Quand je travaille sur le lexique du magazine Yashima, je fais régulièrement de jolies découvertes… Là, pour le prochain numéro (le N°12), je recoupais des infos sur le battōjutsu et le tameshigiri du Toyama-ryū (un shinryūha non pas de 'sabre' mais de guntō (katana miltaire) qui fut créé pour l'école militaire Toyama en 1925)…
Les démonstrations de coupe, je vous avoue, ça ne me passionne pas plus que ça. Bien sûr, les prouesses hyper techniques comme les enchaînements de triples coupes, c’est époustouflant, pas de doute, mais cela finit aussi toujours par être un peu lassant je trouve, à regarder en tout cas… Et puis bon, je ne trouve pas ça forcément très inspirant (surtout quand on sent que le contexte martial est un peu trop mis de côté… Un makiwara ne rend pas les coups pour paraphraser l'autre ;) )…
Mais ici, c'est différent. L'atmosphère (fun’iki) est résolument différente : Nakamura Taizaburō du Toyama-ryū et futur fondateur du Battōdō (le mal nommé ;) ). ♫
C’est une rentrée qui s’annonce plein de défis positifs et de bonnes nouvelles !…
LES NOUVEAUX KISHINKAÏ DOJOS !
Il n’y a pas à dire, je suis très heureux de faire partie de la formidable aventure que constitue l’école Kishinkaï Aïkido. Léo Tamaki a su réunir autour de lui de plus en plus d’adeptes doués, enthousiastes, pédagogues, et qui ont l’esprit d’entreprise. La naissance officielle du Kishinkaï Aïkido était le signal attendu par plusieurs élèves de Léo Tamaki pour lancer leur projet.
C’est ainsi qu’en cette rentrée, pas moins de cinq nouveaux dojos Kishinkaï voient le jour ! Léo Tamaki avec Issei Tamaki, Tanguy Le Vourc’h et Julien Coup ont semé une graine qui va s’enraciner de manière profonde, riche et diversifiée dans le paysage de l’aïkido français et européen. Le Kishinkaï propose une manière de pratiquer extrêmement enrichissante, qui parvient à concilier une rigueur impitoyable, une grande ouverture d’esprit et de la bonne humeur. C’est un aïkido à la fois accessible, agréable et de haut niveau.
Amsterdam : Chuntug Taguba et Robbert Scherpenisse lancent le dojo Kishinkaï Aïkido Amsterdam.
Grenoble : Simon Gousseau lance le dojo Kishinkaï Aïkido Rives-Charnècles.
Limoges : Alexandre Grzegorczyk lance le dojo Kishinkaï Aïkido Limoges.
Saint-Étienne : Rémi Samouillé lance le dojo Kishinkaï Aïkido Saint-Étienne.
Si vous êtes à proximité d’un de ces dojos, n’hésitez surtout pas à venir essayer, vous serez toujours accueillis par des enseignants ouverts d’esprit.
Ces cinq nouveaux dojos Kishinkaï s’ajoutent donc à ceux déjà en place. Voici la carte Google qui les répertorie :
↑ Cliquez sur carré blanc à haut à gauche pour ouvrir la liste des dojos
ET AUSSI LE KANSENKAÏ !...
Quel étrange destin ! le Kansenkaï entre dans sa troisième année d’existence et à nouveau nouveau changement de lieu puisque comme je l’ai déjà annoncé, le Kansenkaï a déménagé à Auch dans le Gers.
Bien sûr, je garde un pied à Bordeaux pour ne pas entièrement faire fond bond aux quelques élèves qui m’ont fait confiance jusqu’ici. Ce qui veut dire que je serai désormais présent dans deux villes, Auch (Gers) et Pessac (Bordeaux).
> KANSENKAÏ BORDEAUX : Le lieu ne change pas, ce sera toujours au COSEC DE SAIGE à Pessac, mais l’activité se limitera aux Ateliers Intensifs. Les Ateliers seront organisés sous forme de préinscription et les dates seront fixées très prochainement. N’hésitez pas à me contacter pour me faire part de vos préférences !
> KANSENKAÏ AUCH : Kansenkaï Auch propose trois activités :
des cours hebdomadaires de Kishinkaï Aïkido ;
des Ateliers Intensifs Mensuels pour l’étude des principes du Kishinkaï Aïkido, généralement le 3e samedi du mois ;
des séances hebdomadaires d’une nouvelle activité : une pratique de bien-être et d’éveil appelée “Gymnastique de la Perception”.
