Landes : une fillette de 3 ans succombe dans l'incendie d'une maison
Landes : une fillette de 3 ans succombe dans l’incendie d’une maison
Le drame s’est produit samedi après-midi à Labouheyre, dans les Landes.
Aux environs de 16H45, un feu s’est déclaré dans une maison où se trouvaient 3 adultes et 5 enfants.
Une fillette, âgée de 3 ans, a succombé dans l’incendie. Une ado de 17 ans et une quinquagénaire, grièvement blessées, ont été héliportées à l’hôpital Pellegrin de Bordeaux.
Les éditions Confluences reprennent en de courts volumes les Œuvres complètes du « fou » de Labouheyre.
Lou pèc (« le fou ») : ainsi Félix Arnaudin était-il surnommé parmi les siens. Poète et photographe, ethnologue et linguiste, il arpentait à bicyclette une Grande-Lande dont le paysage désormais uniforme associait aux bois de chênes et de pins les prés et les landes marécageuses. Sept cent mille ovins y paissaient en libre parcours, producteurs d’un fumier fertile, sur quoi reposait essentiellement la vie. L’industrialisation réduirait à rien la lande pastorale. Avec la loi du 19 juin 1857, destinée par Napoléon III à « mettre en valeur » les Landes de Gascogne, l’« or blanc » des résineux et la privatisation des terres auraient raison des vaines pâtures. Né en 1844 dans une famille de petits propriétaires terriens de Labouheyre, Félix Arnaudin s’en était un temps éloigné pour le collège de Mont-de-Marsan : il en revint décalé, s’il ne l’était déjà, en tout cas incapable de trouver échasse à son pied. L’indigène désœuvré se fit folkloriste. Cinquante ans durant, il parcourut son pays natal pour y recueillir par l’image et la parole une culture populaire ancestrale qui, pas plus que la société agropastorale dont elle témoignait, ne devait survivre à la sylviculture. Passeur solitaire, Arnaudin rencontra « indifférence », sinon « railleries », plus souvent que reconnaissance.
Tout artiste qu’il fut, Félix Arnaudin élabora une méthode d’étude objective et rigoureuse, questionnaires, fiches d’enquête, répertoires photographiques, qui constituent aujourd’hui un fonds unique, conservé par le Parc naturel régional des Landes de Gascogne et le musée d’Aquitaine. Des milliers de clichés et de feuillets manuscrits longtemps négligés, où la sensibilité lyrique de l’homme entre en accord avec un réalisme dépouillé que l’on dirait magique.
Après avoir publié les neuf volumes des Œuvres complètes, mais épuisées, de ce « rêveur sauvage », comme il se qualifia lui-même, les éditions Confluences rééditent un choix de textes. Premier volume de la série, les Contes brefs, en français et gascon grand-landais, ponctués par les photographies d’Arnaudin, sont accompagnés d’un CD qui donne à entendre l’oralité originelle en parlar negue, le gascon « noir », ainsi que le caractérisent, plus à l’est, les locuteurs du « parler clair ». On y découvre un monde que le merveilleux n’a pas déserté, où les objets, les êtres et les lieux ont part égale. Un monde de l’évidence (la croyance, l’effroi, l’humour, l’enfance de l’homme, la poésie, le regard d’Arnaudin sont de cet ordre), empreint d’un syncrétisme païen, où communiquent incessamment l’ici et l’au-delà, le matériel et l’imaginaire, les mots et les choses. Le quotidien de l’homme en est le centre, que ces textes, contes, récits, ou légendes, d’une brièveté tout à fait surprenante, ressuscitent. On y vit durement, on y meurt deux fois. Mais la déréliction y est inconnue.
par Elsa Gribinski
Félix Arnaudin, Contes brefs, choisis, transcrits et présentés par Joël Miró, traductions de Jacques Boisgontier, lectures de Madeleine Dubrous, Confluences.