Il est vrai que #ladroite est peu représentée dans les médias, et d’ailleurs #lagauche monopolise le pouvoir @lefigaromagazine https://www.instagram.com/p/CVYLkf9Mo0o/?utm_medium=tumblr

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Les derniers jours de la gauche de Christophe Barbier
Les derniers jours de la gauche de Christophe Barbier dans la valise RTL. Mitterrand l'a façonnée, Hollande l'a enterrée : la gauche française est morte ! Les cassures idéologiques sont irrémédiables, les différents clans sont irréconciliables et nul ne sait plus ce qu'est le « socialisme ». Cette fois, c'est la fin. Avec un humour dévastateur, Christophe Barbier raconte les derniers jours de la gauche, la faillite des idées et la guerre des hommes. Comme un point final à quarante-cinq ans d'histoire politique française. Dans ce récit implacable, il dépeint également l'émergence de nouvelles gauches : celle qui développe une utopie, avec Benoît Hamon ; celle qui espère la révolution, avec Jean-Luc Mélenchon ; celle qui construit le réformisme du XXIe siècle, avec Emmanuel Macron. Vont-elles s'entretuer ? À moins que la social-démocratie ne renaisse de ses cendres, avec Manuel Valls… Un quinquennat effroyable, une primaire pitoyable, des sondages épouvantables : et si le pire pour la gauche était encore à venir ?
La responsabilité des ex-partis ouvriers et des bureaucraties syndicales
C'est là où est grande la responsabilité historique des courants réformistes du mouvement ouvrier, devenus depuis longtemps des partis de gauche de la bourgeoisie : en bradant les valeurs du mouvement ouvrier, en les dénaturant, ils les ont dévalorisées. En cessant de combattre l’ordre bourgeois et, pire, en le servant ouvertement au niveau gouvernemental, ils ont assumé et, pour ce qui est du PS, assument aujourd’hui la responsabilité de toutes ses tares. Et ils les assument plus particulièrement et très directement dans le monde ouvrier.
La pénétration de l’influence du FN aussi bien que, dans un autre ordre d’idées, des courants islamistes réactionnaires repose sur l’affaiblissement de la conscience d’appartenir à une seule et même classe sociale par-delà l’origine, la corporation ou la nationalité. L’individualisme, le chacun pour soi ont largement pris la place du sens de l’intérêt collectif ; la débrouillardise individuelle, celle de l’action et de la solidarité de classe. Le lumpen-prolétariat et son influence corrosive sont aussi anciens que le prolétariat lui-même, et le mouvement ouvrier conscient a toujours eu à les combattre. Mais justement, l’adoration de l’argent facile et la loi de la jungle capitaliste pénètrent d’autant plus facilement dans les quartiers populaires aujourd’hui qu’il n’y a pas, en face, un mouvement ouvrier conscient solide, fier de ses valeurs et de ses combats et capable de les propager, en particulier dans la jeunesse.
Cette conscience-là, si elle a ses racines objectives dans l’identité des intérêts des prolétaires qui ont en commun d’être exploités, résultait de décennies d’activités du mouvement ouvrier conscient. C’est cette activité consciente, volontariste, qui a d’abord été dénaturée puis abandonnée.
Les directions des grands partis, qui avaient des liens historiques avec la classe ouvrière, comme les directions syndicales, ont repris à leur compte les idées, les justifications, jusqu’aux mots même de la bourgeoisie : compétitivité, nécessité de rembourser la dette, intérêt national… Ces partis comme ces syndicats n’éprouvent même plus le besoin d’utiliser un certain langage hérité du passé et de la lutte de classe pour tromper les travailleurs, pour dissimuler le fait qu’ils sont au service des intérêts de la bourgeoisie.
Pour ne citer que cet exemple, dès l’aube du mouvement ouvrier politique, Marx mettait en garde les prolétaires de son temps contre le fait de laisser pénétrer dans leurs rangs la concurrence, idée propre à la bourgeoisie.
Aujourd’hui, c’est sans honte que partis ex-ouvriers et chefs syndicaux reprennent à leur compte et comme allant de soi le mot et la notion de compétitivité.
Dans le Programme de transition, Trotsky affirmait : « La crise actuelle de la civilisation humaine est la crise de la direction du prolétariat », pour fixer comme tâche aux communistes révolutionnaires de son époque d’« affranchir le prolétariat de la vieille direction dont le conservatisme se trouve en contradiction complète avec la situation catastrophique du capitalisme à son déclin et constitue le principal obstacle au progrès historique ».
Ce programme a été rédigé en 1938, à une époque où la crise de 1929 et ses suites avaient engendré de grandes convulsions sociales, où se posait objectivement la question de savoir qui, de la bourgeoisie ou du prolétariat, allait diriger la société. À cette époque, la classe ouvrière était présente sur la scène politique avec un grand nombre de militants encadrés et organisés. L’incapacité des directions à mener le prolétariat jusqu’au bout de son combat, conduit dans l’impasse notamment en France et plus encore en Espagne par la politique des Fronts populaires, avait débouché sur la Deuxième Guerre impérialiste mondiale.
Les exhortations de Trotsky, dans le Programme de transition, étaient non seulement le constat de la trahison des directions staliniennes et social-démocrates, mais aussi une façon d’affirmer sa conviction que la classe ouvrière saurait se relever.
Dans la crise présente, la crise des directions ne se limite pas aux dirigeants et aux appareils, mais se traduit aussi par l’affaiblissement du milieu militant qui existait dans la classe ouvrière.
Mais l’histoire du mouvement ouvrier a connu bien des périodes plus ou moins longues où, notamment après une défaite, la classe ouvrière a su relever collectivement la tête. Un des aspects de ces reprises de confiance a toujours été la capacité qu’avait le prolétariat de faire émerger en son sein de nouvelles générations de militants.
En parlant du rôle démobilisateur et criminel du stalinisme en Allemagne dans les années qui ont précédé l’arrivée du fascisme au pouvoir, Trotsky affirmait : « La classe ouvrière allemande se relèvera, mais le stalinisme, jamais. »
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