DOJO PRIVÉ TRADITIONNEL
À Auch, les cours et ateliers de Kishinkaï Aïkido et les séances de Gymnastique de la Perception auront lieu dans notre petit dojo privé traditionnel : ce sera un espace “zen” intimiste aménagé en partie avec de vrais tatamis, ceux en paille tressée des maisons traditionnelles japonaises. Ceci pour pouvoir se rapprocher de conditions de pratique traditionnelles : le port du tabi y prendra naturellement tout son sens, comme l’importance de ne pas prendre appui dans le sol, la façon de se déplacer à genoux prendra également une tout autre dimension…
GYMNASTIQUE DE LA PERCEPTION ?!
Directement inspirée des exercices permettant d’étudier les principes du budô mais sans sa dimension guerrière, c’est une pratique gymnique interactionnelle bienveillante autour de la perception pour développer une meilleure conscience de soi et de l'autre.
Au programme, améliorer le bien-être et le bien vivre par la méditation, le relâchement, l’exploration de la mobilité, des mouvements corporels dissociés et globaux, le développement de la sensibilité et de la perception et de l’interaction avec les autres…
De nombreux principes corporels et interactionnels du Kishinkaï Aïkido sont des principes universels. Ce sont déjà des principes que j’avais pu effleurer dans le domaine musical lors de mes ateliers d’improvisations dirigées démocratiques, ou dernièrement dans le domaine de la danse avec le petit atelier que j’ai animé dans l’école de danse de Tatjana Schuster.
Il y a donc un véritable intérêt à s’adresser à un plus large public avec un programme non martial : soit parce que cela s’adresse au coeur de pratiques où le corps et l’interaction jouent une part fondamentale, soit tout simplement pour le bien-être que cela procure.
Au programme : exercices de méditation, de respiration, de mobilité corporelle, exercices de sensibilité et de perception à deux ou en groupe...
LA RENTRÉE
Je vous invite à vous rendre sur la page “Présentation“ (dans le menu en haut) pour en savoir plus sur le Kishinkaï Aïkido et le dojo Kansenkaï et avoir toutes les infos pratiques.
> COURS AU KANSENKAÏ AUCH :
Les cours débuteront par une séance "porte ouverte” le LUNDI 14 SEPTEMBRE 2015, 19h-20h
> ATELIERS INTENSIFS MENSUELS À AUCH :
Le premier Atelier sera organisé le SAMEDI 19 SEPTEMBRE 2015, 10h-18h
Veuillez me contacter pour vous inscrire.
Bien à vous,
Taro
P.S. : En allant rencontrer le club d’aïkido fédéral en place à Auch, le Club d’Aïkido et de Budo Gascon, j’ai eu le plaisir d’être chaleureusement accueilli par Jean-Vincent Rougy, son enseignant principal... Il est bien probable que les deux clubs ne resteront pas chacun dans leur coin !... :)
Journée Découverte à la “Fête des Associations” de Pessac (33)
28 août 2015
Le Kansenkaï fraîchement débarqué à Auch a besoin de se faire connaître un peu... Nous tiendrons donc un stand à la journée des associations de... Pessac.
Oui, ça a l’air d’une blague mais c’est ainsi : nous n’avons pas pu être inscrit à la journée des associations d’Auch, qui a d’ailleurs lieu le même week-end. Heureusement, l’événement à Auch dure deux jours, samedi et dimanche. Nous aurons donc notre stand à Pessac le samedi 5 où nous ferons Atelier découverte pour tous ainsi que des démonstrations. Puis dimanche 6, retour à Auch où faute d’avoir un stand, nous pourrons malgré tout distribuer quelques flyers et rencontrer des gens et les autres clubs d’arts martiaux.
JOURNÉE DÉCOUVERTE ?!
L’an dernier, l’ami Emmanuel Wildemann était venu m’épauler pour tenir le stand Kansenkaï. Nous avions passé la journée à pratiquer devant le stand. Ce qui a permis de nombreux échanges avec les gens qui ont pu voir ce que nous faisions. Certains ont même pu s’y essayer.
L’idée de la journée découverte est dans cette continuité-là. Les habitués des Ateliers Intensifs pourront venir, nous pratiquerons de la même façon que pour un Atelier habituel sauf que cela se fera devant le stand, ou à côté. C’est bien sûr gratuit. Quand viendra l’heure de la démonstration, ceux qui le souhaiteront pourront participer.
