comprenant pas le changement d’usage. Il n’est pas question de mémoire dans le terme.
RÉNOVER Améliorer en donnant une forme nouvelle, régénérer. rénovation : amélioration des formes et de techniques pour une utilisation actuelle, donc intérêt pour la matière, pas de notion d’usage.
RÉPARER Remettre en état ce qui a été endommagé, rétablir dans l’état précédent. réparation : garde la matière et sa mémoire et la complète pour en rétablir l’usage.
RESTAURER (Vient de guérir) Rétablir, remettre en état. Il y a une ambiguïté dans le terme (et un débat qui dure depuis toujours) : qu’est-ce que le «bon état» ? L’état d’origine ? ou celui correspondant à l’époque ? restauration : question de forme, pas de notion d’usage.
TRANSFORMER Changer d’une forme à une autre. transformation : de la matière et de la forme, par besoin d’usage plutôt que par entretien, donc sans souci de mémoire a priori.
VERNACULAIRE Qui est engendré dans la maison, donc absolument territorialisé et faiblement lié à l’espace marchand. C’est ce qui s’invente et se transmet localement, s’apprend et se réalise par la coopération, l’entraide : c’est un bricolage du réel forgeant le style d’une culture. Il se transforme, expérimente, innove mais toujours anonymement : il n’offre pas de place aux auteurs.
TURN AFTER DRYING - avant propos
Lorsqu’il est un format papier, cet objet mémoire émane des poubelles de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Saint-Étienne.
L’observation attentive de ces recoins me laissent toujours dans un état paradoxal. D’un côté, satisfaite de pouvoir trouver ce dont j’ai besoin dans les déchets des autres, heureuse de pouvoir offrir une utilité à quelques morceaux de papier et de carton. D’un autre côté, je suis à chaque fois désespérée de la quantité - et de la qualité - de ce qui est jeté. Triste aussi, de nous savoir si peu nombreux à chercher si les matériaux ou objets dont nous avons besoin sont disponibles avant de les acheter, neufs. Il me paraît dès lors impossible que nous, (futurs) architectes, pensions aux matériaux de construction et à leur économie si nous n’y pensons pas pour nos matières et outils de travail quotidiens.
Au cours de la licence à l’école d’architecture, une «méthode pour faire du projet» m’a été enseignée. Arrivée en deuxième cycle, j’ai eu le sentiment d’avoir appris une recette. Elle semblait, certes, fonctionner, se moduler et s’adapter à chaque contexte de projet, mais cela restait une recette à appliquer. Un processus dont le systématisme pourrait se résumer comme suit : À une commande, composée d’un site et d’un programme, nous répondons par une esquisse, des intentions, des mots et des références, puis ensuite des plans de plus en plus précis, progressant à travers les échelles ; un travail qui cesse bien souvent avant d’arriver au dessin de détails, par manque de temps. Voici la phase de conception. La phase de construction qui lui succède, l’école n’en parle pas ou peu.
Ce résumé schématique exprime bien la difficulté que j’éprouve à partager cette conception du «projet d’architecture», que je perçois comme un modèle à l’école et dans la production d’agences d’architecture.
L’école ne nous amène pas à penser les matériaux comme un maillon dans une chaîne, à penser production et donc moyens de production. Les mots matière, matériaux et matérialité, poétique, image et imaginaire sont souvent évoqués sans qu’ils ne soient réellement connectés au monde physique, aux savoir-faire, aux enjeux de pouvoirs dans lesquels ils sont pris, aux systèmes dans lesquels ils s’inscrivent. Nous parlons peu aussi de construction et d’assemblage dès que ce ne sont plus ceux des mots, et encore plus rarement d’économie, d’écologie, d’éthique. Et jamais de réemploi de matériaux. Nous vivons pourtant dans un monde où l’actualité de ces questions n’est plus à démontrée. Il paraît inconcevable aujourd’hui de ne pas avoir conscience de tous ces rouages mis en branle par les lignes que nous dessinons sur une feuille. Et pourtant, dans la plupart des agences d’architecture en pratique aujourd’hui, la méthode présentée n’est pas différente. Au contraire, les étapes du modèle sont plutôt défendues et communiquées parfois avec poésie par les architectes aux noms connus du grand public.
«On commence par faire un croquis, puis on fait un plan, puis on fait une maquette, puis on en vient à la réalité - on va sur le site» Renzo Piano - cité par Juhani Pallasmaa, La main qui pense.
Et c’est à l’exacte encontre de cette idée-là que je souhaite aller. Après l’avoir pratiqué, j’ai donc cherché à m’écarter absolument de ce modèle, connu, autant en atelier de théorie et pratique du projet architectural et urbain (TPPAU) qu’en exercice de mémoire. Ce dernier travail s’intéresse donc au processus de l’architecte quand il travaille avec des matériaux de seconde main, et à l’impact de ce travail sur les outils convoqués.
En questionnant le processus et les outils de l’architecte, il me semblait légitime de questionner aussi les processus et outils que j’utilisais moi-même pour ce travail. S’est présentée à moi l’opportunité de capter dans un format vidéo des éléments qui pourraient servir mon propos. Utilisée au départ comme outil d’exploration, la vidéo est devenue support logique participant de la recherche. Ce film est un collage, un assemblage de sons et d’images ; il est une mise en abîme, construit avec la même méthode que celle dont il parle. Il est un collage d’expériences et de réflexions, de matières théoriques et pratiques que l’on rapproche, que l’on relie pour proposer une nouvelle image, un point de vue autre. Le film, c’est aussi la possibilité du mouvement, du geste, de l’action, en image et en son. Il n’empêche pas l’écriture, il l’accompagne et la complète. Les phrases peuvent ainsi être écrites et lues, dites et écoutées. Cette recherche s’intéresse au processus de l’architecte quand il travaille à construire une seconde vie aux matériaux. Le réemploi modifie le processus, la manière de penser l’architecture, pourquoi ne modifierait-il pas aussi la manière de parler d’architecture ? Le mémoire est une tentative de réponse : un film composé de sons et d’images, certains captés et récoltés pour ce support et ce propos, et d’autres glanés, récupérés après avoir été fabriqués par d’autres, pour d’autres.
