[la Dame] La course à pied pour les nuls
Aujourd’hui alors que je courais probablement pour la dernière fois de l’année et que j’atteignais et dépassais même mon objectif annuel, je me suis mise à penser au chemin parcouru, au pourquoi je courais, à ces heures passées à découvrir mon corps et ses limites mais aussi toutes ces petites astuces que j’avais apprises au fil de mes séances de course à pied. Ces petites choses toutes connes que j’aurais voulu savoir avant d’enfiler mes baskets pour la première fois et bien… je t’en fais cadeau. Car peut-être que toi aussi, ami(e) lecteur(trice), un jour, tu iras courir et que tu aimeras ça. Ou peut-être pas d’ailleurs. Tu détestes courir et tu as juré craché de ne plus jamais te prendre pour Forest Gump ? Je ne te juge pas, tout le monde n’apprécie pas, c’est ok. Tu dis ne pas aimer ça sans avoir testé ? Ok, là je te juge un petit peu.
Je précise bien sûr que je ne suis pas une professionnelle ni de la course à pied, ni de la médecine et qu’il est évident qu’un médecin du sport pourra peut-être mieux te conseiller concernant les détails niveau médical.
La première chose à savoir c’est qu’il n’y a pas de profil-type, que tu n’as besoin que de tes deux jambes et de ta volonté, que c’est un sport gratos, adaptable aux différents profils et aux différentes personnalités, que peu importe ton poids, ta taille, tes capacités respiratoires ou ta relation avec le sport, tu peux t’y mettre. C’est une asthmatique en surpoids qui te le dit. Attention toutefois aux personnes souffrant de fragilités au niveau des chevilles et des genoux, ainsi qu’aux personnes en surpoids, chaque foulée provoque une « onde de choc » dans ta jambe qui pourrait, à l’usure, mener à des blessures. Dans ces cas-ci, la course n’est pas contre-indiquée mais doit être modérée.
Ensuite : si tu vas courir, vas-y pour les bonnes raisons. C’est bête à dire mais beaucoup de coureurs commencent pour de mauvaises raisons. Y compris moi-même. J’ai commencé pour impressionner un garçon puis pour perdre du poids. C’était con. Parce que 1) je n’ai jamais pu aller courir avec ce fameux garçon parce qu’il est du genre à courir 15 bornes en 1 heure 3 fois par semaine (ce qui n’est évidemment pas mon cas !) et 2) je n’ai jamais perdu un gramme grâce à la course. Alors pourquoi j’ai continué ? Parce que j’aime ça tout simplement. Que c’était un très gros défi pour moi, que c’était un rêve (oui oui), que j’aime sentir la puissance dans mes jambes et ce développement de mes poumons, que j’adore la sensation de liberté, que ça me vide l’esprit, que ça me détend les muscles quand je n’ai pas assez bougé de la journée, que j’affectionne la sensation de bien-être après la séance. Ne vas pas courir parce que tu te sens obligé, parce que « ça fait bien » dans la société ou parce que tu veux perdre ta petite brioche. Si tu y vas c’est pour te faire plaisir. Aucun sport ne devrait être une obligation ou une torture.
Troisième commandement : le regard des autres tu t’en fous royal. Au départ j’avais honte, je l’avoue. Je ne voulais pas qu’on voit mon petit bourrelet qui faisait n’importe quoi sous mon t-shirt, mon visage rouge écrevisse, ma transpiration excessive, ma lenteur, mes rictus de souffrance quand je ne savais pas encore gérer mes points de côtés ni qu’on entende ma respiration forte et saccadée. Et puis au fil des séances j’ai croisé des dizaines d’autre coureurs qui… respiraient très fort, qui suaient du cul, qui râlaient de souffrance, qui faisaient presque du surplace, qui s’arrêtaient tous les dix mètres, qui portaient des vêtements beaucoup trop serrés… et j’ai compris qu’on était tous dans le même bateau.