La Fête des Associations se déroule le samedi 5 de 10h à 17h derrière la gare de Pessac, avenue Pierre Wiehn. Nous serons du côté des associations sportives.
Et si de valeureux habitués du Kansenkaï se sentent d’attaque, vous pouvez venir dès 9h30 pour nous aider à installer le stand ! ;)
[MàJ : La “Journée Découverte” a malheureusement été annulée du fait d’un nombre insuffisant de participants]
↑Stand de l’an dernier !
GYMNASTIQUE DE LA PERCEPTION ?!
Je n’ai pas encore présenté cette nouvelle activité mais cette journée sera l’occasion de le faire de vive voix et par la pratique. Mais ceux qui connaissent les Ateliers savent déjà de quoi il s’agit. Le propos de cette pratique de bien-être ou de gym-santé, c’est l’exploration du mouvement corporel et de l’interaction afin d’affiner notre sensibilité et notre perception de nous-mêmes et de l’autre. En somme, ce que l’on fait déjà en Atelier, mais la martialité en moins. Ce sont les mêmes exercices ou des variantes, adaptés à un public non-martial.
Pascal Savournin (mon élève le plus assidu !) me parle souvent de l’intérêt qu’il y a à s’adresser à un autre public que les pratiquants d’aïkido... C’est mon intervention dans l’école de danse de la chorégraphe Tatjana Schuster qui m’a définitivement donné envie de développer quelque chose qui s’adresse à un public plus large. Nous verrons avec le temps comment cette initiative est accueillie !
ÊTRE À AUCH ET À BORDEAUX, TELLE EST LA QUESTION...
Comme je l’ai déjà dit, je reviendrai régulièrement à Pessac pour les Ateliers Intensifs. Et je pensais repartir sur un Atelier par mois (chaque 3e samedi du mois). Malheureusement, l’an dernier, il y a parfois eu des Ateliers avec très peu de participants. Franchement, faire cours ou atelier pour très peu de monde ne me dérange pas. Par contre, la perspective de faire Auch-Bordeaux la veille (4 heures de car et de train) et voir le lendemain que personne ne s’est déplacé... voilà qui ne m’enchante pas trop, j’espère que vous me comprendrez. Sans parler du voyage retour !...
Il y a des personnes qui ont fait presque tous les Ateliers, d’autres qui auraient voulus participer à plusieurs reprises, mais à chaque fois la date ne leur convenait pas... Si je peux organiser les dates en tenant compte du planning des personnes intéressées, cela devrait pouvoir simplifier pas mal les problèmes de logistique, non ? En somme, je partirais bien sur un système de préinscription. Qu’en pensez-vous ?
On en reparle samedi 5 de vive voix. Ou n’hésitez pas à m’écrire.
Pour tout ce qui concerne Auch, je publierai un billet à part très bientôt.
La saison 2014-2015 s’achèvera le 11 juillet avec le 10e Atelier Intensif mensuel, qui aura lieu à Villenave-d’Ornon, dans le dojo d’Hubert Maillard, enseignant de Yoseikan Budo.
Hubert Maillard de la Morandais est un adepte passionné : il a construit son propre dojo, écrit un livre et — je dirais même, et surtout — on peut le croiser autant sur un stage de systema qu’à un stage de Léo Tamaki... Je veux dire que les pratiquants qui comme lui poursuivent sans relâche une recherche martiale avec une vraie ouverture d’esprit sont une espère rare. C’est donc toujours un grand plaisir de retrouver sur les tatamis ce chercheur martial infatigable, souriant, plein de vigueur et d’enthousiasme.
Voici un extrait de son livre qui exprime sa conception du budô, et correspond tout à fait à l’esprit de l’aïkido :
« Nous pouvons espérer que nos sociétés basées sur la compétition, sa violence, ne seront pas éternelles, et qu’elles feront place un jour à des sociétés basées sur l’entraide et le respect, la reconnaissance d’autrui. Je n’hésite pas à affirmer que l’art martial en tant que «Budo» peut contribuer à un monde meilleur, dont notre planète a vraiment besoin. Il peut élever ou du moins élargir les perspectives de chacun d’entre nous, même de ceux qui croient avoir « tirés les mauvaises cartes. » (extrait de l’Art martial, une voie d’accomplissement personnel, par Hubert Maillard).
