topics: “Il était une seconde fois” & personal questions
L’acteur retrouve le réalisateur Guillaume Nicloux pour Il était Une seconde fois, une minisérie diffusée sur Arte.
Madame Figaro. - Le principal trait de votre caractère ?
Gaspard Ulliel. - J’essaie d’être à la bonne distance des choses. C’est un processus de défense très élaboré, qui me permet d’avoir rapidement du recul sur des situations et qui m’évite de tomber dans certains travers.
Celui dont vous êtes le moins fier ?
Il m’arrive d’avoir des regrets, car le fait d’être quelqu’un de tempéré m’empêche d’accomplir des actions qui nécessitent un peu plus de feu.
Celui que vous détestez chez les autres ?
L’hypocrisie.
Votre truc antistress ?
La méditation. C’est assez nouveau pour moi, mais cela se révèle vraiment salutaire.
Ce qui vous a donné envie de jouer dans Il était une seconde fois ?
Je retrouvais dans ce thriller amoureux, sur fond de voyage dans le temps, tous les thèmes chers à Guillaume Nicloux : l’enfermement, le deuil, le lointain… Et j’ai aimé la schizophrénie de mon personnage, due à sa double vie.
Votre geste écolo ?
J’essaie de prendre moins souvent l’avion, mais seules les mesures prises par les gouvernements feront vraiment la différence.
Votre devise ?
«Tout vient à point à qui sait attendre.» Enfant, j’étais extrêmement lent, et cette maxime m’a rassuré.
Sur une île déserte, qu’emporteriez-vous ?
Des livres que je n’ai pas eu le courage d’attaquer, comme la trilogie de Samuel Beckett, mais aussi mon piano. J’ai toujours rêvé d’être un grand musicien, et comme je n’ai pas ce talent, j’aurais tout le loisir de m’exercer sur cette île.
Les basiques de votre dressing ?
Je suis très attaché à une veste et à un pantalon que je porte depuis des années. Ils m’évoquent beaucoup de souvenirs.
Le casting d’un dîner idéal chez vous ?
Une grande chef comme Anne-Sophie Pic, le critique de vins Robert Parker, l’immense pianiste Martha Argerich, mais aussi Oscar Wilde et Monica Vitti.
Une musique dans votre vie ?
Le Tourbillon, de Jeanne Moreau, que me chantait ma mère pour m’endormir.
Le livre qui vous accompagne ?
Le Livre de l’intranquillité, de Fernando Pessoa. Le texte est absolument sublime, et il s’articule comme un journal intime, ce qui permet de savourer chaque chapitre indépendamment les uns des autres.
Une rencontre qui vous a marqué ?
Celle avec mon fils de 3 ans et demi. Je le découvre un peu plus chaque jour, et cette idée de rencontre perpétuelle me plaît.
Un héros d’enfance ?
Mon père. Avec le temps, je m’aperçois à quel point on se construit par rapport à ses parents.
Interview: "J'ai été saisi par le génie de Virginie Efira"
interviewer: Journal des Femmes
language: French
publication date: 17 May 2019
topics: "Sibyl”
Dans "Sibyl" de Justine Triet, en salles le 24 mai et en compétition à Cannes, Gaspard Ulliel donne la réplique à un formidable trio de comédiennes : Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos et Sandra Huller. Rencontre avec un acteur brillant.
Impeccable sous les traits d'un comédien écartelé entre l'actrice qu'il a mise enceinte (Adèle Exarchopoulos) et sa petite amie réalisatrice (Sandra Huller), Gaspard Ulliel trouve un rôle de grande qualité dans Sibyl de Justine Triet. Il devient ainsi le réceptacle, lors d'un tournage où il affronte les deux femmes de sa vie, auxquelles se greffe une psychothérapeute borderline (Virginie Efira), de toutes les névroses des héroïnes. Lesquelles ricochent de manière jouissive -pour les spectateurs- sur les siennes. A l'occasion du Festival de Cannes, où le film concourt en compétition, nous avons posé quelques questions psychanalytiques à l'intéressé.
Journal des Femmes : Qu'est-ce qui vous a immédiatement plu dans Sibyl ?
Gaspard Ulliel : J'avais déjà été séduit par les deux premières réalisations de Justine Triet. Le passage entre son premier et son deuxième long-métrage a été très bien négocié, ce qui n'est pas forcément facile. Dans La bataille de Solférino, il y avait ce côté foisonnant, ce pétillement, cette énergie folle et cette sincérité propres à elle. Dans Victoria, c'était plus maîtrisé, canalisé et ordonné, sans pour autant sacrifier le pep's et la densité. Je trouve qu'elle passe un cap avec Sibyl. Ce qui m'a séduit à lecture du scénario et que j'ai constaté en voyant le film, c'est qu'elle réussit à atteindre un véritable espace mental et à tutoyer une complexité et une richesse supérieures, avec notamment ce jeu de mise en abîme vertigineux. On pense forcément à Woody Allen, à Blake Edwards, à des œuvres comme Le Mépris, avec une interrogation au rapport au cinéma, à la vie, à l'amour…
Justine Triet excelle dans le portrait de femmes…
Gaspard Ulliel : (il coupe) Tout à fait et c'est ce qui rend son cinéma aussi fort, important et moderne. Dans Sibyl, les femmes sont au centre de l'intrigue et les hommes, d'ordinaire moteurs des intrigues, sont à leur service. Je trouve ça super de remettre les choses à leur place. Les rôles masculins agissent en filigrane et, même s'ils ne sont pas sur le devant de la scène, ils revêtent une fonction importante. Ils sont soit objet soit sujet de la construction du personnage campé par Virginie Efira. Ce que j'aimais spécifiquement dans mon rôle, c'est qu'on ne ne sait jamais s'il est dans une manipulation ou s'il est lui même victime de ces femmes. Est-il maître de tout ça ? Ou subit-il ? Au final, on ignore ce qui l'anime, ce qui motive ses gestes…
Le tournage devait être remuant, non ?
