Ca fait toujours plaisir de parler d’un nouveau groupe de Metz. Si je suis souvent le premier à évoquer la qualité de notre microcosme, j’ai parfois tendance à en regretter son manque de renouvellement. Bon, c’est vrai, dernièrement il y a DAS WHIZZ, BRUTE MINOU, GOUFFRE, CONFUSION, SLIP PANTHËRE ou bien encore LOULOU DE BARRIERE qui ont débarqué pour me botter le cul. Et puis il y a INSTASE, quatuor de pop électronique qui traîne plutôt ses guêtres du côté du Troubadour que de la Face Cachée. Mené par Giovanni (cinéaste, ex-CYPRINE) et accompagné par Axel (alias GINGER McCURLY), Allan et Maxime, le projet mêle adroitement une sensibilité synthétique 80′s qui rappellera fortement les sous-estimés JUNIOR BOYS (du chant aux mélodies en passant par les arrangements) à des élans jazz/prog rock tout sauf ronflants (la basse, les structures). Si Until représente une longue mise en bouche pas forcément passionnante, on entre dans le vif du sujet avec The Line, sa dynamique uptempo limite punk rock et son final totalement sunshine reggae. Comma creuse une veine instrumentale progressive et spatiale bardée de sons cosmiques, mettant en relief un chant toujours plus précieux et habité. Torus reprend cette recette à son compte et la pousse dans des retranchements modernistes que n’aurait pas renié RADIOHEAD. Quant à Streams, il clôt cet EP sur une belle note aérienne et mélancolique.
Aux côtés de P V L S A R, avec qui il partage cette même envie de donner sa propre vision de la pop électronique, INSTASE souffle une brise de fraîcheur sur la scène musicale austrasienne. Reste peut-être à régler quelques petits soucis pas forcément capitaux mais suffisamment problématiques (la production trop lofi et bancale, réduisant un peu l’impact général; un léger manque de conviction dans le jeu ou savoir aller plus à l’essentiel) pour l’imposer comme un futur incontournable.