↑ Hubert Maillard, à droite, au premier stage d’Alex Grzegorczyk organisé par le Kansenkaï. À gauche, Grégory Vincent, au second plan, Thomas Maltey, Simon Pujol, Ian Munoz.
MOUVEMENT
Je suis heureux d'avoir pu aller jusqu’au bout de ce rendez-vous mensuel pour étudier et approfondir les principes fondamentaux du Kishinkaï Aïkido. Ce fut une année riche en rencontres, en recherche, en approfondissement, en découvertes.
Bien sûr, il y a eu certaines fois où nous n’étions que trois ou quatre sur le tatami ; mais il est arrivé que le nombre de participants dépasse la dizaine. Ce qui dans l’absolu reste peu. Mais c’est aussi beaucoup si l’on considère que je suis un parfait inconnu sorti de nulle part, lançant un cours dans un Bordeaux Métropole déjà saturé d’aïkido.
Le plus encourageant a été de voir ceux qui avaient apprécié revenir. Peut-être pas très régulièrement. Mais ils étaient là quand ils pouvaient venir. Parmi les élèves du cours hebdomadaire et les participants aux Ateliers Intensifs mensuels, certains sont même devenus de fidèles habitués et une de mes grandes sources de satisfaction a été de voir leurs progrès tout au long de l’année.
Le mouvement fait partie de la nature humaine. Et si nous pouvons être les acteurs du changement, nous ne sommes pas toujours maître de la vie et de ses joyeuses incartades. Il ne tient évidemment qu’à nous d’en faire des opportunités pour maintenir plus que jamais le cap que l’on s’est fixé (et quand le vent est debout, il faut louvoyer !).
Cet été, je quitte Bordeaux pour Auch.
↑ Cathédrale d’Auch (cc by Renaud Camus)
Le Kansenkaï descend un peu plus dans le sud. Petite ville, nouveau défi : il me reste à trouver une salle et à chercher des élèves afin de lancer un cours et un Atelier Intensif de Kishinkaï Aïkido dans le Gers... C’est un nouveau départ !
Je n’abandonne pas pour autant Bordeaux puisque je reviendrai régulièrement pour continuer de faire des Ateliers Intensifs. Je le dois à ceux qui m’ont fait confiance jusqu’ici.
En attendant, je vous attends le samedi 11 juillet à Villenave-d’ornon pour l’ultime Atelier Intensif de la saison !
Ce samedi 20 juin 2015 aura lieu l’avant-dernier Atelier intensif de la saison ! Ce sera l’occasion de revenir à des bases puis, sans doute, de laisser les questions des participants guider l’étude ou l’approfondissement des principes afin de revenir sur l’ensemble de l’année écoulée qui fut riche.
Cet Atelier est l’avant-dernier car le dernier aura lieu le samedi 11 juillet. Il ne se déroulera pas au lieu habituel, le COSEC de Saige à Pessac (car il ferme fin juin), mais au dojo de Hubert Maillard, enseignant de Yoseikan, à Villenave-d’Ornon. Je ferai une annonce très prochainement !
Dimanche dernier a eu lieu au dojo de Nicolas Lorber le stage commun avec dans l’ordre Simon Pujol, Nicolas Lorber et Alexandre Grzegorczyk, qui fut très intéressant, même si je n’ai pas pu participer l’après-midi… Ce fut d’autant plus intéressant en ce qui me concerne que j’ai pu profiter plusieurs fois de la présence d’Alex pour vérifier certains point d’étude sur lesquels j’essaie de progresser et j’ai eu la satisfaction de voir que je travaillais dans la bonne direction.
Le travail solitaire a ses avantages et ses inconvénients. C’est bien sûr ingrat car on est seul avec soi-même mais cela oblige à être très attentif à ce que l’on fait et à la manière dont on le fait. Mais on peut le faire au rythme, pour la durée, avec l’intensité, qui conviennent à notre progression.
On ne peut certainement pas se passer du travail à plusieurs, ni de l’étude sous la direction attentive d’un enseignant, qui plus est de haut niveau, ni du fait d’enseigner à autrui, mais un des aspects les plus importants de la pratique est très certainement cette étude solitaire : la recherche. On peut même sûrement dire que sans un tel travail sur soi-même, les trois autres aspects perdent de leur valeur…
Cela ne va-t-il pas de soi ? Après tout, jamais le savoir ne peut se transmettre, il ne peut que se conquérir !
