Nice : menacé de lynchage, un journaliste exfiltré de son dîner de réveillon
Le réveillon de Noël aura tourné court pour ce journaliste. Il est 20h30 ce 24 décembre. Alors que les convives s’apprêtent à passer à table, une violente altercation éclate à côté du buffet des boissons. Pierre raconte : “je n’avais plus vu tonton Gilles depuis cinq ans. A l’époque je trainais depuis deux ans en fac d’histoire. Il est venu me demander si j’avais fini par trouver un boulot…”
Touché par cette marque d’intérêt, Pierre répond par l’affirmative : “J’ai fait une école de journalisme et je travaille à la télé maintenant”. Il ne le sait pas encore, mais pour lui la fête est finie.
“T’es journaliste alors ? C’est vrai que vous gagnez au moins 15.000 euros par mois et que vous êtes exonérés d’impôts ?” Le jeune pigiste tente alors de rectifier. “Non, en fait moi je pige pour BFMTV…”
L’oncle Gilles voit rouge, et rameute tonton René et tata Jeannine. “T’as pas honte de servir la soupe à Macron ? Vendu !” Un premier “collabo !” fuse, puis c’est escalade : “dégage”, “journalope”, “pédé”. Les insultes pleuvent comme le demi-sec sur le carrelage du salon.
Resté en retrait, l’agent de sécurité qui accompagne désormais Pierre dans tous ses déplacements est obligé d’intervenir. Il exfiltre le pigiste in extremis alors que tonton René s’est emparé d’une fourchette à escargot.
Indemne mais sous le choc, Pierre hésite désormais à organiser la soirée du Nouvel an avec ses amis. “J’ai peur que ça dérape et j’ai pas les moyens de payer des vigiles et la location du détecteur de métaux”.
Ce soir, le syndicat des journalistes préconise de porter un gilet pare-éclats sous sa veste le soir du réveillon et de garder à portée de mains un casque et des lunettes de protection.