2 pour 1 : Adaptations de romans de Shamim Sarif par elle-mĂȘme avec les deux mĂȘmes actrices. Mais Lisa Ray et Sheetal Sheth sont si belles ensemble.Â
Note: yâa aussi Amber Rose Revah qui est dans les deux films, dans un elle joue la sĆur de Sheetal, et dans lâautre sa grand-mĂšre.
Les actrices correspondent aux canons de beautĂ© et sont toutes les deux «straight passing lesbians» (des femmes qui nâont «pas lâair» lesbiennes/queers). Sauf que dans The World Unseen, yâen a une qui porte des pantalons, pis ça câest considĂ©rĂ© comme «butch» dans le contexte socio-historique...
Ce sont deux productions non-blanches, câest un plus! Il reste que les histoires sont trĂšs clichĂ©es et le canvas de base ressemble Ă Ă peu prĂšs toute.
Si voues entendez quelquâun dire des trucs du genre «elle joue tout le temps une lesbienne», comme sâil nây avait quâun rĂŽle de lesbienne, bah voues pouvez leur montrer ces deux films-lĂ . Câest pas des chefs dâĆuvres, câest pas non plus les films avec les personnages les plus complexes du cinĂ©ma, mais on peut voir que Sheetal et Lisa ne jouent pas deux fois «la mĂȘme lesbienne», elles sâĂ©changent mĂȘme pas de rĂŽle, lĂ , yâa 4 lesbiennes diffĂ©rentes. (Bon je dis «lesbienne», mais câest pas nĂ©cessairement le bon terme pour toutes).Â
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I Canât Think Straight (2008)
Catégorie: Comédie romantique, Coming Out, Femme fiancée (à un homme), religion, Lipstick lesbians / «Femme», pression familiale, feel-good movie
Tala en est en pleine prĂ©paration de son 100e presque-mariages (lire: 4e). Câest rendu une joke, les gens parient Ă savoir quand est-ce quâelle va le laisser: pendant le mariage? La veille? Le matin? Pendant le party? Lorsquâelle est de passage Ă Londres, elle rencontre Leyla, la frĂ©quentation de son meilleur ami, pis lĂ câest le flirt, pis lâamour, pis toute.
Raisons pour écouter le film
Câest fait sur un ton lĂ©ger, les moments de lesbophobie sont encadrĂ©e dans la ridiculisation et lâhumour. (Pas au sens banalisation, mais au sens oĂč le trigger est donc moins grand)
Pour savoir si la «servante» va réussir à faire boire son cracha à la mÚre de Tala.
Câest une production non-blanche.
Raisons de ne pas écouter
Tout le son est fait en post-production, elles avaient perdu les enregistrements audio, alors tout a Ă©tĂ© refait aprĂšs et malheureusement, ça paraĂźt trop... Au point oĂč je me demandais si la langue de tournage originale Ă©tait vraiment lâanglais.
Familles aisées (surtout celle de Tala, qui est plus-que-aisée)
Si vous ĂȘtes tannĂ©es des films de femmes en couple hĂ©tĂ©rosexuel qui dĂ©couvrent quâelles sont lesbiennes... ce nâest pas le bon choix de visionnement.
Tala est une Palestinienne habitant la Jordanie. Sa famille est assez riche pour faire de la compĂ©tition Ă Helena Peabody (The L Word) avant quâelle ne se fasse couper les fonds par sa mĂšre et quâelle sânourrisse aux Cheetos. Tala, ou plutĂŽt sa famille, est en pleine prĂ©paration de mariage, pour la 4e fois. Le problĂšme commun dans toutes ces relations : elles Ă©taient avec un homme. (Aussi: toutes ses relations Ă©taient le fruit de la pression que sa mĂšre)
Leyla, une britannique de descendance Indienne, habite chez ses parents, dans une famille musulmane. Son pĂšre vend des assurances, ou plutĂŽt: «les assurances se vendent toutes seules», et il encourage ses filles Ă faire de mĂȘme. Mais Leyla veut ĂȘtre Ă©crivaine, et sa sĆur veut partir faire le tour de lâInde en packsack. Câest dâailleurs cette derniĂšre qui, en voyant les disques de KD Lang et les livres de Sara Waters et compagnie de sa sĆur et en voyant comment la relation avec Tala se dĂ©veloppe, commence Ă lui poser des questions.Â
Leyla frĂ©quente Ali, le meilleur ami de Tala, câest comme ça que les deux femmes se rencontrent. Elles deviennent rapidement amies et Leyla commence Ă mentir Ă ses parents lorsquâelle voit Tala, leur disant plutĂŽt quâelle est avec Ali. Tout ça parce que sa mĂšre la pousse fort Ă dĂ©velopper sa relation avec lui, mĂȘme si Leyla ne sent pas que ça clic entre les deux.
