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THE BEGINNING PLACE _ EALM #2 du 8 au 29 Juin 2025.
Rencontre avec l’artiste le 8 juin 2025 dans le cadre du WEACT. Sur rendez-vous les week-ends du mois de juin (14&15, 21&22, 28&29) de 10h à 12h et de 15h à 18h.
Pour sa deuxième Expo À La Maison, La Véranda invite Louise Aleksiejew et parcourt en un mur un ensemble de séries de dessins réalisés entre 2019 et aujourd’hui. L’occasion de découvrir pour la première fois en région Occitanie le travail d’une dessinatrice aussi multiple qu’unique.
The beginning place est le titre d’un ensemble de récits de l’américaine Ursula K. Le Guin (1929-2018). Deux jeunes personnes y franchissent le seuil d’un pays où ils ont cru trouver un refuge. Ils y découvriront l’étrange, la peur, l’amour. Ce titre provient d’un texte précédent, L’Œil du Héron, un court de roman de SF politique dans lequel elle dénonce les régimes autoritaires et interroge l'efficacité de la rébellion non violente.
Figure emblématique des littératures de l’imaginaire, Le Guin nous offre des histoires pleines de commencements sans fin. On y trouve plus de ruses que de conflits, moins de triomphes que de pièges et d’illusions. Comme si plutôt que de renoncer à raconter des histoires, nous ferions mieux de commencer à en raconter une autre.
Gourmande et insatiable, Louise Aleksiejew (artiste plasticienne, théoricienne et autrice de bandes dessinées) traque les images alentours comme les bordures de concepts et les cultures à la marge puis n’hésite pas à casser la croûte à la lisière du bon goût. Fan de BD, de séries et d’animation, elle se délecte de variations infinies comme de digressions à l’amiable. D’une série à l’autre elle explore une technique, un papier, une diversité de formats, un infini de sujets.
Si Les ancres figure un répertoire d’objets, de personnages ou de situations issus du réel, les cinq dessins d’Ephemera, commande du musée de Rochechouart, témoigne entre autres choses de son amour des livres, et l’étrange s’est glissé dans les dessins de la série Poema.
Qu’il s’agisse d’explorer le motif du portrait comme l’espace intime d’un partage dans Les Déclarations, du confort autant que d’une anxiété dans les allers-retours intérieur/extérieur d’un portrait en coupe issu de la série Home sick home, il semble toujours y avoir une énigme irrésolue, des cachettes à déceler, un narratif à réinventer.
Son œuvre témoigne d’un goût certain pour le parasitage des registres stylistiques plus que du détournement et d’une envie perpétuelle de transformation des récits. Chaque série (pour la plupart toujours en cours), chaque dessin fait figure d’une alternative possible, d’une réalité où se projeter, d’un nouveau commencement.
Thomas Bernard & Christophe Brunella pour La Véranda.
Expo À La Maison est un projet de La Véranda qui consiste à proposer une exposition dans l'espace d'une habitation. Cette démarche témoigne d'une tentative de déplacement des regards sur les œuvres en modifiant leur contexte de monstration. En les plaçant délibérément dans un univers domestique, il s'agit de créer un espace de familiarité avec les œuvres exposées.
Si vous êtes intéressé·e pour accueillir une EALM chez vous merci de nous écrire à info(a)la-veranda.org.
LA DENT BLEUE - Arnaud Loumeau (2023)
Sérigraphie 2 couleurs sur papier Arena smooth white, 300gr. / 50 x 70 cm / 40 ex. numérotés et signés - 80€
https://laveranda.bigcartel.com/
DANSE MACABRE (Philippe, Jean-Philippe, Anne, Laurence) - Louise Aleksiejew (2024)
Sérigraphie Sérigraphie 2 couleurs dont une phosphorescente sur papier Arena Rough Extra White, 300 g. , 70 x 50 cm, 40 ex. numérotés et signés /> 80 euros
https://laveranda.bigcartel.com/
LA FEMME MASQUEE - MATHIEU RENARD (2024)
Sérigraphie 3 passages (noir, or,verni) / 250 gr. / 70 x 50 cm / 40 ex. numérotés et signés > 80 euros
https://laveranda.bigcartel.com/
LA DOUBLE ENSEIGNE - Nelly Monnier (2023)
Sérigraphie 2 couleurs sur papier Conqueror Bamboo, 250 gr. / 70 x 50 cm / 40 ex. numérotés et signés > 80 euros
https://laveranda.bigcartel.com/
ANIMAN DANS LE CIEL - Anouk Ricard (2023)
Sérigraphie 2 couleurs sur papier Conqueror Bamboo, 250 gr. / 70 x 50 cm / 40 ex. numérotés et signés > 80 euros
https://laveranda.bigcartel.com/
Expo à la Mairie #1 - Urbs bat la Campagne.