Gaspard Ulliel : Disons que j'ai vécu ça comme une forme de joyeux bordel, de chaos enlevé, ce qui n'était pas désagréable ou contraignant. Il y avait une force qui emmenait toute l'équipe vers une énergie fédératrice et stimulante. Sur le plateau, c'était très vif et entraînant. Nous étions maintenus en alerte, aux aguets. J'aimais le fait que ça parte dans des directions contradictoires. C'est la marque d'une cinéaste qui expérimente en permanence. Il y a chez elle un plaisir à opérer, une inclinaison à cette frénésie qui est de l'ordre de la recherche, comme si elle oeuvrait au coeur d'un laboratoire vivant.
Les plateaux de cinéma sont-ils aussi névrotiques que celui qu'on découvre dans le film ?
Gaspard Ulliel : Pour le coup, on n'en était pas loin là (rires). Les enjeux n'étaient certes pas aussi fatals mais, de manière superficielle, il y avait parfois quelque chose de cet ordre… Une énergie fertile, je dirais. Ce que Justine Triet questionne, c'est cette mise en abime entre la réalité, le plateau et l'idée que, même si on n'a rien à voir avec le milieu du cinéma, on est tous rattachés à nos propres fictions et narrations.
Jouer un rôle, est-ce parfois une forme d'auto-psychanalyse ?
Gaspard Ulliel : Oui… J'ai l'impression qu'avec chaque nouveau personnage, on se met à nu pour sonder plus profondément en nous. Notre outil premier, c'est notre vécu, nos traumatismes, nos névroses et nos frustration. On malaxe cette matière tout au long d'une carrière. Il existe ainsi un rapport psychanalytique presque inconscient avec tout ce qu'on a en nous.
Vous êtes en centre d'un incroyable trio de comédiennes : Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos et Sandra Huller. Comment avez-vous vécu cette collaboration ?
Gaspard Ulliel : C'était assez génial, je dois dire. Humainement, elles sont très agréables, faciles… Au quotidien, c'était d'une paix et d'une simplicité incroyables. J'ai été saisi par tout le génie de Virginie Efira, qui excelle. Elle a vraiment trouvé son identité d'actrice et fait ça comme personne. J'aime son mélange de burlesque, d'empêchement physique et psychologique… Justine et Virginie se sont bien trouvées. La seconde embrasse parfaitement cette forme de tragi-comédie propre à ce que veut la première. Bien qu'on soit dans quelque chose qui semble léger et drôle, ça regorge toujours de tensions.
Justine a un regard parfois cruel sur ses personnages…
Gaspard Ulliel : Oui… Il y a ce plaisir un peu vicieux et sadique à les croquer. L'expression formelle de cette idée, c'est sûrement la scène où je prends des baffes d'Adèle. Justine m'avait promis de ne pas trop en faire. Au bout de la quatrième prise, je pensais que les gifles allaient s'arrêter. On en a fait 20 (rires).
Interview: "L'image systématique de beau gosse m'ennuie parfois"
interviewer: L’Express
language: French
publication date: 24 September 2010
topics: “La princesse de Montpensier”, “Bleu de Chanel”, favorite characters, his parents, fashion, photography, cinema, future projects
L'acteur sera le 10 novembre à l'affiche de La Princesse de Montpensier, de Bertrand Tavernier. En attendant, il livre son attachement pour le cinéma, la mode et la photographie.
La première fois qu'on a repéré Gaspard Ulliel au cinéma, c'était en adolescent écorché dans le film de Michel Blanc, Embrassez qui vous voudrez. Cet automne, le comédien de bientôt 26 ans déchaîne la passion de Mélanie Thierry dans La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier, l'une des sorties les plus attendues. Un drame des sentiments au coeur d'une France déchirée par les guerres de religions, qui lui a valu de fouler pour la seconde fois, en compétition officielle, les marches du festival de Cannes, sept ans après Les Egarés, d'André Téchiné. César du meilleur espoir masculin en 2004 pour son personnage de Manech dans Un long dimanche de fiançailles, de Jean-Pierre Jeunet, il a depuis jonglé d'un registre à l'autre, aussi à l'aise en paysan révolté dans Jacquou le Croquant qu'en Hannibal Lecter.