16 janvier 2015 - 430 mots - temps de lecture 2 mn
Ces photos devaient accompagner l’article Aïnuké dans le Hors-Série Aïkido N°7 de Dragon magazine qui vient de sortir en kiosque le 10 janvier. Elles n’ont pas été retenues en raison de la mauvaise qualité des clichés.
La série de vignettes (uké : David Caboni) illustre la formule “la forme est flexible, l’intention inflexible” de l'article et pourrait se décrire ainsi :
Uké vient frapper shômen uchi. Tori fait un ikkyô entrant, mais étant (volontairement ou pas) en retard d’une fraction de seconde, le shômen uchi fulgurant amorce déjà la descente sur lui, pas le temps de sortir de la ligne. Le simple relâchement du coude de telle sorte qu'uké ne puisse sentir la moindre tension interférer sur son geste permet à Tori de passer de hanmi à hitoémi. La forme est flexible, l’intention est inflexible.
Dans le monde de l’industrie, le terme flexibilité s’applique aux ressources mécaniques et humaines :
La flexibilité est définie comme une capacité d’adaptation sous la double contrainte de l’incertitude et de l’urgence.
Dans le billet "Feinte ou pas feinte ?", on a vu toute l’importance que Hino sensei donne à la mobilité du coude. Le corps doit s’adapter à chaque instant à la situation (incertaine et urgente !) et la pensée ici n’est pas censée intervenir : l’intention dirige les mouvements du corps en fonction de ce qui est ressenti et à aucun moment il ne faut que les mouvements se bloquent ou se figent, ou plutôt : même si un mouvement peut être bloqué par aïté, l’intention, elle, n'a aucune raison d'être bloquée et un autre mouvement adéquat de surgir aussitôt, naturellement.
Après, bien entendu, la flexibilité de l'intention est tout aussi fondamentale, mais ce n'était pas l'objet du propos.
Mais comme le disait Hino sensei à un pratiquant :
Tu es enfermé dans la forme, c'est pour ça que tu n'y arrives pas.
On pourrait dire que l'on est prisonnier de la forme dès que l’intention devient tributaire de la forme et qu'elle ignore le contexte (urgent et incertain !). Il est donc certainement plus que nécessaire que l'étude (que l'on soit dans un travail libre ou à travers des situations chorégraphiées) se fasse en pleine conscience à la fois de l'intention et du ressenti. Beau programme... (c'est le nôtre !)
En somme, l'objet de la pratique n'est-il pas tant l'apprentissage de choses nouvelles qu'un lent débroussaillage, nettoyage, élagage de tout ce superflu qui nous empêche d'être... naturel ?
Bien à vous,
Taro
PS : Et ce week-end, c'est le stage de Hino sensei à Herblay !! :)
Photos de l'Atelier Intensif mensuel du 20 décembre 2014
31 décembre 2014 - 1700 mots - temps de lecture : 7 mn
Cet "Atelier de Noël" fut une excellente session ! Et cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu autant de participants : Richard Mugica était là avec un de ses élèves de systema (deux autres n'ont pas pu venir hélas), Xavier Dotal est venu avec deux de ses élèves, un vieil ami pratiquant de viet vo dao, Arnaud, est venu de Paris, Sidney et Anthony, habitués des stages de Léo Tamaki et Tanguy Le Vourc'h, sont venus de la Rochelle, et toujours les deux Pascal fidèles au poste !
C'est le troisième Atelier consacré à l'exploration d'awasé et musubi, ces principes transversaux à toute pratique interactionnelle. Mais cette fois, nous avons progressivement ajouté une dimension plus martiale avec l'exploration de l'intention et, pour profiter du nombre de participants, une petite introduction au taninzûgaké (assaillants multiples).
Cette exploration de l'intention est bien entendu essentielle en aïkido et sans nulle doute dans tout budô : une pratique ne peut se réduire à la répétition de chorégraphies et uké ne peut pas être qu'"un sac de frappe". Au contraire, uké doit être le partenaire idéal (plus fort, plus rapide, plus doué) : son attaque doit être si imperceptible que tori ne peut placer sa technique (mais il doit pourtant y parvenir)… Il va de soi que dans ce genre d'approche de la pratique, on peut difficilement se baser sur fait que l'attaque et la technique sont convenues par avance (ceci est une manière de teaser l'article du prochaine Dragon Magazine Hors Série Aïkido ;) )
MàJ : L'article qui sert de fil conducteur aux Ateliers intensifs est maintenant en ligne.
