Hedy Lamarr est une actrice, productrice de cinéma et inventrice autrichienne naturalisée américaine, née Hedwig Eva Maria Kiesler 1914 - 2000
De tous les personnages scandaleux incarnés par l’époustouflante Hedy Lamarr, qui ont fait sa légende de star hollywoodienne de première grandeur, il en manque un, le plus fantasque, à la fois vrai et invraisemblable : le sien, dans le roman de sa vie. Belle à se damner, mais d’une beauté hiératique et froide qui suggérait des abîmes secrets de volupté, elle a dessiné aux yeux de ses admirateurs l’image de la femme fatale.
A l’instar d’Ava Gardner, sa rivale en beauté et en folies amoureuses, ou d’Ingrid Bergman, dont elle refusa le rôle pourtant mythique dans « Casablanca » aux côtés de Humphrey Bogart – elle trouvait le scénario trop marqué par la propagande –, elle envoûtait un public qui pressentait que derrière son image de papier glacé et son élégance souveraine, un rien méprisante, se dissimulaient, tapis comme de venimeux serpents, les secrets d’une âme complexe aux appétits torrides.
Pourtant, Hollywood, dans les années 1940, n’était pas en manque d’actrices glamoureuses, croqueuses d’hommes et de diamants, qui rivalisaient dans les excentricités galantes, donnant de coupables mais délicieux frissons à l’Amérique puritaine.
A la panoplie habituelle des grandes actrices, qui comporte un succès éclatant et le malheur à la boutonnière, d’innombrables conquêtes amoureuses et autant de désillusions, le haut de l’affiche et la chute sociale, le pain amer des grandes réussites, elle ajoute des ingrédients bien à elle. Un talent extraordinaire d’inventeur (elle est à l’origine de la découverte du Wi-Fi sécurisé) et un talent d’expression, une lucidité décapante qui donnent à son autobiographie un charme envoûtant (« Ecstasy and Me », éd. Séguier). Dès la première phrase, sans pruderie excessive, elle annonce la couleur : « Dans ma vie, comme dans la vie de la plupart des femmes, le sexe a joué un rôle prépondérant. »
Hedy est déjà ce qu’elle sera toujours : une femme qui place au plus haut sa liberté.
Source : Paris Match












