Mentions obligatoires sur les bulletins de salaire : quelles sont-elles ?
Mentions obligatoires sur les bulletins de salaire : quelles sont-elles ?
Les bulletins de salaire doivent comporter des mentions obligatoires, d’autres facultatives. L’article L.3243-2 du Code du travail rend obligatoire la remise par l’employeur d’un document justificatif lors du paiement du salaire : le bulletin de salaire.
Selon l’alinéa 1 :
Lors du paiement du salaire, l’employeur remet aux personnes mentionnées à l’article L. 3243-1 une pièce justificative dite…
Des gilets jaunes, de la sociologie et du temps pour le dire.
Vendredi dernier sur France Inter, j’ai écouté Une semaine en France. Le format, c’est une heure de discussion entre une journaliste, Claire Servajean, et un·e invité·e, en l’occurrence Serge Paugam.
Serge Paugam, ce sont mes années « fac de socio ». De 2006 à 2010, j’ai arpenté les couloirs de La Censive, imposant bâtiment blanc de l’Université de Nantes, sorte de gros navire doté de ponts, de hublots et d’une proue. Nos enseignant·e·s nous berçaient de contemporains (des hommes !) qui nourrissaient nos réflexions : Castel, Passeron, Beaud... Paugam.
Vendredi dernier, Serge Paugam a pris le temps de nous expliquer deux ou trois petites choses sur le mouvement des gilets jaunes.
D’abord, il note que les revendications sont d’ordre social. Et, de ma fenêtre, elles me semblent être une expression de ce qu’il est possible de nommer une lutte des classes. Loin d’être un mouvement annihilant toute forme de domination comme l’hétérogénéité des profils pouvait le laisser imaginer, les gilets jaunes semblent reprendre le chemin de la conscience de classe. Reprendre le chemin de la discussion du compromis entre les riches et les pauvres, de la discussion du socialement acceptable. Et ce que dit ce mouvement, notamment via les cahiers de doléance ouverts dans certaines mairies, c’est justement que le seuil, le point de rupture est franchi. En d’autres termes, les écarts deviennent tels qu’ils sont insupportables. Ce faisant, ce mouvement pose la question de la rémunération du travail et de son miroir, la rémunération du capital. En parallèle, il interroge les écarts de rémunération du travail. Et tant mieux si, enfin, nous parvenons à ouvrir une discussion sur le fait que, dans une même entreprise, gagner plus de vingt fois le salaire de la ou du moins bien rémunéré·e, c’est non seulement indécent mais c’est aussi le faire au détriment de cette ou de ce dernier·e. Ce sont les premier·e·s de cordée qui s’enrichissent sur le dos des dernier·e·s.
Ensuite, il note que le mouvement gilets jaunes, c’est un mouvement de (re)consitution de lien social, de discussions collectives, de moments ensemble, de partage. Et ce n’est pas rien ! Il avance même que ces occupations de ronds-points, même si elles devaient s’arrêter, ne resteraient pas sans suite. Certain·e·s pourraient avoir envie de se revoir, de créer des associations, feraient perdurer des liens d’amitié, monteraient des listes aux élections municipales. Bref, il fait le pari d’un processus de socialisation qui en est à son tout début et qui est aussi important que l’objet des revendications. Et il est vrai que ce mouvement -et c’est ici que je reviens à la fac !- me fait diablement penser depuis son avènement à mes premières AG étudiantes, à nos premières occupations de bâtiments... dont La Censive, à nos blocages de ponts et de péages d’autoroute, à notre enthousiasme débordant à toute heure du jour et de la nuit, même après avoir dormi une poignée d’heures, à notre conviction profonde en notre capacité à changer le monde, à nos premières confrontations avec les forces de l’ordre, à nos premières interviews-télés. Exercice dans lequel nous n’étions pas toujours bons. Bref, les gilets jaunes, c’est aussi l’apprentissage du mouvement social, de la contestation, du rapport de force, de la parole publique et, évidemment, le pouvoir n’aime pas trop ça.
Un conseil, arrêtez-tout une heure durant et écoutez Serge Paugam : https://www.franceinter.fr/emissions/une-semaine-en-france/une-semaine-en-france-11-janvier-2019. Éclairant !
Une refondation fiscale au nom de l’égalité républicaine
En France, la perte de confiance en nos élus n’est pas nouvelle. L’affaire Cahuzac n’est, en cela, qu’un coup de plus porté à la démocratie et à son bon fonctionnement. Elle interroge pourtant un aspect concret de cette « crise de confiance » : celui du consentement à l’impôt et, par voie de conséquence, celui de l’égalité et de la justice des citoyens devant le système fiscal. C’est à la gauche de défendre le pilier fiscal comme outil de redistribution des richesses. État des lieux.
Le lien social républicain , c’est l’impôt sur le revenu.
L’impôt sur le revenu a marqué une rupture nette avec le régime censitaire. Son esprit est simple: il constitue un attribut de la citoyenneté, permet le financement de l’action publique par chacun, en fonction de sa capacité contributive. Ainsi, l’impôt sur le revenu ne s’applique pas de la manière à tous les administrés. C’est le principe de progressivité. Il s’oppose aux prélèvements dits « proportionnels » qu’est, par exemple, la TVA. L’impôt sur le revenu a donc, dans sa mouture initiale, été construit sur un double impératif de justice sociale et de redistribution des richesses.