Adolescent, comment avez-vous débuté dans le cinéma?
Une amie de ma mère ouvrait une agence et elle cherchait des jeunes comédiens. J'y suis allé par hasard. J'ai décroché des petits rôles dans des téléfilms dont le tournage me prenait une semaine ou dix jours pendant les vacances scolaires, car mes parents ne voulaient pas que je manque l'école. J'ai aimé l'ambiance sur les plateaux, cet esprit de famille et d'aventure autour d'une même finalité. Le premier déclic a été le téléfilm Julien l'apprenti, en 2000, lorsque j'ai vraiment saisi ce qu'était le travail d'interprétation. Après mon bac ES, j'ai suivi une fac de cinéma à Saint-Denis, en pensant plutôt m'orienter vers la réalisation. Je l'ai interrompue avec la sortie des Egarés, d'André Téchiné, j'ai alors décidé de me consacrer au métier d'acteur. Si j'avais eu à choisir une autre voie, mon goût pour le dessin m'aurait sans doute orienté vers l'architecture et l'urbanisme, qui façonnent le regard des gens et participent à créer le futur.
Dans La Princesse de Montpensier, vous interprétez le duc de Guise. Qu'est-ce qui caractérise le personnage?
A la première lecture, je l'ai trouvé limpide : sa complexité m'est apparue au fur et à mesure. Il est direct, franc et droit, mais ce qui le définit le mieux, c'est la rage qu'il emploie à se rapprocher du trône. Les Guise sont nés avec la place marquée et une autorité naturelle. Je le compare à un lion dans la jungle, qui s'affranchit du pouvoir et des lois. Il existe beaucoup par ses mouvements et sa présence physique, d'où son importance dans le cadre : on voit souvent un bout d'épaule, sa nuque, ses cheveux. Sa relation avec Marie de Montpensier est forcément inscrite dans sa quête du pouvoir, mais la passion existe d'une façon fougueuse en lui.
Justement, si l'intrigue se déroule en 1562, l'approche des sentiments est étonnamment moderne.
La modernité vient déjà de la pléiade de jeunes acteurs qu'a réunie Bertrand Tavernier. Dans les films d'époque, on a souvent tendance à mettre des personnages assez mûrs pour interpréter des gens qui accédaient à des responsabilités très jeunes. En réalité, les protagonistes de cette histoire avaient à peine 20 ans. La nouvelle de Madame de Lafayette peut sembler datée et assez froide dans l'écriture pour un lecteur contemporain, mais Bertrand et Jean Cosmos ont fait un très beau travail de dialoguistes. Les textes sont crédibles par rapport à la période, tout en étant suffisamment fluides pour éviter de surjouer. Moi qui ai eu souvent des rôles peu bavards, j'ai pris plaisir à jouer avec ces mots. Même les scènes de combats, préparées avec un régleur de cascades qui a l'habitude des films d'action, s'éloignent de la tradition des films de cape et d'épée et donnent l'impression d'une chorégraphie.
Dans un tout autre registre, on vous retrouve cette rentrée dans le film publicitaire du parfum Bleu de Chanel, réalisé par Martin Scorsese. Comment avez-vous vécu cette expérience?
J'ai travaillé avec lui pendant cinq jours à New York. Il a pris part au projet à 100 %, en envoyant des références visuelles et un synopsis très détaillé : des photos des Stones jeunes ou de Bob Dylan, des images de nuit extraites de ses films avec un grain un peu bleuté... La marque des grands, c'est cette précision. Il tourne peu de prises, il parle très vite, avec 40 000 idées à la seconde... C'est un vrai chef d'orchestre, que tout le monde suit à la note près. Il y avait une énergie incroyable sur le plateau, c'était très vivant.
Comment s'est passé votre premier entretien?
Je suis arrivé plusieurs jours avant le tournage et son emploi du temps était tellement chargé qu'il a fallu décaler le rendez-vous trois ou quatre fois. Je l'ai rencontré dans son bureau, un soir, et c'était extraordinaire de voir tous ses films entassés sur les étagères ! Il m'a même montré Shutter Island en avant-première dans sa salle de projection. Il y a une vraie douceur dans son regard et sa façon de s'exprimer.
Quel est votre film favori de Scorsese?
Taxi Driver reste un souvenir fort. C'est le premier film de lui que j'ai vu, en cassette VHS, dans un hôtel à New York, lors de l'un des premiers voyages que je faisais seul. Récemment, j'ai découvert After Hours, un de ses seuls longs-métrages de commande mais qui correspond à son cinéma avec toute la paranoïa du personnage principal.
Et votre personnage préféré?
Les interprétations de Robert de Niro m'a évidemment bluffé, mais aussi celles de Leonardo DiCaprio, qui a apporté quelque chose de nouveau dans le cinéma de Scorsese. J'avais un peu de mal avec son image de minet du début, à l'époque de La Plage et du Titanic. Il a su évoluer par la rigueur de ses choix et un jeu subtil.
On vous a vous aussi catalogué dans la catégorie des belles gueules du cinéma...
