HUNTER KILLER (2018)
Si Gerard Butler est capable du meilleur -300 (2004)- comme du pire -GEOSTORM (2017)-, on se réjouit de HUNTER KILLER, long-métrage de guerre/action/”sous-marin”, un genre dont les rares exceptions -le grand THE HUNT FOR RED OCTOBER (1990), ou encore le “dépanneur” U-571 (2000)- commencent à dater. Par chance, HUNTER KILLER renouvelle le style, sans nous assommer avec d’obligatoires séquences-gimmicks ni se pro-américaniser: de plus, le montage nous offre une double histoire, avec au premier plan le commandant Glass et son USS Arkansas, ainsi qu’une équipe d’élite -les célèbres Ghosts- en mission d’extraction. L’approche géopolitique inattendue de HUNTER KILLER permet ENFIN aux personnages russes de ne pas être la cible d’une habitude du genre: le film revient plusieurs fois sur la collaboration intercontinentale, sur le champ de bataille navale ou dans les hautes sphères du gouvernement. Impressionnant, anxiogène et spectaculaire tout en restant réaliste, HUNTER KILLER nous accroche comme jamais, avec ses moments de tension extrême, aux côtés d’un équipage soudé plongé en plein chaos, ou mieux, avec ce trio de soldats chargés de sauver le président russe d’un coup d’Etat: on écarte donc la possibilité d’un très idiot GEOSTORM, le long-métrage permettant à Gerard Butler de regagner du galon. Immersif, on rentre en apnée, synchrone avec ces hommes qui retiennent leur souffle lorsqu’un vaisseau ennemi passe l’USS Arkansas au scan sonore; ou pire, on se recroqueville dans son fauteuil pour échapper aux balles! Si le pitch d’empêcher une troisième guerre mondiale peut faire sourire, le scénario de HUNTER KILLER, brillamment filmé -cette mission d’extraction chapitrée est excellente-, ne s’enferme pas dans les codes du blockbuster patriote aveugle: à tel point que le film a été interdit en Ukraine -de par sa soi-disant “glorification de la Russie”-, et purement annulé... en Russie. Un coup de bâton injuste, alors que le réalisateur Donovan Marsh rafraîchit les thématiques du genre en plus de jouer au justicier casseur de stéréotypes: nous, ce qu’on voit, c’est une poignée de main très attendue qui force le respect, ainsi qu’un très bon film, soigné dans son réalisme, et faisant preuve d’un tact et d’une sobriété qui font écho aux incroyables scènes de guerre moderne. HUNTER KILLER dispose également d’un mastering sonore écrasant et d’une image sublime, qui transcendent le potentiel aspect “lisse” de son cachet visuel: même Michael Nyqvist -le très charismatique capitaine Sergueï Andropov- y met du sien, au point de nous émouvoir de cette association entre deux hommes, témoin-symbole d’une thématique imprévue au cœur de ce qu’on pensait être simplement un énième film de guerre sans âme. Excellent revamp du Submarine-Movie, HUNTER-KILLER est actuellement LA référence ultime du genre: et c’est sûrement parce qu’on y a mis de l’intelligence. A voir!
SUBMARINE MOVIE /20