ARMES DU MATIN
La matinée fut consacrée aux armes de l'aïkido Kishinkaï avec l'étude du premier kihon de sabre.
Nous avons débuté la séance avec un exercice corporel : dans la version Tanguy Le Vourc'h de cet exercice de mobilisation de la colonne vertébrale de Hino sensei que Léo Tamaki fait régulièrement pratiquer. Cette variante fait prendre conscience de l'étirement et du relâchement de chaînes musculaires impliquées dans différents mouvements fondamentaux au niveau du tronc (comme la tombée de la poitrine).
Puis comme deux personnes présentes n'avaient jamais pratiqué de bokken, nous avons repris les bases du maniement du bokken. Le suburi fut ainsi mis en place de manière très progressive : relâchement, précision, légèreté...
APRÈS-MIDI : AWASÉ ET MUSUBI, PRÉALABLES DU TRAVAIL SUR L'INTENTION
Les Ateliers intensifs peuvent tout à fait prendre des aspects plus techniques, plus corporels. Mais ici, la plupart des exercices ont consisté à prendre conscience et développer un ressenti interne. Je n'ai jamais eu l'occasion de participer aux sessions Buzen que Hino sensei organise régulièrement depuis de longues années dans son dojo mais j'ai le sentiment que l'après-midi, l'atelier s'en est peut-être un peu approché (la gastronomie en moins ;) ).
Ainsi, awasé et musubi furent mis en place progressivement avec plusieurs des exercices que j'ai déjà un peu décrits et qui suivent l'article du Dragon Magazine Hors-Série Aïkido N°6. Chaque participant a pu approfondir ou petit à petit se familiariser avec ces principes de connexion à l'autre.
Ce n'est bien entendu qu'une approche parmi d'autres mais le propos est de faire en sorte que nous puissions tous arriver à un niveau de sensibilité suffisant pour pouvoir explorer des exercices de plus en plus avancés.
Il est probable que nombre des exercices de la seconde partie de cet après-midi n'auraient pas réussi avec autant de succès sans une telle mise en place progressive où chacun pouvait prendre son temps pour apprivoiser des ressentis parfois extrêmement subtils.
Par exemple :
> LECTURE D'INTENTION : la personne doit tourner le dos aux autres qui se tiennent en demi-cercle derrière elle. Les membres du demi-cercle doivent, à l'envie, "envoyer" une intention malveillante vers la personne dos tourné. Celle-ci doit alors se retourner et désigner la ou les personnes du demi-cercle qui a ou ont envoyé l'intention malveillante.
Le taux de réussite fut particulièrement élevé.
Certains, qui n'avaient jamais fait de travail autour de l'intention, qui, de leur propre aveu, ne s'attendaient pas du tout à réussir, ont été surpris de voir que "ça marche vraiment"... Bien sûr, cela n'a pas été sans difficultés pour quelques-uns mais les résultats étaient là. En fait, je crois que de tout le groupe, il n'y a eu qu'un participant qui a eu vraiment du mal avec ce travail sur la perception et l'intention.
PRENDRE CONSCIENCE QUE L'ON ENTEND PUIS APPRENDRE À ÉCOUTER
Il va de soi que nous sommes tous différents, nous avons des sensibilités différentes, des facilités différentes. Ce n'est pas pour rien qu'il y a des gens capables de distinguer des dizaines de nuances de la couleur bleue là où d'autres n'en verront jamais que quelques-unes comme il y a des gens capable d'entendre une note de musique et de la nommer.
Mais une sensibilité se travaille, se cultive, se développe. Cela tout humain en est capable. Et il faut d'abord la reconnaître, l'explorer, se familiariser avec. C'est l'objet de ces sessions intensives. Pour répéter encore une fois ce que dit Hino sensei, l'homme est un animal qui ne développe pas des compétences spontanément, il doit les apprendre, les développer.
D'autres exercices de base :
> LECTURE D'INTENTION : deux partenaires face à face. L'un tient ses poings levés latéralement : il doit venir frapper le partenaire soit avec son poing droit, soit avec son poing gauche.
L'autre se tient les yeux fermés : il doit éviter la frappe en sortant de la ligne de frappe, selon que ce soit le poing droit ou gauche qui vient le frapper. Évidemment, s'il sort du mauvais côté, il se reçoit la frappe.