Sâen suit des rapprochements, suivit dâune sĂ©paration des deux femmes dĂ» aux pressions sociales, culturelles et familiales. La routine, quoi.
Leyla dit Ă ses parents quâelle est «gaie» (ça, ça gosse, pourquoi ne jamais utiliser le mot «lesbienne» ? URGH ) Sa mĂšre capote, son pĂšre est bin smat sa sĆur sâallie avec Ali (see what I did there?)  pour faire un super plan «on invite Tala et Leyla au resto mais on sâpointent pas. LOVE.»Â
On peut mettre ce film dans la catĂ©gorie «flattage». Pour celles qui prĂ©fĂšrent les scĂšnes dites plus «passionnelles» (quoi que je vois pas comment la passion ne peut pas aussi se vivre dans le «flattage») ce nâest pas tellement le film pour. Il y a deux scĂšnes de rapprochements. La premiĂšre se passe plus en douceur et lâautre plus en passion agressive (une agressivitĂ© positive, pas violente).
On sâentend que ce nâest pas de la porno fĂ©ministe non plus, alors quand je dis que la deuxiĂšme scĂšne est plus «intense», on ne voit pas plus de seins. Si câest ce que voues recherchez, câest pas le bon film.
On peut se le dire:Â WTF cette pochette!?. Câest la principale raison pourquoi jâai pris du temps avant de le visionner.Â
Je ne sais pas qui a choisit ce design, mais il est tout sauf reprĂ©sentatif du film: photoshop, surplus de maquillage, tenus de soirĂ©es... Ne voues laissez pas arrĂȘter par les apparences, parce que dans ce cas prĂ©cis, câest plus-que-trompeur.
La gĂȘnĂ©e quâil faut absolument changer
Je sais que pour plusieurs extraverties, une femme plus gĂȘnĂ©e, introvertie, ça les allume. C'est comme un dĂ©fi, le concours de «qui sera capable de l'amener Ă s'extĂ©rioriser le plus».
C'est un peu ça qui semble intriguer Tala, la gĂȘne de Leyla, son cĂŽtĂ© plus rĂ©servĂ©, le fait qu'elle ne soit pas autant «bruyante» et agressive dans son approche avec les autres. La provoquer et la dĂ©fier, câest comme un jeu pour Tala... jusquâĂ ce quâelle se fasse prendre Ă son propre jeu.
Ce genre de mise en scĂšne nâest pas rare, mĂȘme que câest tout le contraire. MĂȘme si ce film ne va pas dans les extrĂȘmes, comme trop dâautres le font, il reste que lorsque les personnes introverties sont toujours mises en scĂšne comme Ă©tant fantasmatiques, un amusement pour celleux qui ce nourrissent de mind-games, mĂȘme les portraits les plus banales de ce genre de dynamique deviennent lassant.Â
Je le dis en toute conscience que jâai moi mĂȘme Ă©tĂ© influencĂ©e par ce genre de scĂ©nario et que je nâai pas toujours Ă©tĂ© correcte, encore aujourdâhui, câest un travail de dĂ©construction constant.
Parce que c'est une mauvaise manie âqui frĂŽle la violence ou qui, parfois, en devient carrĂ©mentâ qu'on a les extraverties de vouloir faire sortir les introverties de leur coquille. De prendre la personne plus rĂ©servĂ©e dans un rassemblement de genses, d'essayer de l'emmener Ă parler plus, Ă danser, Ă monter sur le stage et chanter au karaoke. C'est comme si on n'Ă©tait pas capable de comprendre que tout le monde n'exprime pas ses Ă©tats d'Ăąmes de la mĂȘme maniĂšre. C'est comme si le malaise que vivent les personnes loud, lorsqu'elles n'arrivent pas Ă savoir si les plus discrĂštes ont du plaisir ou pas, devenait plus important que celui de ces derniĂšres.
Ce genre de situation est toujours mis en scĂšne de maniĂšre Ă ce que ça paraisse cute ou mĂȘme excitant. Comme si on aidait l'autre, comme si c'Ă©tait un acte de charitĂ©, une bonne action. Mais essayer de changer quelqu'une, la forcer Ă devenir ce qu'elle n'est pas (pas parce parce qu'elle ne l'est pas encore, mais parce qu'elle ne l'est tout simplement pas et c'est bien correct comme ça), c'est pas cute and fun, c'est agressant et harcelant.Â
Alors tant qu'on continue Ă vĂ©hiculer cette idĂ©e saugrenue qu'une personne plus rĂ©servĂ©e n'attends qu'Ă ĂȘtre dĂ©gĂȘnĂ©e pour ĂȘtre heureuse, que les personnes extraverties sont des hĂ©roĂŻnes de leur «venir en aide», on contribue Ă la culture du viol. OUI, je l'ai dit. Tant qu'on comprend pas le consentement dans toutes les sphĂšres de l'ĂȘtre, qu'on pousse les gens Ă agir comment ON le veut, qu'on agit sans les Ă©couter elles, bah⊠on n'avance pas.
