Titre intrigant, commune discrète, option hardie, le festival Jazz 360 est un véritable pied de nez au prêt à consommer. Ce qui en fait tout l’intérêt.
Jazz 360, 7, 8 et 9 juin, Cénac, festivaljazz360.fr
On vient rarement à Cénac par hasard, sauf si on pratique la petite reine en dilettante et qu’on a eu la bonne idée d’emprunter la piste cyclable Roger-Lapébie. Là, en remontant de Latresne, on aura fait halte à l’ancienne gare de Citon-Cénac, porte d’entrée possible vers les coteaux et le bourg. Et là aussi, place au jazz qui, pour la quatrième année consécutive, résonnera entre ces murs. Jazz 360 en 2013, c’est d’abord la scène sur la place du Bourg de Cénac, manière d’ancrer davantage la musique en son sein, qui, pour l’occasion, s’offre rien de moins que le batteur Daniel Humair. À 75 ans, l’homme s’est frotté au gotha et continue d’imposer sa patte définitive sur la musique d’un quartet où l’accordéon de Vincent Peirani (le complice de Youn Sun Nah sur son dernier album) sort ravi et cabossé des joutes qu’il mène avec le saxophone d’Émile Parisien. On aura compris que l’option choisie n’est pas le jazz pépère, même si jazz manouche (avec Djangophil) ou même New Orleans (avec Jérôme Gatius New Orleans Big Four) font une apparition remarquée. Dans cette option où la création est centrale, la place du Bourg verra défiler les élèves des ateliers jazz (partenariat avec l’IREM, avec Serge Balsamo, et l’asso Musique à ta porte) comme des talents confirmés, le tout gratuit, à l’exception des concerts en soirée.