#La Petite école
Peut-être que l’une des propriétés invariables de la beauté est qu’elle laisse dans l’esprit un désir de transmettre.
Virginia Woolf

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#La Petite école
Peut-être que l’une des propriétés invariables de la beauté est qu’elle laisse dans l’esprit un désir de transmettre.
Virginia Woolf
#La Petite école : A Aria et Sara
L’enfant « regarde, regarde », comme le dit le poème de F. Garcia Lorca qui offre sa trame à l’exposition. L’enfant porte les habits du poète. Le poète a la responsabilité de trouver des formes pour les intensités, toujours, et de libérer les effets de ces intensités. Mais aussi, comme un enfant triste, il agence les choses ensemble, bricole de nouvelles formes, et cherche la surprise, c’est-à-dire le contact avec l’étrangeté, c’est-à-dire la possibilité d’une transformation. En un mot, il joue. L’enfant met tout ce qu’il touche « en jeu » – au double sens de prendre des risques (sortir du confort et des convenances) et de cultiver un rapport joyeux aux choses, y compris quand elles sont tragiques. Mais la joie ne s’oppose ni au tragique ni à la peine, elle s’oppose seulement à l’impuissance, si on la comprend au sens de Spinoza, au moins.
(...)
Depuis plusieurs années, Didi-Huberman a engagé des recherches très fines sur les émotions (voir notamment les deux récents volumes de la série « Faits d’affects »). À l’égard de celles-ci, dit-il, on a toujours hésité entre deux approches : expliquer ou comprendre. Suivent la première voie les scientifiques qui cherchent à organiser les émotions pour en saisir la grammaire intime, ou l’alphabet, distinguant entre elles des subtilités, les classant par types, mobilisant la physionomie, étudiant de chaque passion les manifestations à la surface des corps. Pourtant une voie alternative consisterait non pas à expliquer, mais à com-prendre, c’est-à-dire à accompagner et à vivre les émotions, à observer leur chorégraphie singulière, la manière dont elles traversent un corps, et par où elles circulent. Pour cela, on ne doit pas nécessairement les fixer (leur donner une fonction dans un système régulé, les intégrer à un dictionnaire des émotions), mais identifier l’espace dans lequel elles s’affranchissent des classements, et où elles se vivent. Cela suppose une attention au médium où prennent place les émotions, à chaque site, support ou espace de tension permettant d’observer les émotions telles qu’elles se déplacent et nous mettent en mouvement. Parmi les éléments privilégiés par Didi-Huberman : le vent, les nuages, le souffle, l’air.
(...)
Didi-Huberman appelle alors à une poétique de l’enfance. Celle-ci pourra s’inspirer de ces jeux des enfants qui parlent aux fantômes, et qui parlent comme des fantômes, au point que Didi-Huberman en parle comme des enfantômes, parce qu’ils donnent naissance à des mondes, à leur manière, comme des poètes : un enfantôme serait « un enfant passé à travers la mort et la perte », mais qui aurait transformé cette expérience en lui donnant une forme nouvelle, se préservant de toutes les tragédies du monde, en neutralisant l’impuissance pour se reconnecter à d’autres forces.
Maud Hagelstein, Passages d’enfantômes. Une exposition en plein vent. « En el aire conmovido... », Madrid, Museo Reina Sofía y Centre de Cultura Contemporània de Barcelona, 2025.
#La Petite école : Childhoods
"The children looks at her, looks at her... the child is looking at her"
Children are not blind to our world, with its chaos and all. Often, they are afraid of it. But, with that fear, do they not look at the world, often, better than we adults do ? And is this not because they look, at the same time, both very closely at the real and from the depths of their imagination ?
G. Didi-Huberman, In the troubled air, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, 2025, p.190.
#La Petite école : L' Abécédaire
L' Abécédaire est le résultat de la recherche de Clizia Calderoni à La Petite école. La présente version numérique de l’abécédaire est également téléchargeable via ce lien : https://abc-lapetiteecole.be/
#La Petite école :
Laisser les fils s’articuler à nouveau et trouver une forme pour eux- mêmes, à aucune autre fin que celle de leur propre orchestration, non pas dans le but de s’asseoir ou de marcher dessus, mais seulement pour être regardés.
Anni Albers
#La Petite école : Every Child is a hope for the world
Arrivés en France il y a trois ans avec leurs parents pour fuir la guerre en Ukraine, Sofia, Mykhailo et Malik sont élèves à l’école primaire. Depuis leur regard d’enfants, ils racontent les souvenirs de leur pays et la vie qui se construit ici. - https://podcasts.apple.com/be/podcast/les-pieds-sur-terre/id160879442?l=fr-FR&i=1000723433743
#La Petite école : Colloque
Matérialités, heuristique et écologie de la recherche-création.
Du lundi 3 juin au vendredi 7 juin à l'Université de Liège.
#La Petite école : écrire les gestes
Je voudrais pour cette exposition travailler à partie de deux "phrases" que l'on trouve dans la Bible.
La première "phrase", la plus connue, est un interdit, l'interdit de la représentation, le deuxième commandement...
L'autre "phrase" est une exégèse que certains font, comme Rabbi Jehuda : quand une seule lettre du texte manque, le texte entier est invalidé, parce que chaque lettre doit être détachée, elle doit être entourée de tous côtés par une marge, un espace blanc du parchemin, parce que cet espace blanc lui-même est source de signification. La haute définition donne du trop à voir qui empêche de regarder. Pas de face-à-face libre. On est avalé par l'image. On reste fasciné, on ne voit plus rien.
(...)
in Chantal Akerman, Oeuvre écrite et parlée.