Ă noter que lâinverse serait aussi problĂ©matique: une personne plus rĂ©servĂ©e qui blĂąme une autre dâavoir une personnalitĂ© trop «bruyante» et la force Ă se calmer, câest pas nĂ©cessairement mieux, surtout dans les cas oĂč prendre de la place est aussi un acte politique compte tenu de la quotidienne bataille contre lâinvisibilisation de certaines rĂ©alitĂ©s.
Je dois admettre que si je parle de tout ça maintenant, câest surtout parce que câest le premier des films que je critique oĂč on retrouve cette dynamique, mais ce nâest pas si flagrant. C'est seulement un film parmi tant d'autres, probablement un des moins pire, mais lorsqu'il y en a trop, mĂȘme les plus «doux» peuvent devenir irritant pour celles qui se font toujours traiter comme si elles devaient ĂȘtre «sauvĂ©e de leur timidité».
ParenthÚse «The L Word»
Ăa ne se rend pas aussi loin que toute lâhistoire entre Marina et Jenny, par exemple, oĂč Marina tombe carrĂ©ment dans le harcĂšlement sexuelle. Le pire dans tout ça, c'est que dans lâĆil du public gĂ©nĂ©ral, c'est perçu comme «hot». C'est mis en scĂšne comme tel; une espĂšce de manie de sexualiser et romantiser le contrĂŽle et le soit disant «gaydar» (ou «gouindar» huhu). On fabrique cette idĂ©e quâune personne puisse dĂ©terminer et imposer une identitĂ© sur autrui comme Ă©tant fantasmatique (que ce soit au niveau sexuelle, romantique ou simplement dans le jeu de sĂ©duction)
Lorsqu'on parle d'orientation sexuelle en plus, on invente des zones grises. «Ouais mais c'est pas pareille, elle aidait Jenny à s'accepter, à explorer (sic)»
«Non mais c'est pas pareille, elle savait que Jenny Ă©tait lesbienne (sic)» [mais pas Jenny] âŠ
«Non mais c'est pas pareille, le harcĂšlement sexuelle et les agressions⊠ça existe pas entre femmes (sic)» (Et surtout archi-faux)Â
«Non, mais câest pas pareille, sans elle Jenny aurait pas su quâelle Ă©tait lesbienne» (Oui Ă©videmment, il fallait quâelle se fasse agresser pour quâelle le dĂ©couvre (sarcasme) Et aprĂšs ça voues la traiter de folle. BRA-VO!)
Anyways, je mâenflamme et je m'Ă©loigne du sujet
Nâallez pas croire que je sous entends que Tala agresse ou harcĂšle Leyla, tout ce que je remets en question, câest le principe de construire une histoire autour de «briser la coquille de la gĂȘnĂ©e», mĂȘme si au final, câest plutĂŽt Tala qui a de la difficultĂ© Ă sâassumer. Leyla est peut-ĂȘtre plus rĂ©servĂ©e, mais elle sâassume! Comme quoi ce sont deux aspects indĂ©pendants lâun de lâautre.
D'ailleurs, Ă voir son visage lorsque les deux s'embrassent pour la premiĂšre fois, je me demande si c'est simplement le jeu de Lisa Ray qui est Ă©trange, ou si y'a une lueur d'incertitude â on dirait quâelle va brailler. Quoi qu'on peut la comprendre : elle s'enligne pour avoir une aventure avec une femme alors que son mari est en pleine prĂ©paration du mariage.
Ă chaque fois que Tala annule un mariage, sa famille envoie toute la nourriture Ă des camps de rĂ©fugiĂ©.e.s palestinien.ne.s. On aborde un peu le conflit israĂ©lo-palestinien dans les conversations de repas, mais de maniĂšre presque pas politisĂ©e, ou du moins, pas en profondeur. Ăvidemment, câest un sujet un peu intense Ă aborder dans une comĂ©die romantique, mais je tenais Ă nommer le fait que jâai ressenti quelques malaises, mais je ne saurais comment les exprimer, alors je prĂ©fĂšre ne rien dire de plus que de dire nâimporte quoi.
