Le 3 juillet 1944, dans la forêt de Verrières, un détachement d'allemands encercle un camp de parachutistes anglais et de résistants français. Sept maquisards et un lieutenant anglais sont tués, 31 parachutistes et un pilote américain sont faits prisonniers. Ils seront fusillés dans la forêt de Saint-Sauvant le 7 juillet. 3 anglais blessés seront ensuite éliminés discrètement. Le monument de la Couarde, placé en bord de route témoigne de cet événement tragique.
Ce monument aurait été imaginé et dessiné par Mr Sausseaux , le pharmacien de Verrieres à l’époque .
Ci-après la liste des victimes:
BONNEAU Pierre
CHOISY Robert
DESVIGNES Jean
LECELLIER Pierre
QUINTARD André
SALMONI Maurice
SOLA Albert
STEPHENS (officier anglais)
AUX MARTYRS DE LA COUARDE (source : poete paysan - André Audoux - au pied des ceps)
Le jour du 3 juillet de cette année tragique
Qui vit l’effondrement des hordes germaniques
Alors que la nature et les oiseaux chantaient
A l’orée de la Couarde, la mort, hélas passait.
Des Français, des héros en leur pleine jeunesse,
A cet âge où la vie offre tant de promesse,
Tombaient assassinés sous les coups redoublés
Des brutes allemandes, barbares sans pitié.
C’étaient des maquisards de cette armée secrète,
Mal vêtus, équipés de façon incomplète,
Qui en de durs combats se couvrirent de gloire
Et surent largement aider à la victoire.
Rien n’obligeait ces braves à quitter leurs foyers,
A exposer leur vie en combats meurtriers,
Mais ils étaient tendus vers un noble idéal :
L’amour de la Patrie leur était sans égal.
Ils portaient en leur cœur cette foi qui anime,
Qui conduit ceux qui l’ont à des actes sublimes,
Ce besoin de justice, d’honneur, de liberté,
Qui est pour maints Français le raison d’exister.
Nul ne saura jamais combien ils ont souffert
Jusqu’à leur dernier souffle en pensant à leur mère.
Et si Dieu eût permis ou bien un grand hasard
Que l’un d’eux survécût a ce noir cauchemar,
Oubliant ses blessure et encor’ tout meurtri,
Il eut encor’ bondi criant : « Sus à l’ennemi ! ».
Français, de tels exemples doivent être salutaires :
Etre aussi grands qu’ils furent dans la guerre,
Sachons être aussi grands qu’ils furent dans la guerre,
Jetons bas l’égoïsme et l’amour de l’argent,
Refaisons une France digne de ses enfants,
Que leur pieux souvenir nous soutienne au combat !
Et quand nous défaillons, pensons à ces soldats.
Pour qu’ils restent gravés toujours dans les mémoires
Les noms de ces héros auréolés de gloire,
Apportons, à l’endroit où ils ont succombé
Une pierre massive semblant du ciel tombée.
Faisons un monument qui nécessitera
Et des uns de l’argent et des autres les bras,
Si modeste que ce soit, mettons-y notre cœur,
Comme au bien des Français ils ont donné le leur.
Et bien loin dans le temps, dans le recul des ans,
Quand nous ne serons plus, à nos petits-enfants
Cette pierre dira : « Français, souvenez-vous
En tombant pour la France, ils sont tombés pour vous ».