Poupon sous Pompidou, Urbs fait ses dents de lait à Limoges, capitale de la porcelaine, avant de déménager du côté d’Angoulême, Babylone du 9e Art. Bambin biberonné à Hara Kiri et Charlie Hebdo, il découvre sa vocation et sa libido grâce à Reiser et Wolinski. Mais c’est à l’adolescence, régime crêteux oblige, qu’il publie ses premiers crobards dans des fanzines punks. C’est la grande époque du rock alternatif, des Berurier Noir, des Wampas et de la Souris Déglinguée, des bd de Dodo et Ben Radis dans Métal Hurlant et des collectifs d’artistes politisés et contestataires dans la lignée libertaire de Mai 68. Urbs, en grand fan de Guy Debord et des situationnistes, trouvera son pseudo au bahut, dans un livre de latin posé sur son bureau.
Après le bac, il part une année en Angleterre faire semblant d’être prof et finit par rentrer sur Bordeaux pour glander à la fac. Politiquement molles, les années 90 l’ennuient à crever et il décide de s’échapper de sa classe sociale (gauche bourgeoise et catholique) pour se frotter au monde du travail. Il enchaîne alors les petits boulots : cariste dans une entreprise à Libourne, vendeur de journaux, boulanger, homme de ménage… écoeuré par le salariat, il repend ses études au début des années 2000 à l’IUT Métier de Montaigne qui forme aux métiers du livre à Bordeaux, bien décidé à être son propre patron. C’est là que lui vient l’idée une librairie-galerie entièrement dédiée à la sous-culture (bd alternatives, polar, graphisme underground, tatouage, art populaire, militantisme et érotisme). Elle s’appellera la Mauvaise Réputation. Derrière sa caisse, Rodolphe continue de dessiner.
Urbs est un bosseur. Un gros. Pendant 10 ans, il noircit rames sur rames de feuilles A4 avant de trouver son style : un trait rapide qui ne laisse pas de place aux fioritures et un humour féroce qui ne fait pas dans la dentelle. C’est que l’actu ça se travaille à chaud mais avec la tête froide. Pas de place pour les sentiments, il faut dégainer vite et bien et surtout faire mouche. Parfois, Urbs tape dans le mille et ce n’est pas sans douleur ; les pisse-vinaigre rient jaune et les belles âmes se lamentent. Urbs, lui, se marre. De sa jeunesse séditieuse, il a gardé un sens aigu de la provocation, quelques acouphènes et des polos Fred Perry qui le boudinent.
Sa carrière décolle vraiment dans les années 2000 grâce à une pub pour un bar nommé le Petit Rouge dans le défunt Clubs et Concerts, un journal culturel local. Tous les quinze jours, Urbs publie un dessin d’actualité sur les types qui traînent au bar. En même temps, il réalise des dessins davantage politiques et sérieux pour le magazine Nouvelle Vague, un journal satirique local aujourd’hui disparu. Quand le Petit Rouge décide d’arrêter la pub dans Clubs et Concerts, c’est Clubs et Concerts qui lui demande directement de faire le dessin de l’édito. Assez rapidement, le journal Sud-Ouest le contacte pour un premier dessin puis finit au bout de plusieurs mois par lui donner une chronique en duo avec l’illustrateur Marc Large. Depuis, Marc Large est parti et Urbs reste vaillamment au poste.
Puis tout s’enchaîne assez vite : le Canard Enchaîné s’enthousiasme pour ses dessins et après quelques tractations le fait rentrer dans l’équipe en compagnie de nouveaux auteurs de sa génération ( Bouzard, Lara, …). Le Monde le sollicite à son tour pour signer quelques unes, et Siné Mensuel lui ouvre ses pages en 2022. Entre temps, il y a eu les massacres de Charlie Hebdo et du Bataclan, Urbs a rejoint l’association Cartooning For Peace et participe régulièrement à des débats ennuyeux sur la liberté d’expressions où il y a toujours quelqu’un pour demander si on peut rire de tout. « M’en branle ! », répond généralement Urbs qui, je dois le confesser, a bien raison.
L’exposition revient sur ces éprouvantes élections présidentielles et législatives. Urbs étant passé à la palette graphique, les dessins exposés sont pour la plupart des tirages numériques augmentés de quelques originaux réalisés in situ.
(texte de l’exposition URBS BAT LA CAMPAGNE présentée à la Mairie de Chapdeuil du 3 Septembre au 3 Mai 2023)