Carl Barât by A. & L. Binot
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Carl Barât by A. & L. Binot
Kevin Morby by A. and L. Binot
James Osterberg (Iggy Pop) by A. & L. Binot
Panda Bear
Panda Bear 5 mars 2015, Botanique
Panda Bear? Il y a effectivement quelque chose de l’ours dans la manière qu’a Noah Lennox de se tenir éloigné du bord de la scène. Trois mètres plus ou moins, un océan en ce qui concerne les concerts d’habitude si intimes de la salle de l’Orangerie.
Derrière le front d’un des fondateurs d’Animal Collective, que se passe-t-il ? Des explosions colorées et hypnotiques aurait-on tendance à croire, au vu des artworks de ce groupe déjà culte, mais encore? Des mots sombres et sibyllins comme on en entend tout au long du dernier album ? Le mystère s’installe dès son apparition sur la scène du Botanique, méprisant tout cérémonial, installant lui-même son maigre matériel, ne relevant même pas la tête aux petits « waous » enthousiastes du public. Voix inoubliable d’un groupe tellement important qui a créé une des musique les plus épique des noughties, il porte les cheveux plus courts, l’air si concentré, qu’on le croirait ombrageux, si ce n’était le côté enfantin de sa moue.
Timidité ? Distance ? Son doux visage ne laisse rien transparaître. Les lumières s’éteignent et à l’heure dite sa musique prend la salle.
Au tout début, ce qui frappe, ce sont ces flashs d’une brutalité rare. Deux lampes blanches s’allument et s’éteignent à intervalles réguliers, aveuglant tous qui regardent dans la direction de la scène, tout le monde donc. Entre son visage déformé par les images projetées derrière lui et l’éclairage stroboscopique, les photographes professionnels et amateurs renoncent. L’épaisse nappe sonore prend l’espace alors que les morceaux se chevauchent, Mr Noah ne laissant que peu de place aux applaudissements.
Et pourtant lorsque les premières notes de Tropic of Cancer résonnent, rarement un moment de grâce est aussi palpable. Toujours dans la pénombre, Noah Lennox répète sans cesse ces quelques mots : « you can’t come back to it ». Des mots de regret universel, écrits pour son père décédé. Les visages se tendent vers le sien, les yeux se ferment, les gens hochent de la tête, les corps bougent d’un même rythme. C’est absolument prodigieux d’émotion. Cette voix, limpide, étonnante, si haute, si pure, survolant ce son puissant et étrange. Debout derrière son petit pupitre, les traits morcelés par les images se projetant sur la toile derrière lui, Noah Lennox semble toucher à l’essence même de la nostalgie. You can’t come back to it. Le reste du concert ressemble à un rêve, et c’est seulement lorsqu’il quitte la scène avec un sac à dos, adolescent éternel, que l’on émerge d’un songe trop court. Can’t come back to it.
texte par Ariane Binot
Dear followers,
We wanted to share with you this text about our work a friend helped us translate :
The Haunted Faces
The photo series ‘The Haunted Faces’ takes us back to old portraits of bluesmen, musicians with a powerful yet strange charisma who, according to the legend, sold their souls to the devil for the prize of their talent. ‘The Haunted Faces’ portrays musicians in a light they are seldom seen; instead of the conventional perspective of a guitar hero in front of adoring fans, ‘The Haunted Faces’ conveys the musician’s personal story – with echoes of loneliness and the subject’s loss of a point of reference – that gives the audience a glimpse of the inherent drama of a musician lost in their own music, their own words.
Although the models of this series are icons of today's independent scene, these portraits are inspired by the iconic images of bluesman Leadbelly produced at the beginning of last century. The photographers strive to go beyond the glorified, superficial image of stardom usually associated with musicians, and instead show their subjects in a raw light, revealing hardships, charisma and talent without comparison.
Timelessly captured in moments of vulnerability, without reliance on physical landmarks, these haunted faces and bodies shine in the dark, alternately haloed by a surreal light, softened by the thick grain of the image, or sometimes seemingly sculpted in the stone due to dramatic light/dark contrasts. The intimacy of this work will make you question the conditions in which these photographs have been taken. Far from looking to be on a stage barricaded by journalists and security men, these figureheads of today's independent music scene surrender themselves without restraint, haunted by their music.
Sam France (Foxygen) by A. & L. Binot
Angel Olsen by A. and L. Binot