L'image systématique de jeune premier et de beau gosse m'ennuie parfois, mais j'ai le sentiment de m'en émanciper par le choix de rôles non stéréotypés et d'une certaine profondeur. Je suis conscient que cette impression est accentuée par ma relation avec le monde de la mode.
Vos parents travaillent d'ailleurs dans ce secteur?
Mon père est designer dans le sportswear, ma mère est styliste free-lance sur des défilés ou des émissions de télé. Ils m'ont apporté une créativité et une curiosité artistiques. Enfant, je dessinais et je peignais avec mon père. L'ouverture d'esprit de mes parents fait qu'ils n'ont jamais été effrayés par mon envie de m'orienter vers le cinéma.
Quel est votre rapport au vêtement?
Je peux être ému par une belle silhouette, mais je ne suis pas les tendances de façon assidue. Quand j'ai commencé, mon physique fluet et androgyne était en phase avec la mode d'Hedi Slimane pour Dior. Il m'a habillé dès ma première nomination aux Césars. Avec le temps, mon corps et mon image ont changé et j'ai aujourd'hui envie d'une certaine décontraction. Je suis assez ami avec le créateur new-yorkais Adam Kimmel. Pour les costumes, j'aime beaucoup ce que fait Lanvin. Dans un film, le vêtement aide à exprimer bien des choses, sur l'époque et les caractères. Pour La Princesse de Montpensier, on a joué sur les codes couleurs. Mon personnage était vêtu dans les noirs et gris, le prince de Montpensier [Grégoire Leprince-Ringuet] dans les verts et le duc d'Anjou [Raphaël Personnaz] dans les rouges. Même la couleur des chevaux était étudiée...
En plus des réalisateurs, beaucoup de photographes vous sollicitent. C'est une discipline qui vous intéresse?
La photo me touche beaucoup. J'ai commencé à en faire vers 14-15 ans, avec un vieux Reflex de mon père, entraîné par mon meilleur ami. C'est un hobby que j'ai pratiqué longtemps. Je faisais beaucoup de portraits des personnes qui venaient chez moi et sur les tournages. Ça agaçait presque Jean-Pierre Jeunet que j'en prenne autant sur Un long dimanche de fiançailles, mais c'était incroyable de se retrouver à jouer dans des tranchées. Quand j'apportais mes clichés à développer le week-end, ils hallucinaient de voir des scènes de guerre avec des poilus et des cadavres... Le numérique m'a un peu freiné, j'aimais les tirages et les odeurs de labo. J'en fais moins aujourd'hui, mais je prends un certain plaisir sur les séances de mode, parce que je comprends mieux la lumière, les cadrages et l'intention d'un photographe. Je suis un inconditionnel de Robert Frank et j'aime aussi Saul Leiter, ses visions presque abstraites avec des choses du quotidien dans le livre Early Color, ou Immediate Family de Sally Mann et les photos parfois dérangeantes de ses enfants.
Aujourd'hui, quel type de cinéma vous tente?
Ça me plaît de surprendre. En France, le cinéma fonctionne un peu par famille et c'est assez difficile de passer de l'une à l'autre. J'ai toujours eu l'envie de voyager entre les univers et de m'orienter vers des rôles dans lesquels on ne m'attend pas. Cela demande aux metteurs en scène de prendre des risques. Je me mets, par exemple, à m'intéresser à la comédie, qui est le genre que j'avais le plus de mal à aborder, même en tant que spectateur.
Vos projets?
J'ai besoin d'une respiration entre chaque film, pour vivre tout simplement, et me nourrir de ce vécu. J'essaie de voyager dans des pays différents. Mon métier m'offre aussi cette chance : la durée des séjours permet de s'attacher aux gens et à la culture, comme pour Un barrage contre le Pacifique de Rithy Panh, où je suis resté trois mois au Cambodge. Après un petit rôle dans Fais-moi plaisir, d'Emmanuel Mouret, je vais tourner un deuxième long-métrage avec Eric Forestier, avec qui j'avais fait La Troisième Partie du monde. Le film s'appellera Je tuerais la princesse.
Interview: Gaspard Ulliel se met à nu dans “Il était une seconde fois” sur Arte
interviewer: Ouest France
language: French
publication date: 29 August 2019
topic: “Il était une seconde fois”
Gaspard Ulliel est le héros d’Il était une seconde fois, mini-série en 4 x 52 min de Guillaume Nicloux qu’Arte diffuse sur une soirée, ce jeudi 29 août à 20 h 55. Rencontre avec le comédien.
Arte propose Il était une seconde fois, mini-série en 4 x 52 minutes de Guillaume Nicloux. Dans ce conte mêlant réalisme et fantastique un jeune homme (Gaspard Ulliel – Saint Laurent, Hannibal Lecter) tente de reconquérir son amour perdu (Freya Mayor – Skin) en remontant le temps… Gaspard Ulliel revient sur son rôle dans la série. Entretien.
Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?