Avale ta salive régulièrement. Non mais c’est vrai, ne rigole pas. Au départ, je courais sans jamais avaler ma salive parce que ça cassait un peu mon rythme respiratoire mais du coup après c’est pire parce que la gorge sèche c’est juste l’horreur.
Va faire pipi JUSTE avant d’aller courir. Un jour j’ai oublié. Je me suis dandinée toute ma séance, c’était pénible et ridicule.
Ne te concentre pas sur ton rythme ou ta respiration, c’est pire je trouve. Personnellement, plus j’y pense, plus j’essaye de les contrôler et plus je suis exténuée rapidement. Ma solution ? La musique. Quand je vais courir, j’emporte toujours mon I-pod rose fluo et mes écouteurs préférés. Une fois en place, je n’entends plus rien ni personne, pas même moi-même. Je ne cherche pas à aller plus vite ou plus doucement, à calmer ma respiration ou à la caler sur un rythme. Je cours, je respire, point. Parfois je vais me fais emporter par un Imagine Dragon et j’accélère, parfois parce que je regarde simplement le paysage je ralenti. Et ça n’a pas d’importance. Je cours, c’est tout.
Si aujourd’hui tu es moins en forme et que tu cours moins longtemps que d’habitude, ce n’est pas grave. Écoute ton corps.
Quand tu as un point de côté, ne t’arrête pas. Ralentis et prends des graaaaaaandes inspirations et expire loooooooongtemps. Encore une fois. Encore une autre. Voilà, ça commence à passer.
Prends ton téléphone avec toi, surtout si tu vas courir dans un champ paumé ou au fin fond d’une route perdue. Une cheville capricieuse et BIM tu te retrouve seul(e) et immobilisé(e) comme une nouille collée et abandonnée au fond d’une casserole. Achète un brassard pour le transporter si vous n’as pas de poche adéquat, ou que ça t’enquiquine d’avoir un truc qui saute dans ta poche. J’ai acheté le mien 3€.
Relève la tête, tiens-toi droit, balance les bras.
Attention si tu cours la nuit ou en ville ! Equipe-toi d’un magnifique gilet fluo et méfie-toi des voitures. Et des vélos. Et des chiens. Et des... enfin t’a compris l’idée.
Donne-toi des objectifs année. Mais sois réaliste. Moi par exemple quand j’ai commencé, je ne pouvais courir que deux ou trois cent mètres… (oui oui) il était bien évident que je ne me taperais pas 8 bornes le mois d’après (je suis à 4km environ, 3 ans après).
Connais ton corps. Découvre les capacités de tes poumons. Adapte les conditions climatiques si besoin. Dans mon cas, je ne peux pas courir s’il fait trop froid ou s’il y a du vent. Dès qu’il fait moins de 25°C, je ne peux plus, mais contrairement à d’autres je n’ai aucun souci quand il fait 40°C. Chacun son truc.
Si tu as des seins : achètes une brassière de sport. Nan mais vraiment quoi.
Si tu le peux, aie une tenue « spéciale » pour la course. Et des accessoires pourquoi pas : montre, ceinture cardio, gourde, chaussure spéciale, que sais-je encore… Quand je mets ma tenue, je me sens… plus forte. Je ressemble à une sportive donc je le suis. Non. Mais personne ne le sais.
Si tu te fais dépasser par une mémé en legging, tant pis ce n’est pas la honte. Chacun son rythme. La mémé ça fait peut-être 70 ans qu’elle s’entraîne. Laisse-toi du temps.
Dégote-toi des potes de courses si tu n’as pas envie d’être tout seul. Motive un ami ou inscris-toi sur l’un des très nombreux groupes Facebook qui propose des sorties courses à pied.
Sois toujours fier de ta performance du jour. Même si tu en as chié, même si tu as couru 4 fois moins que la fois d’avant, même si un peloton entier de vieux t’a dépassé.
Attache-toi les cheveux avec douze milles pinces s’il le faut. Les cheveux trempés de sueur qui te colle à la tronche c’est pas le top.
Voilà. Courage. Amuse-toi.
Et toi, c’est quoi tes conseils ?