> LECTURE D'INTENTION : les deux partenaires sont face à face, yeux ouverts. Celui qui frappe a le libre choix de venir frapper avec son poing droit ou son poing gauche ou de faire une feinte d'un côté pour venir frapper de l'autre poing.
Le partenaire ne sait évidemment rien à l'avance et l'exercice consiste pour lui à ne pas réagir à la feinte mais uniquement à la frappe réelle. Et évidemment, s'il réagit à la feinte, il se reçoit la frappe et s'il n'y a pas de feinte et qu'il sort du mauvais côté, il se reçoit la frappe également.
Outre ces exercices de perception, nous avons aussi fait des exercices consistant à influencer la décision du partenaire avec son intention... Quant à l'exercice qui combinait lecture et influence, nous ne l'avons pas fait car visiblement sa présentation laissa coi toute l'assemblée (il y a une photo à prendre disait Richard :) ). C'est vrai que d'une certaine manière, on atteignait là une limite de la rationalité : vu qu'il n'était plus possible de savoir qui fait quoi. Mais c'était justement le but : musubi n'est-il pas précisément cet état qui ne fait plus intervenir ni l'intellect ni la volonté ? Cet exercice était une façon de l'approcher… Nous y reviendrons !
Nous avons fini cette série d'exercices par un exercice de dissimulation de l'intention, que nous n'avons pas approfondi... Mais petit à petit, le propos sera de savoir lire l'intention cachée du partenaire tout en sachant cacher la sienne, quand l'autre, en face, fait exactement la même chose. Nul doute que les attaques et les techniques prendront alors une autre saveur, voire une autre dimension… Mais ne brûlons pas les étapes ! :)
Tous ces exercices (awasé et musubi puis intention) ont mis en place une sorte de fondation (nous avions développé de la sensibilité, nous nous étions plusieurs fois connectés etc.). Nous pouvions aborder sereinement le taninzûgaké.
TANINZÛGAKÉ
Cette introduction à la pratique des assaillants multiples a été directement inspiré par un exercice lors d'un stage de systema animé par Richard Mugica qui avait eu lieu une semaine plus tôt et auquel je n'ai pu participer que pour quelques exercices.
Dans un groupe de 3 ou 4 personnes, une personne marche au hasard à l'intérieur d'une surface réduite où les autres font de même. Elle est gênée dans sa progression par les autres qui viennent lui barrer la route mais elle doit se faufiler sans créer de heurt. Dans un deuxième temps les autres ne lui barrent pas seulement la route, ils exercent une poussée avec la main : la personne doit l'absorber et sa marche doit rester tout à fait fluide. Puis dans un troisième temps, ces poussées deviennent des frappes qu'il faut absorber également. Enfin dans un quatrième temps, la personne peut projeter les personnes qui la frappent, mais les projections ne doivent en aucun cas être systématique : prime le maintien de la fluidité.
L'exercice que j'ai proposé reprenait la même configuration de départ sauf que les personnes qui viennent barrer la route doivent intervenir avec l'intention la plus claire possible en direction de la personne car celle-ci marche les yeux fermés... Nous en sommes restés à la première étape.
Nous approfondirons ce travail dans le prochain Atelier intensif qui aura lieu le 24 janvier.
さらば2014年・・・
L'année 2014 arrive son terme. Le Kansenkaï n'existe que depuis un an et demi et nous sommes encore bien loin d'une situation optimale (trop peu de créneaux horaires, trop peu d'inscrits...) mais le bilan en cette fin d'année civile reste tout à fait positif et l'avenir semble radieux. Cela tient beaucoup aux rencontres humaines que cette aventure permet. Alors merci aux élèves qui se sont inscrits à l'année, merci à ceux qui viennent régulièrement aux Ateliers mensuels, merci infiniment pour pour votre confiance ! Merci en particulier à Richard Mugica qui n'hésite pas à me recommander à ses élèves de systema. Merci également à tous les pratiquants du Kishinkaï que j'ai toujours énormément de plaisir à retrouver en stages quand je le peux.
Pour finir, je ne peux évidemment pas oublier de faire part de ma profonde reconnaissance à mes maîtres, Hino sensei, Kuroda sensei et bien sûr Léo Tamaki, notamment pour son soutien et sa confiance.
Plus que quelques heures avant l'année 2015. Elle s'annonce riche en rencontres, en progrès, en joies et en frissons... Je suis déjà impatient... :)
Mais pour le moment, je vous souhaite à tous un très bon réveillon !!