J’avais l’envie de poursuivre l’aventure entamée avec Guillaume Nicloux sur le film Les Confins du monde (2018), qui m’était apparue extrêmement stimulante, rafraîchissante. Il a une méthode très libre. Comme si on réécrivait le film à chaque séquence. Rien n’est anticipé. L’idée est de se laisser submerger, d’essayer de saisir quelque chose d’inédit, de l’ordre de l’instant. Et ça faisait longtemps que j’avais envie d’approfondir un rôle sur plusieurs épisodes. Enfin, j’ai retrouvé ce qui me plaît chez Guillaume dans son écriture, ses thèmes obsessionnels : l’ailleurs – géographique ou intérieur –, le deuil, le dédoublement…
Comment cette liberté influe-t-elle votre travail d’acteur ?
C’est un peu déroutant au départ, mais, à partir du moment où on s’y abandonne, c’est une expérience assez inouïe. Cela autorise à se redécouvrir, se réinventer, on se laisse surprendre à chaque nouvelle prise. Il n’y a pas vraiment de contrainte, même en termes techniques. La mise en scène peut être construite autour de l’interprétation.
Est-il alors possible de se préparer ?
Guillaume s’y refuse totalement. Mais ça ne m’a pas empêché de travailler en amont. C’est inconcevable pour moi d’arriver sur un plateau sans avoir préparé, réfléchi. Un bouquin, une rencontre peut inspirer. C’est plus un état d’esprit, le fait d’être ouvert, aux aguets. Je n’ai pas une méthode. La collision entre ce qu’on a pu préparer, se raconter, fantasmer et le tournage fait naître quelque chose de supérieur.
Comment jouer le coup de foudre ?
Savoir qu’il finira par s’arrêter et nous échapper est ce qui rend l’amour si intense. J’aime dans l’idée de l’amour le fait de s’affranchir de toute prudence, de se mettre à nu et qu’il y ait en permanence ce danger. Raconter une histoire d’amour à travers ce dispositif de retour dans le passé permet de montrer qu’il peut s’agir d’une réalité alternative, un monde à lui seul avec sa propre temporalité, ses propres états.
On vous voit peu sur le petit écran…
Les propositions ne m’intéressaient pas. Et mon plaisir est plus lié à la mini-série, même en tant que spectateur. L’aspect chronophage m’effraie, je ne suis pas prêt à signer pour plusieurs années !
Interview: “C’est la première fois que l’on m’offrait un rôle de père”
Here’s a recent interview with Gaspard for Télé Loisirs: click.
language: French
publication date: 29 August 2019
topics: “Il était une seconde fois” & TV shows
I’ve also attached the text to archive it:
Après Sibyl au cinéma, Gaspard Ulliel débarque sur Arte jeudi 29 août à 20h55 dans Il était une seconde fois, première série du réalisateur Guillaume Nicloux. Cette mini-série de quatre épisodes explore le voyage dans le temps à travers le personnage de Vincent lorsque ce dernier découvre un cube qui lui permet de retourner dans le passé à la recherche d’un amour perdu.
Télé Loisirs : Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?
Gaspard Ulliel : Cela faisait longtemps que j’avais envie de me prêter à l’exercice de la série et de pouvoir interpréter un personnage sur plusieurs épisodes. Et pour être sincère, j’avais aussi envie de pousser l’aventure un peu plus loin avec Guillaume Nicloux rencontré sur le tournage des Confins du monde.
Qui est Vincent, votre personnage ?
C’est un trentenaire un peu perdu qui lutte contre le destin pour essayer d’écrire sa propre histoire. Il mène une forme de quête quotidienne, aussi bien intérieure, temporelle que spirituelle pour essayer de retrouver un amour perdu. C’est un personnage qui essaie de lutter contre le destin. Son histoire soulève beaucoup de questions.
Pourquoi ce personnage complexe vous a-t-il séduit ?
J’y voyais un lien évident avec le personnage que j’avais interprété dans Les Confins du Monde. Dans cette série, le personnage est enfermé dans l’amour d’une certaine façon. Est-ce qu’il n’est pas prisonnier d’une histoire passée qu’il essaie de se raconter différemment ? Ce que j’aime chez Guillaume Nicloux c’est qu’il y a tant de façons de lire ses films, de les interpréter, les aborder…
Comment s’est déroulé le tournage avec Freya Mavor, votre partenaire à l’écran ?
Très bien ! Il faut savoir que Guillaume Nicloux ne fait pas passer d’essais, il rencontre les personnes et se base sur une énergie, un feeling… D’emblée il y a eu une grande évidence avec Freya. Ce que je trouve vraiment singulier chez elle et qui collait avec son personnage c’est qu’elle arrive à avoir cette gravité lumineuse, heureuse. Elle peut être extrêmement pétillante et en même temps toujours teintée d’une sorte de tristesse un peu sourde.
Vous interprétez un jeune père, votre expérience personnelle vous a-t-elle servi ?
Oui, d’ailleurs c’est marrant car c’est la première fois je crois que l’on m’offrait un rôle de père. C’est vrai que par moments je me demande ce que ça aurait été d’incarner un père avant de l’avoir été en 2016. Quand on devient parent on ne peut réellement pas imaginer ce que c’est avant de le vivre et c’est un vrai plus pour mon rôle.