Ce travail est le dernier exercice que je fais à l’école - dernier exercice avant d’être diplômée d’architecture. Il suit de près un Projet de Fin d’Étude et lui est intimement relié, les deux exercices se sont nourris l’un de l’autre. Ces deux-là se ressemblent sur plusieurs points : ils sont des work in progress, des étapes d’une réflexion sur des questions plus vastes toujours d’actualité. J’ai pleinement conscience qu’il m’est possible de critiquer l’enseignement reçu à l’école car c’est cet enseignement qui m’a appris à questionner, à critiquer, à déborder. Cette liberté est précieuse. Le mémoire a été une manière de faire un point sur mes cinq années d’études, mais il est aussi - et surtout - un moment pour m’interroger sur une définition de l’architecture que je ferais mienne.
Par quelles questions suis-je mue ? De quoi ai-je envie de parler ? Depuis où, et avec quels outils ?
«Commencer par faire en supposant le problème résolu, pour ensuite le résoudre : commençons par la fin et le reste viendra à nous.»
Vladimir Jankélévitch
MÉMOIRE VIDÉO SOUS LA DIRECTION DE MARIE CLÉMENT — ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE D’ARCHITECTURE DE SAINT-ÉTIENNE — MASTER 2 | JANVIER 2018.
L’humanité a toujours réemployé, depuis les briques et pierres de constructions obsolètes jusqu’aux bâtiments entiers. La récupération de matériaux n’est pas d’aujourd’hui, mais la conscience de la nécessité de réemployer est, elle, nouvelle. En préexistant à l’architecte et à un programme de projet, les matériaux jouent alors un rôle premier dans la construction physique et mentale d’une architecture. La limite entre conception et construction n’étant alors plus distincte, l’élaboration de l’acte d’architecture par l’architecte en est nécessairement affectée.
Comment les matériaux de seconde main transforment-ils le processus de l’architecte par leur présence dans l’acte architectural ? De quelles façons les outils de l’architecte peuvent-ils alors être convoqués par cette manipulation seconde des matériaux ? [LIEN]
Le développement présent de ce processus autre de l’architecte proposant une seconde vie à des matériaux s’appuie sur un trépied d’expériences : la rencontre de membres et du travail de l’agence belge Rotor, la préparation d’un Projet de Fin d’Étude né du glanage de matériaux disponibles et construit en matériaux locaux réemployés, et un workshop aux Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau où des étudiants de cinquième année en architecture ont travaillé trois jours autour de ce qu’ils avaient récupéré dans le stockage et dans les bennes à leur arrivée sur les lieux.
Ont apporté leur pierre (réemployée) à la construction de ce mémoire : Leon Battista Alberti, Arnaud Démolition, Kader Attia, Oscar Barnay, Koen Berghmans, Manon Besson, Lionel Billiet, Bertrand Blier, Bon Entendeur, Tristan Boniver, Vincent Bonnevialle, Patrick Bouchain, Georges Brassens, Richard Buckminster Fuller, Cabadzi, Judith Calquin, Italo Calvino, François Chaslin, Jonas Chauvet, Hugo Chevassus, Marie Clément, Patrick Condouret, Yuranni Correa, Matthew B. Crawford, Manon Desbled, Mickaël Desseille, Lionel Devlieger, Valérie Didelon, Aoitef Drine, Écosia, Encore Heureux, Léo Ferré, Fig., France Culture, Laura Foulquier, Carla Frick-Cloupet, Anne- Laure Gardin, Michaël Ghyoot, Maarten Gielen, Les Grands Ateliers de L’Isle d’Abeau, Camille Grisoni, Ulysse Hammache, Friedensreich Hundertwasser, Jean-Marc Huygen, Tim Ingold, l’Institut national de l’audiovisuelle, Nicolas Jaar, Jacques, Vladimir Jankélévitch, Alain Jacquot-Boileau, Charles Jencks, Marlène Jobert, Arthur Kaïdi, Maxime Labrosse, Tom Leblais, Le Corbusier, Anne Lefebvre, André Maisonnier, Ezio Manzini, Jean-Pierre Marielle, Célia Marquet--Jouve, Ibrahim Maalouf, Sébastien Marot, Laurine Martin, Albin Maury, Vincent Michel, Edgar Morin, Albert Mozer, OrelSan, Juhani Pallasmaa, Maria Anita Palumbo, Victor Papanek, Danièle Pauly, Patrice Pays, Raoul Peck, Pethrol, Eloïse Perrillon, Jean-François Pirson, Claude Ponti, Jacques Prévert, Radio Èin, Bernardo Robles Hidalgo, Paul Roth, Rotor, RotorDC, Jospeh Rykwert, Erik Satie, Mathilde Segonds, Gottfried Semper, Richard Sennett, Cosmo Sheldrake, Nathan Silver, Gilbert Simondon, Élise Terral, Louis Terral, Chloé Thomas, Thylacine, Céline Tripoz, Étienne Tripoz, Agnès Varda, Giulia Caterina Verga, Marie Vernay, Bruno Vincent, Patrick Viveret, Nadia Xerri, Xavier Wrona, Youtube, Roberto Zancan, Jianwei Zhang, le 123.
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