Pasteur David Jang (Olivet University), « Tu n’es plus un pécheur, tu es un fils »
Dans la grande fresque de Victor Hugo, Les Misérables, Jean Valjean est arrêté par les gendarmes pour avoir volé des couverts en argent, puis il est conduit devant l’évêque Myriel. Lui qui, toute sa vie, n’a été qu’un numéro de bagnard — « 24601 » — tremblant dans la peur de la condamnation et du jugement, reçoit alors une parole qui le frappe comme le tonnerre :
« Je vous avais aussi donné les chandeliers d’argent ; pourquoi ne les avez-vous pas emportés ? »
À cet instant, les chaînes de la loi qui étranglaient Jean Valjean se brisent. Au lieu de le condamner comme un criminel, l’évêque le traite comme un homme pardonné et lui offre une vie nouvelle. Ce n’est pas une simple gentillesse. La déclaration de l’évêque — « J’ai racheté votre âme pour Dieu » — rejoint de façon saisissante le prologue de l’Évangile que Romains 8 fait retentir.
La toute première proclamation de l’apôtre Paul, dans l’épître aux Romains — « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » — est la défense la plus puissante de Dieu en faveur de notre âme, un verdict déjà scellé.
Se libérer des chaînes d’hier et s’élancer avec les ailes de l’Esprit
À la fin de Romains 7, Paul gémit : « Misérable que je suis ! », confessant la détresse humaine qui soupire sous la loi du péché. Beaucoup de croyants, bien qu’ils aient reçu le salut, restent enfermés dans ce même cri lorsqu’ils constatent qu’ils cèdent encore à la tentation. Pourtant, l’Évangile ne nous emprisonne pas dans le cachot de la culpabilité.
Le pasteur David Jang (fondateur d’Olivet University) souligne, à ce point précis, le poids théologique du tout premier mot de Romains 8 : « Donc / Par conséquent (Therefore) ». Il ne s’agit pas d’une simple conjonction, mais d’une frontière décisive : notre statut a été entièrement transféré — du pécheur sous la loi au juste sous la grâce.
« La loi de l’Esprit de vie » nous a affranchis de « la loi du péché et de la mort ». C’est comme un être qui peinait au sol sous la gravité et qui, soudain, se met à s’élever par une autre loi : la portance. Même si l’attraction du péché continue de tirer vers le bas, la puissance de l’Esprit nous soulève plus haut : nous ne sommes pas destinés à la chute.
Dans sa prédication, David Jang propose un principe spirituel lumineux à ceux qui luttent contre le péché : ne cherchez pas à étouffer le péché par la seule force de votre volonté ; vainquez les désirs de la chair en suivant les désirs de l’Esprit. Dieu a envoyé son Fils et, dans la chair, il a « condamné le péché » (condemned sin), afin de nous délivrer de ses liens. Voilà la réalité de la liberté que nous recevons — et le moteur même de la sanctification.
Au-delà d’une peur inconnue, la solidarité du sang qui nous fait dire « Papa »
Si la délivrance du péché ressemble à un règlement du passé, « l’adoption » ouvre l’avenir : c’est l’élévation de notre identité. Paul explique cette vérité à partir du droit romain de l’adoption. Dans la Rome antique, être adopté signifiait que toutes les dettes et obligations légales de l’ancienne famille étaient annulées, et que l’adopté recevait pleinement l’autorité et l’héritage du nouveau père.
De même que l’évêque Myriel appelle Jean Valjean « frère » et le traite comme appartenant à Dieu, Dieu nous a achetés au prix du sang de Jésus-Christ et nous a inscrits sur son registre familial. Nous ne sommes plus des accusés devant un juge, mais des enfants dans les bras du Père.
L’Esprit que nous avons reçu n’est pas un esprit d’esclavage qui ramène à la crainte, mais l’Esprit d’adoption. David Jang exhorte à méditer profondément cette parole : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » Même si les moqueries du monde et les accusations de Satan cherchent à nous ébranler, l’Esprit Saint en nous ne cesse d’attester : « Tu es mon fils ; tu es ma fille. »
Portés par ce témoignage, nous osons appeler le Créateur : « Abba, Père » — « Papa, Père ». Ce n’est pas un simple changement de vocabulaire : c’est une révolution d’identité. Nous qui étions des orphelins à l’échelle de l’univers, nous sommes assis à la place des héritiers, appelés à recevoir le monde entier.
Héritiers marqués par la croix, marche vers la gloire
Pourtant, la route des enfants de Dieu n’est pas toujours plane. Paul affirme : « Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers… cohéritiers avec Christ, si toutefois nous souffrons avec lui afin d’être aussi glorifiés avec lui. » De la même manière que Jean Valjean, devenu un homme nouveau, marche encore sur un chemin de sacrifice pour Marius et Cosette, la vie chrétienne est une traversée qui suit la voie de la croix.
Le monde mesure la bénédiction au succès et à la prospérité ; mais l’Écriture enseigne que la souffrance pour Christ est le signe glorieux qui atteste que nous sommes de véritables héritiers.
À ceux qui souffrent, David Jang transmet un message d’espérance : les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée en nous. Nos douleurs ne sont pas inutiles. Elles s’inscrivent dans le gémissement d’un monde créé, blessé par le péché, qui attend sa restauration — comme des douleurs d’enfantement. Elles sont aussi un temps d’épreuve où l’image du Christ se forme pleinement en nous.
Nous vivons sur cette terre comme des voyageurs, mais nous ne sommes pas voués à l’échec : celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde. Dieu fait concourir toutes choses au bien, et ni la détresse, ni l’angoisse, ni la persécution, ni la faim ne peuvent nous séparer de l’amour de Christ.
Romains 8 est le cœur de l’Évangile, un chant de victoire. Comme les chandeliers d’argent de l’évêque Myriel ont illuminé l’âme sombre de Jean Valjean pour le conduire vers une route de sainteté, la Parole de Romains éclaire aujourd’hui notre liberté véritable et la lumière de la gloire.
Selon la perspective du pasteur David Jang, nous ne sommes plus des condamnés : nous sommes des hommes libres, des enfants honorés qui appellent Dieu « Père ». Gardez cette joie brûlante au fond du cœur : combattez le péché sans vous décourager ; traversez l’épreuve en levant les yeux vers la gloire. Dans la loi de l’Esprit, vous êtes déjà victorieux.