Si vous le pouviez, aimeriez-vous revivre une histoire passée ?
Je pense que la tentation est très grande pour qui que ce soit. Après, j’essaie de m’efforcer de ne pas trop regarder derrière. Ce que raconte cette série, c’est que l’on ne peut pas renier le passé ou réellement le changer, ça nous rattrapera inévitablement.
Seriez-vous prêt à tourner dans une autre série ?
Oui absolument ! Surtout qu’aujourd’hui cela va devenir inévitable. C’est un endroit où il y a une forme d’émulation créatrice très intense et je trouve ça très excitant. Honnêtement, j’ai mis du temps à y venir car j’étais un peu effrayé par l’aspect chronophage !
Quelles séries suivez-vous ?
Dernièrement j’ai dévoré Chernobyl. Je l’ai trouvée remarquable, très puissante. Après il y en a une pour moi qui est incontournable, c’est Breaking Bad. Là on parle vraiment d’un des rôles les plus emblématiques et jouissifs à interpréter. Il n’y a pas très longtemps on m’a approché pour une série où on me demandait un engagement sur quasiment 6 années et je ne me sentais pas encore prêt à franchir ce cap.
Gaspard Ulliel: "Je crois en l'amitié entre garçon et fille"
Le comédien joue l'un des sketches de L'Art d'aimer, d'Emmanuel Mouret. L'occasion idéale pour lui poser cinq questions choisies par lui au hasard dans une grille de 49.
Plutôt tatouage ou plutôt piercing?
Tatouage. Et ça me travaille de plus en plus. Par contre, me planter un truc dans le corps...
Peut-on retomber amoureux d'une ex?
Je pense que oui, mais il faut un certain temps, beaucoup de temps même. Cela ne m'est jamais arrivé mais pourquoi pas?
Davantage d'amis garçons ou d'amies filles?
Je dirai que j'ai davantage de garçons dans mon entourage. J'ai mis longtemps à croire à l'amitié sans ambiguité entre garçon et fille mais maintenant j'y crois.
Que voyez-vous de votre fenêtre?
D'autres fenêtres. Et à l'une, je vois une femme qui passe ses journées à jouer au solitaire sur son ordinateur. Le soir, cela fait un point lumineux vert. Cela m'intrigue... A Paris, il y a des vues sublimes, mais j'aime aussi avoir une opacité avec la ville, vivre les stores baissés.
Finissez cette phrase: il n'y a plus d'après...
Plus d'après sur le mur... Il y a la couche d'après.... Je suis en plein travaux. J'ai dessiné les plans de mon appartement, ma première vocation était de devenir architecte.
Et la question complémentaire: Voux venez d'achever le tournage de Tu honoreras ta mère, de Brigitte Joüan. Alors, quelle impression cela vous a fait de tourner en maillot de bain?
Ca n'a rien à voir avec jouer à poil!. Le côté marrant de l'histoire, c'est de voir inscrit sur la feuille de service: "aujourd'hui, amenez vos maillots." C'est une comédie sociale autour d'une mère (Nicole Garcia) et de ses quatre fils. Passer deux mois sur une île grecque, c'est moins studieux qu'un tournage bergmanien.
Un mot sur l'Art d'aimer?
Oui. Emmanuel Mouret a réalisé un film à sketches et dans celui que je joue, j'interprète William le fiancé de Vanessa (Elodie Navarre). C'est un couple libre qui ne s'est jamais trompé. Elle a envie d'essayer ailleurs, il lui donne son accord mais n'en supporte pas l'idée. C'est une vaste réflexion sur la fidélité: "Les infidélités doivent-elles restées ignorées?"
Gaspard Ulliel, nouvel ambassadeur du parfum Bleu de Chanel, s’est laissé guider dans les rues de New York par Martin Scorsese pour la réalisation d'une publicité, diffusée actuellement sur les écrans. Entretien.
France-Amérique: Vous êtes le nouvel ambassadeur de la marque Chanel, dont le film publicitaire réalisé par Martin Scorsese est diffusé en ce moment. Comment s’est faite la rencontre entre Chanel, Scorsese et vous ?
Gaspard Ulliel : La maison Chanel m’a contacté pour un parfum. J’avais refusé ce type de proposition jusque-là. J’ai accepté sous réserve de connaître le réalisateur du film publicitaire. Quand j’ai su que Martin Scorsese serait derrière la caméra, évidemment, je n’ai pas hésité une seconde. Le tournage a duré cinq jours, à New York. Cinq jours, où j’ai pu observer les manies du maître. Il écrit tout : storyboard, notes d’intention, mouvements de caméra, découpages, tout est carré ! Il s’isole après les prises, puis revient sur le plateau et dirige calmement. Je n’avais pas l’impression de tourner une publicité. D’abord parce que le film, même si son format est très court, est narratif. Ensuite parce que l’équipe technique était digne d’un long métrage. Le chef opérateur, Stuart Dryburgh, qui a conceptualisé l’image de La leçon de Piano, a fait un excellent travail. Visuellement, c’est magnifique. Le film a une vraie énergie, avec les Stones en bande-son.
