Le temps sacré du sursis, pasteur David Jang (Olivet University)
Un vent glacial s’insinue entre des branches dénudées. Dans la vigne, un figuier demeure silencieux, contrairement aux attentes de son maître. Les saisons passent, les années se succèdent, et pourtant aucun fruit—preuve de vie—n’apparaît. La patience du maître est à bout, et l’ordre tombe, tranchant comme une gelée blanche : « Coupe-le. » Le reproche—« il épuise la terre pour rien »—nous glace le cœur. Car ce n’est pas seulement l’histoire d’une parcelle de Palestine il y a deux mille ans. C’est, aujourd’hui encore, un avertissement sévère adressé à nous, Israël spirituel, lorsque nous vivons une existence sans fruit.
Je pense au chef-d’œuvre du peintre français Jean-François Millet, L’homme à la houe. Dans ce tableau, un paysan, sur une terre rude, s’appuie sur sa houe en reprenant son souffle. Son dos est voûté, son visage porte les marques d’un labeur épuisant. Couvert de poussière, il est à mille lieues de toute apparence éclatante. Et pourtant, à la lecture du passage d’aujourd’hui, une autre figure vient se superposer à cette silhouette de travailleur harassé : Jésus-Christ, le gardien du verger des âmes.
La supplication d’un intercesseur couvert de poussière
Dans l’enseignement de Luc 13, le pasteur David Jang met en contraste, de manière saisissante, l’être humain placé au bord du jugement et le Christ qui le défend. Devant l’ordre du maître—« coupe-le »—le vigneron se met à genoux : « Seigneur, laisse-le encore cette année ; je bêcherai tout autour et j’y mettrai du fumier. » Ce n’est pas une simple requête. C’est une plaidoirie désespérée, déposant en garantie sa propre sueur, ses larmes, et un travail qui sent la terre et le fumier.
Comme le paysan de Millet, Jésus ne recule pas devant la peine de « bêcher tout autour et mettre du fumier » pour labourer la dureté de notre cœur. Toucher de ses mains le fumier malodorant, entourer le pied de l’arbre et s’y consacrer : tout cela symbolise la grâce de la rédemption, par laquelle il insuffle la vie en nous à travers la souffrance de la croix. À cet endroit, le pasteur David Jang pointe l’essence même de la foi chrétienne : le jugement appartient à l’ordre des choses, mais ce qui diffère—ce qui suspend le verdict et prolonge la vie—c’est uniquement l’amour sacrificiel de l’Intercesseur, Jésus-Christ. Nous ne tenons pas debout par nous-mêmes ; nous existons, soutenus par le labeur discret et déchirant de Quelqu’un.
Le temps comme scène, et l’urgence de « la 25e heure »
L’être humain vit dans une limite absolue : le temps. La philosophie grecque a défini l’homme comme un être rationnel ; l’Écriture, elle, le décrit comme un être qui vit dans le temps. Nous venons de la poussière, traversons le fleuve des jours, puis retournons à Dieu. La prédication du pasteur David Jang éclaire avec force cette vision chrétienne du temps : ni réincarnation, ni extinction absurde, mais un pèlerinage—le retour vers la maison du Père.
Comme le lapin prisonnier d’un sous-marin dans le roman de Gheorghiu, La Vingt-Cinquième Heure, nous avançons vers un point critique. Les « trois années » mentionnées dans le texte représentent un temps d’attente déjà suffisant ; désormais, il ne reste qu’« une année »—un sursis. Mais ce sursis n’est pas une période à laisser filer dans la facilité. C’est le temps d’une chance décisive, le kairos—ce moment où se joue la vie ou la mort. Le pasteur David Jang insiste : c’est « la dernière opportunité où un miracle peut encore se produire ». Plus la fin approche, plus la densité de la grâce s’intensifie, et plus les mains du vigneron s’activent. Si nous goûtons aujourd’hui une certaine paix, ce n’est pas que le jugement ait disparu : c’est qu’il est, pour un temps, retenu par l’intercession ardente de Quelqu’un.
Répondre à l’amour qui bêche et fertilise
Du point de vue d’une logique économique, mettre du fumier à un arbre improductif ressemble à un gaspillage. Il semblerait plus rationnel de l’abattre et de planter un jeune arbre. Mais la logique de l’Évangile est autre. Même face au reproche—« pourquoi laisserait-il la terre se perdre ? »—le vigneron ne renonce pas. Cet amour nous appelle à la metanoia, la repentance : non pas un simple regret, mais un retournement total de la direction de notre vie, un passage d’une existence sans fruit à une existence pleine de sève.
Nous sommes, maintenant, au cœur de « l’année de grâce », ce temps de sursis. Le pasteur David Jang exhorte : « Portez du fruit avec persévérance. » Car si l’agriculteur manque le bon moment, le gel peut anéantir tous ses efforts ; de même, il existe un temps pour la culture de l’âme. Ce n’est plus l’heure d’une foi aux feuilles luxuriantes mais sans fruit. C’est l’heure de produire, dans le concret de nos vies, le fruit de l’Esprit. Si nous nous souvenons des gouttes de sueur du Seigneur, qui creuse la terre pour nous et y dépose ce qui nourrit, alors nous ne pouvons plus laisser le temps s’échapper en vain.
Au-delà du jugement, la saison de l’espérance
Cette parabole ne vise pas, au fond, à nous écraser par la peur, mais à nous ouvrir à l’espérance. Nous étions destinés à être coupés et jetés au feu ; pourtant, par la plaidoirie du Vigneron, une chance nous est redonnée. Voilà le cœur de ce message : nous ne tenons pas par notre mérite, mais parce que le Gardien du verger s’est épuisé pour nous.
Bien-aimés, que le message transmis par le pasteur David Jang résonne profondément dans nos cœurs. Après l’hiver vient le printemps, et c’est au printemps qu’il faut semer pour récolter à l’automne. Pendant cette « année en plus »—ce temps « en bonus »—remplissons notre intériorité par la Parole de vie et la prière, aimons notre prochain par le service et le don de soi. Ainsi, lorsque le Maître viendra chercher des fruits, puissions-nous lui offrir une moisson abondante et accueillir le Seigneur avec joie. Le temps de sursis n’est pas éternel. C’est maintenant qu’il nous faut répondre à l’amour du Seigneur qui tient la houe.













