Le goût des choses simples
On en est sûrs aujourd’hui. Faire du volontariat pendant 3 mois en Argentine aura été une des meilleures décisions prises cette année et aura donné une toute autre dimension à notre voyage. On voulait améliorer notre castillan, apprendre sur la vie des Argentins, sur des quotidiens biendifférents du nôtre. Mais ce qu’on a appris dépasse de très loin tout ça (même si c’est déjà bien !). Nous avons vécu un tout autre voyage, une introspection qui nous a permis de retirer les œillères qu’on avait sans le savoir et de faire des rencontres incroyables. Une période très forte en émotions qu’on garde bien au chaud parmi nos meilleurs souvenirs de voyage.
Stop, couchsurfing (nuit gratuite chez des habitants), camping, consommation de produits maison… On a expérimenté de nouvelles façons de voyager, très économiques et permettant de nombreux échanges (en stop, impossible de dormir, il faut faire la conversation…). Un retour aux basiques qui nous a fait le plus grand bien et nous a sorti de la logique du tourisme comme on avait l’habitude de le « pratiquer ».
Prendre le temps de vivre, ne plus courir après des bus ou des hostels, contempler et vivre en harmonie avec la nature, ne rien faire (et ne pas culpabiliser), consommer des produits à la source, travailler dans des environnements inhabituels, se remettre en question, avoir le sentiment de vivre dans un environnement sain, se sentir chez soi, nouer de fortes relations en peu de temps, se mettre à l’épreuve, voilà ce que nous a apporté chacune de ces expériences.
Si tous les volontariats nous auront beaucoup appris, on garde une préférence pour les semaines passées dans des propriétés bios. D’abord parce que c’est un monde qui nous a offert des expériences inédites (traire des chèvres, c’était quand même loin de notre quotidien parisien…), et surtout parce que c’est essentiellement avec les volontaires et propriétaires de ces fincas qu’on aura pris conscience qu’il y a des moyens alternatifs de fonctionner dans ce monde. Ces expériences contrastent avec le « toujours plus » dans lequel on baigne en France (et en Occident en général), nous avons pris conscience de notre pouvoir dans la société de consommation qui nous impose de nombreuses règles et n’est profitable ni pour notre santé, ni pour les finances des agriculteurs. Travailler dans un autre pays, c’est aussi prendre du recul par rapport à ce qui constitue notre socle ou nos références : sont-elles vraiment en accord avec nos principes ? Avec la vie qu’on veut mener ? Est-ce que l’on veut vraiment prendre part à l’apogée d’une société du gaspillage ? L’envie d’agir localement, au plus proche de chez nous et en sensibilisant nos familles et amis, est bel et bien présente.
Enfin, on ne peut que mentionner encore une fois nos trois semaines passées à la finca Morera de Luis et Nora dont on garde un souvenir ému. Une de nos plus belles rencontres de voyage.
Au final, on a le sentiment d’avoir plus appris en 3 mois de volontariat en Argentine qu’en 9 mois de voyage « touristique » ! Maintenant il est temps de reprendre la route pour nos derniers mois de vadrouille en gardant en mémoire ces petits plus qui ont changé notre vision de voir le monde.









