Réponse de Philippe Duron à la Lettre aux Caennais de Joël Bruneau
Le maire de Caen, M. Joël Bruneau, écrit à tous les Caennais entre les deux tours des élections départementales pour aller au secours des candidats de droite.
Cette missive pose d’abord des questions sur la forme. Qui s’adresse aux Caennais ? Le Maire de Caen ou le leader de l’UMP ? Qui finance cette lettre ? La ville ? Dans ce cas, c’est choquant. L’UMP ? Dans ce cas, cette dépense doit s’imputer sur les comptes de campagnes des candidats UMP-UDI-MODEM.
Sur le fond, on pourrait s’attendre à ce que le Maire appelle au civisme et encourage ses concitoyens à faire leur devoir électoral en allant voter. Il ne serait pas choquant non plus, qu’inquiet de la montée du FN, il appelle au Front Républicain. Or rien de cela dans la missive de M. Bruneau. Rien que des attaques grossières, mensongères contre l’ancien maire. Je ne suis pourtant pas candidat et je me suis gardé de jouer un rôle public dans cette campagne pour éviter que l’on rejoue un troisième tour des municipales. M. Bruneau n’a eu ni cette prudence, ni cette pudeur. Ses attaques sont grossières. Me faire porter le poids de l’augmentation du chômage, c’est facile, mais un peu gros. La crise économique a éclaté au lendemain de notre arrivée à la mairie de Caen en 2008. Elle n’a pas épargné Caen et son agglomération pas plus que la Normandie, ni la planète entière. M’en imputer la responsabilité, c’est me prêter une importance très excessive, ne pensez-vous pas ?
De surcroît, pendant cette période, nous avons tout fait avec les autres collectivités, département et surtout région, pour venir en aide aux entreprises en difficultés et pour soutenir l’investissement. A la ville comme à Caen la mer, nous avons augmenté l’investissement public de plus de 30% en faveur d’une politique de logement ambitieuse et de la rénovation ou la création d’équipements publics. Rénovation de la place Saint Sauveur, Stade Nautique, Bibliothèque… nous nous sommes efforcés de faire travailler les entreprises du Calvados et plus globalement celles de Basse-Normandie dans le respect des règles des marchés publics. Sans notre action, ce sont des centaines d’emplois qui auraient disparu dans le bâtiment et les travaux publics.
Tout au long de mes mandats à la région et à la ville, j’ai soutenu les projets qui assuraient le rayonnement et l’attractivité touristique de Caen. Les Jeux équestres mondiaux en sont une illustration éclatante. Ils ont rempli les hôtels de Caen et du Calvados pendant plus de deux semaines. Plutôt que de se livrer à des polémiques indignes du Maire d’une grande ville comme Caen, M. Bruneau devrait nous dire quelle est sa vision du Caen de l’avenir. Hormis la baisse des impôts qui sera invisible pour les Caennais, on ne voit rien, on n’entend rien ! Comment entend-il développer Caen, renforcer son attractivité en réduisant l’investissement de 30% ? Au moment où Rouen et le Havre continuent d’investir activement dans leur développement, M. Bruneau organise le déclin de la ville dont il a la charge. Les électeurs commencent à le comprendre. __ Billet initialement publié le 26 mars 2015 sur le site de Philippe Duron.