Je dois avouer que le film noues laisse un peu sur notre faim, il est court, tout ce passe trop vite et on en voudrait plus. On veut plus de moments cutes entre Tala et Leyla!Â
Alors je me suis dite: pourquoi ne pas lire le roman? AprĂšs tout, habituellement yâa plus de stock dans les livres.Â
Bien figurez vous donc que câest la mĂȘme maudite affaire dans le roman! Mautadine! On entend rarement les gens se plaindre que le film est trop fidĂšle au roman, mais lĂ , câest exactement pareille, Ă quelques subtiles variantes prĂšs. Il faut dire que, comme lâautrice est aussi la rĂ©alisatrice du film, ça aide Ă garder toute lâessence de lâoeuvre originale. Câest bien que ce soit fidĂšle, câest simplement triste pour celles qui veulent plus de... Taley? Leyta? wtv de ELLES.
Moi qui ai de la difficultĂ© Ă lire des romans, je lâai lu assez rapidement, alors si vous ĂȘtre trop gossĂ©e par le son fait en post-prod, vous pouvez aussi juste lire le livre, ça va prendre autant de temps que visionner le film.Â
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Catégories: Historique, femme mariée (à un homme), enjeux racial, drame de surface, fin heureuse
Lorsque tout lâinterdit â apartheid, mariage, famille, enfants, hĂ©tĂ©rosexisme â ne reste plus quâune chose Ă faire: se servir de cours de conduite pour flirter.
Drame relativement «léger» compte tenu des sujets lourds abordés. Je devrais plutÎt dire: drame qui reste en surface.
Résistance et résilience.
Amina; femme forte qui tient tĂȘte aux autoritĂ©s, militante et indĂ©pendante.
Raisons de ne pas lâĂ©couter
CinĂ©matographiquement parlant, jâcrois pas que ce soit excellent. Jâai lâimpression que Lisa Ray surjoue lâintroversion et ça me gosse un peu... maintenant que je lâai vu 13 fois.
Contenu sensible: violence conjugale, viol, racisme (nommé comme tel), violence policiÚre
Lâhistoire se passe en Afrique du Sud, Ă la ville du Cap (Cape Town), au dĂ©but de lâapartheid, dans les annĂ©es 1950.
Amina est propriĂ©taire dâun CafĂ©. Ă vrai dire, elle et Jacob, un homme Noir mĂ©tisse, sont partenaires dâaffaires, mais seulement dans lâombre, puisque leur partenariat serait illĂ©gale avec les nouvelles lois. Elle est Indienne, mĂ©tissĂ©e elle aussi, alors les autres personnes Indiennes la regarde de haut avec sa chevelure frisĂ©e, en plus quâelle «sâhabille comme un homme». Dans le village, ça jase, alors on sait que Amina prĂ©fĂšre les femmes. Elle est trĂšs fiĂšre de qui elle est et prend sa place. Une femme forte.
Miriam, elle, fait tout ce quâon attend dâune femme Ă lâĂ©poque: elle est mariĂ©e Ă un homme, Omar, avec qui elle a eu trois enfants, elle Ă©coute les ordres de son mari, elle ne prend pas de dĂ©cision sans lui demander. Elle ne pense pas en dehors de la boĂźte, elle ne sait mĂȘme pas quâil y a une boĂźte. Son Ă©poux refuse quâelle travaille pour quiconque autre que lui et il nâest pas chaud Ă lâidĂ©e quâelle recommence Ă lire de la poĂ©sie ou quâAmina lui apprenne Ă conduire. Une femme libre, ça fait peur.Â
Il est violent, contrĂŽlant et infidĂšle, mais lui, yâa lâdroit, tâsais, câtâun homme. (sarcasme)
Amina propose son aide Ă Omar pour faire un jardin pour son commerce. Il ne semble pas croire quâune femme seule puisse le faire, mais il accepte. Miriam, ça fait bien son affaire parce quâelle la trouve charmante et intrigante la belle Amina. Elle lui fait connaĂźtre autre chose, elle lâĂ©coute, elle, elle l'emmĂšne Ă se questionner, Ă avoir des opinions, Ă ĂȘtre une femme Ă part entiĂšre et prendre sa place. Elle la convainc mĂȘme dâapprendre Ă conduire, et lui offre un emploi Ă son CafĂ©.Â
Miriam est toute excitée, comprends-tu, enfin quelque chose juste pour elle, quelque chose qui ne lui a pas été imposée.
Voues avec lu le rĂ©sumĂ©? Attendez-vous pas Ă ce que ce soit un film avec une longue scĂšne de sexe, voues allez ĂȘtre déçue. Elles sâembrassent, et câest pas mal tout. Il nây a pas non plus de scĂšne hors camĂ©ra, yâen nâa pas! On nâen parle mĂȘme pas, pis câest bin correct comme ça!
Jâai utilisĂ© ce terme plus haut et je vais expliquer ce que jâentends par lĂ . Dans mon premier jet, jâavais commencĂ© par dire que câĂ©tait un drame lĂ©ger, mais ça aurait Ă©tