THE MOUNTAIN BETWEEN US (2017) Et cette montagne est bien l’intimité d’Idris Elba, dressée entre lui et Kate Winslet: plus sincèrement, c’est une métaphore du dilemme que THE MOUNTAIN BETWEEN US tente de... mettre en avant. Bon, on va pas chipoter, le film tient en deux points de vue, le light-survival et la love story impossible. Fort heureusement, la mise en scène du long métrage n’oublie pas de nous abreuver de séquences fortes, à l’image de celle du crash en pleine montagne, saisissant de réalisme grâce à un jeu de caméra très immersif. La journaliste en passe de se marier et le chirurgien triste, réunis par un choix commun de transport aérien, se retrouvent livrés à eux-mêmes au cœur de ce royaume naturel enneigé: THE MOUNTAIN BETWEEN US traite de la distance, du choix, mais plus précisément du vécu, celui qui change la vie à jamais. Ces deux héros malgré eux vont devoir apprendre à se connaître, leur mince chance de survie accélérant inexorablement les échanges: on est dans le beau et intense réalisme, bien qu’une légère exagération du traitement des personnages soit à déplorer. En effet, THE MOUNTAIN BETWEEN US appuie sans vrai talent les caractéristiques d’Alex -la journaliste- et Ben -le docteur-, elle étant comme formatée à fouiller la vie des autres, et lui à garder son passé en mémoire, rapport certain avec son métier: neurochirurgien. Un peu poussif sur cet aspect, le voyage dépaysant du film lui permet de garder sa valeur de survival “aventureux”, gardant la main ferme sur la confrontation homme/nature: démunis face à elle, Mère Terre est loi absolue. On apprécie THE MOUNTAIN BETWEEN US par sa manière d’introduire une sacrée aventure, il faut le dire, sans grand spectacle inutile, préférant opter pour de judicieux chois d’angles de vue ou de plans-séquences valorisant l’ensemble. Et on se surprend à voir l’acting d’une Kate Winslet désormais très très pro, loin d’un vieux TITANIC (1997): faisant de l’ombre à Elba, qui lui arrive à convaincre après un THE DARK TOWER (2017) 100% daubesque -en même temps, c’était pas si difficile-. Un peu cliché mais pas trop, assez pour en être satisfait, THE MOUNTAIN BETWEEN US prolonge son regard au-delà de cette survie relative à l’épopée: que se passe-t-il ensuite, pour ces gens ayant vécu un tel sort? Doit-on assumer tout ce qu’il s’est passé? Qui devenons-nous lorsqu’on se retrouve perdu pendant des semaines avec un(e) inconnu(e), sans moyen de contacter la civilisation, et aucune ressource? La chance et la confiance en l’autre, malgré la difficulté à braver les éléments et la faune locale. Méritant de ne pas se limiter à une timeline spécifique -du post-crash à l’hypothétique sauvetage-, THE MOUNTAIN BETWEEN US cisèle son après-climax, livrant une belle fin émouvante, son montage coupant au moment le plus intense: un effet adéquat pour achever le long-métrage, décidément émotif. Afin de garder toute clarté, cette review ne se penche pas sur la qualité d’adaptation, THE MOUNTAIN BETWEEN US étant tiré du roman éponyme de Charles Martin: si nous ajoutons à cela un development hell avec désistements d’acteurs et réécritures de scénario, estimons-nous chanceux que ce long-métrage soit digeste. Pour se dépayser et faire battre le cœur. Bien. MOUNTAINS /20