F. A.: Et hors plateau, comment est Martin Scorsese ?
G.U. : Il est très drôle. Nous avons partagé un verre dans son bureau, j’avais l’impression d’être avec un ami, c’était très « casual ». Il a un visage si sympathique
F. A.: Le monde de la mode vous fascine-t-il ?
G.U. : Mes parents sont stylistes, je baigne dans ce milieu depuis l’enfance. Et Paris est une ville inspirante en matière de mode. Je suis sensible aux belles choses, mais je n’en fais pas une obsession. Longchamps m’a proposé une campagne de pub avec Kate Moss, dans un esprit Nouvelle Vague, je me suis laissé tenter. J’ai trouvé le shooting Longchamps au Flore très amusant, tout comme le shooting avec Paolo Roversi en mars 2010, pour le New York Times . Ce phénomène revient : la mode se rapproche du cinéma. Audrey Tautou et Marion Cotillard sont d’autres exemples qui soulignent cette tendance.
F. A.: Vous étiez à Cannes en mai pour le film de Bertrand Tavernier La princesse de Montpensier. Quels sentiments vous a inspiré la montée des marches, sept ans après Les Égarés de Téchiné ?
G.U. :J’étais très ému de me retrouver sur ce tapis, tout comme Bertrand, qui n’avait pas eu de films en compétition à Cannes depuis longtemps. Son émotion, manifeste, s’est [distillée] au sein de l’équipe. La princesse de Montpensier est exactement ce dont j’avais besoin dans ma carrière en ce moment. Le film sera diffusé à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, grâce à l’achat des droits par IFC.
F. A.: Vous alternez les films grand public et le cinéma d’auteur. Avez-vous peur d’être catalogué ?
G.U. : Oui, j’ai voulu toucher à tout, ne pas m’enfermer dans un style de cinéma. J’ai fait des films pointus qui donnent du galon et des films moins élitistes. Avec le recul, je me dis que j’ai peut-être fait une erreur. Dans la profession, on ne sait plus trop où me placer. Les puristes du cinéma d’auteurs ne tolèrent pas trop les escapades dans l’univers du film grand-public. Aux États-Unis, on colle moins facilement des étiquettes, les réalisateurs sont plus ouverts au changement de registre, de famille, de cinéma. Je suis sensible à plein de styles de cinéma, j’adore Tarkovski et Bergman. J’aime aussi le cinéma moins cinéphile. Quand j’ai commencé, je faisais mes choix de films de manière aléatoire et naïve. Maintenant, j’essaie de construire une trajectoire artistique. Un acteur a besoin d’acquérir une notoriété pour se payer la liberté du choix…
F. A.: Vous avez pour projet de réaliser. Quelle histoire voudriez-vous raconter ?
G.U. : J’essaye d’écrire depuis plusieurs années, mais je suis très perfectionniste et je ne suis jamais satisfait. Je voudrais traiter de l’humain, des sentiments, faire un film intimiste axé sur un personnage. En ce moment, j’écris avec un ami : partager la plume est un exercice difficile. J’ai le syndrome français de la fascination pour le scénario original, hérité de la Nouvelle Vague et de la politique des auteurs. Il y a quelque chose de jouissif à écrire son propre scénario. [En même temps, l’adaptation peut servir de cadre contraignant qui sert la création]. Les Américains sont une fois encore plus décomplexés que nous par rapport à la question du texte.
F. A.: Qui sont vos mentors dans la profession ?
G.U. : Jacques Ometzguine et André Téchiné. Ils m’ont initié au jeu, ils ne m’ont pas lâché sur le tournage, j’ai beaucoup appris.
F. A.: Avec quels réalisateurs et acteurs américains rêveriez-vous de tourner ?
G.U. : Avec Gus Van Sant, bien sûr. Nous sommes en contact, je pense que ce projet se réalisera. Parmi les jeunes metteurs en scène qui se démarquent, j’adore James Gray - de film en film il impose son style - et Paul Thomas Anderson. J’aime le fait Woodie Allen choisisse ses acteurs pour des rôles à contre-emploi, même si ce n’est pas forcément le cinéma que je préfère en temps que spéctateur. Je nourris un profond respect pour Sean Penn, dont la carrière est exemplaire. Léonardo DiCaprio m’impressionne : il a su se défaire des habits du jeune poupon, son jeu est expérimental. DiCaprio est un modèle générationnel. Il parait qu’il écrit des préfaces de livres d’art contemporain. J’aimerais beaucoup discuter avec lui. Enfin, je fais la révérence devant la soyeuse Kate Blanchett, dont je suis le premier fan.
F. A.: Et si Kate Blanchett vous le demandait, vous habiteriez aux Etats-Unis ?
G. U. : Pourquoi pas. New York me prend par les tripes, il se passe quelque chose dans cette ville. Scorsese rend parfaitement compte de cette impression dans After Hours.
