Est-ce que ça vous arrive de repenser aux attentats ?
Moi, oui. Pas tous les jours. Pas toutes les semaines. Mais souvent. Parce que je tombe sur une chanson que j'ai beaucoup écouté à ces moments là, parce que je regarde mes photos de l'époque, parce qu'un journal en parle, parce que mille raisons. Et si je suis seule chez moi, je vais me refaire toute l'histoire dans ma tête, tous les détails dont je me souviens. Je peux pas m'en empêcher. C'est comme un engrenage.
Et puis les sirènes.
Si j'ai le malheur de me concentrer sur un bruit de sirène, je vais inévitablement repenser au 9 janvier 2015. Maintenant ça va mieux mais les premiers jours suivants, je m'immobilisais quasiment quand j'en entendais une. J'en ai trop entendu pendant cette attaque, puisque j'ai dû rester 4 heures confinée dans mon lycée qui se trouvait dans la même rue que l'Hyper Casher. Alors maintenant - et probablement à jamais - les sirènes sont pour moi liées à cet après-midi. Un comble quand on sait que je suis née dans un quartier comprenant quatre hôpitaux.
Penser aux attentats c'est un trou noir qui est capable de m'aspirer pendant plusieurs heures si je ne m'arrête pas. Capable de me faire pleurer encore et encore. Et je ne suis même pas une victime. Je n'ai perdu personne.
Comment font les survivants ?















