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la trace - Double Mint
Alexander O’Neal - Our First Christmas (1988) sampled in: La Trace - Morning Commute
💬 Je reprends ma lecture là où je l’ai laissée tout à l’heure.
En tant que personne d’ascendance sino-cambodgienne, le pragmatisme américain incarne la philosophie occidentale qui se rapproche le plus de la stratégie chinoise et du tantrisme politique. La cause repose sur le darwinisme qui vient désaxer la lecture du monde de son ancrage théologico-politique et qui rend possible une cosmotechnique et une technopolitique. Dès lors, ce qui rentre en crise, c’est tout le rapport problématique des Occidentaux à l’égard de la technique, rapport que les Orientaux ont adopté dans le cadre d’une théologie politique qui, véritablement, fait de la science une religion, libérée, elle, de la nécessité eschatologique du katechon (du Grec : τὸ κατέχον, « ce qui retient », ou ὁ κατέχων, « celui qui retient »), dont Pierre fut, en quelque sorte, une triste illustration. Le lien avec l’écologie est évident lorsqu’on prend en considération le rôle des smart cities dans l’écologie high tech. En effet, à Beaulieu Circulaire, j’ai constaté que la tendance, en Suisse, allait plutôt du côté de l’écologie low tech, ce qui m’expliqua le rapport problématique des Suisses à l’égard de la technologie, incarnation du Mal, d’autant plus qu’en Suisse, c’est tout le rapport spirituel à la nature qui est remis en jeu. Mais cette peur de la technologie est, il faut le dire, une tendance européenne. Seuls les Américains qui, face aux Chinois, tentent de se maintenir dans la lutte pour la suprématie technologique cherchent à tenir la dragée haute aux Chinois, mais ce n’est pas sans peur que l’IA nous extermine tous, peur katéchontique, qui, peu à peu, procède à une inclusion exclusive, tandis que, pour rappel, les gens qui, comme moi, font l’objet en Occident d’une exclusion inclusive, se voient paradoxalement intégrés dans l’imperium de la Chine. Le secret dont je suis porteur en tant que fugitif réside dans la confiance envers la technologie et non pas dans la méfiance que les Occidentaux croient compatible avec la pastorale du pouvoir.
C’est ainsi qu’en m’excluant, l’élite de la classe dominante ne savait pas ce qui allait advenir de moi. Elle me vouait à une incertitude qui, désormais, constitue ma force.
La raison est due au fait qu’il n’existe pas d’extériorité au jeu. Le Fugitif, en effet, nous fait prendre conscience de ce que l’on pourrait appeler une immanence radicale, c’est-à-dire un refus de la transcendance qui exige une attention particulière au réel.
En résumé, l’exclusion que pratique l’État-providence est de nos jours impossible, car elle est inconcevable sans transcendance. C’est pourquoi, dans le champ de l’immanence radicale, seule l’écriture fait exister ce qu’elle traverse: elle n’énonce pas le réel, elle le produit. Car dans le jeu, où la vie et la fiction se confondent, l’écriture devient l’acte même de l’être — elle assure la continuité du vivant à travers la trace, abolissant la séparation entre dire et faire, entre exister et écrire.
À suivre…
🕘 09h15-10h15