Gaspard Ulliel: «J’ai eu peur de n’être qu’une belle gueule»
La cordialité polie de Gaspard Ulliel masque moins une timidité qu’un mystère, une maîtrise de soi que ce jeune acteur désiré partout a ciselée depuis ses premiers pas sur un plateau, à onze ans, pour le téléfilm Une femme En Blanc. Dans Le premier cercle (sortie le 4 mars), sorte de Parrain à la française, il incarne le fils rebelle du mafioso Jean Reno. Ce Parisien pur sucre avait «envie d’un film populaire», soucieux de rester «insaisissable». Pour le cinéma, évidemment. En privé, il roucoule avec la ravissante Jordane Crantelle, attachée de presse chez Chanel. La classe.
Gala: On vous a rarement vu dans un polar d’action. Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter ce rôle?
Gaspard Ulliel: Oui, je n’avais vraiment jamais eu l’occasion de me frotter au genre. Faire des courses-poursuites sur la Côte d’Azur, porter un flingue, ça me ramenait un peu à l’enfance. Et puis, j’avais très envie de travailler avec Jean Reno. Il a cette allure virile, ce charisme naturel… Le rapport ambigu et conflictuel du père et du fils m’intéressait.
Gala : Pour résumer, Le Premier cercle est l’illustration de ce que les psys appellent « tuer le père ». Cela a-t-il été votre cas?
G. U. : Pas vraiment. J’ai toujours été un enfant assez sage, conciliant. J’ai toujours été comme ça. Mes parents racontent que, bébé, je pleurais déjà très peu.
Gala : Que vous ont-ils apporté alors?
G. U. : Une grande ouverture d’esprit et aux arts. Mon père est styliste de mode, il a fait un peu d’architecture au départ, un métier qui me tentait bien quand j’étais jeune. J’ai beaucoup dessiné et peint avec lui.
Gala : Depuis quelque temps, vous êtes plus étoffé, plus mâle…
G. U. : Oui, c’est vrai. A l’époque de Jacquou le Croquant, on m’avait clairement demandé de prendre du muscle. C’était un moment un peu charnière— j’essayais de m’affirmer dans quelque chose de plus viril. Auparavant, j’avais une image plus androgyne. Et puis, avec l’âge, mon corps change.
Gala : Ce physique gracile, mais aussi votre rôle ambigu dans Les Egarés, d’André Téchiné, ont fait de vous une icône gay. Ça vous dérange?
G. U. : Pas du tout. Quand je revois des photos de moi, ou même des films, j’avais quelque chose d’assez frêle… d’assez beau. J’en ai joué un petit peu…
Gala : Est-il troublant pour un acteur de susciter le désir auprès d’un réalisateur masculin ?
G. U. : Non, de toute façon, on est toujours l’objet du metteur en scène. S’il voit quelque chose de beau, qui l’émeut, c’est forcément bénéfique pour le film. Du moment que les choses sont claires et saines, ça ne me dérange pas.
Gala : Souffrez-vous de votre image de beau gosse ?
G. U. : A un moment, j’ai eu peur de n’être qu’une belle gueule pour les cinéastes. Mais pour l’instant, ça va, je ne suis pas privé de rôles intérieurs.
Gala : Kate Moss ne serait pas restée insensible à votre charme lors des prises de vue d’une publicité pour un célèbre maroquinier…
G. U. : Non, c’était plus rigolo qu’autre chose. Kate a une aura, une plastique impressionnante. J’étais hypnotisé. (rires)
Gala : Vous filez le parfait amour avec Jordane. Vous avez déclaré que son emploi du temps régulier vous apaisait…
G. U. : L’année précédente, j’ai enchaîné quatre films, ça représente quasiment dix mois de tournage. Pour tenir le coup, un acteur doit avoir une vraie ligne de conduite… Ça passe par une certaine stabilité dans le couple. Jordane part au boulot le matin, revient le soir. Je découvre une vie de couple plus normale. Ça me plaît, je suis très heureux.
Gala : Ce n’était pas le cas avant, avec Cécile Cassel, votre précédente compagne ?
G. U. : Si si, bien sûr. C’était quelqu’un de très stable.
Gala : L’engagement ne vous angoisse pas?
G. U. : Non, pas du tout. J’entends le couple comme une vraie notion de partage de la vie au quotidien.
Gala : Néanmoins, vous appartenez depuis très jeune à l’aristocratie du cinéma. Comment garder les pieds sur terre ?
G. U. : Quand on devient quelqu’un de public, qu’on représente l’argent, les paillettes, le succès, les gens ont tendance à vous juger à tort. Même certains proches s’éloignent de vous, parfois. Ils ont peur de déranger, ils croient qu’ils ne sont plus importants à vos yeux. Du coup, c’est à moi d’aller vers les autres.
Gala : Avec les femmes aussi?
G. U. : On a vite fait de tomber dans la parano. Sont-elles attirées par moi ou par mon image ? Bon, je finis par le savoir assez rapidement… Même dans le processus de drague, les rapports sont faussés d’emblée. On a tendance à croire que les femmes affluent lorsqu’on est acteur, mais j’ai parfois l’impression que c’est l’inverse. Elles n’osent pas venir, elles se bloquent, il y a une sorte de timidité, de gène.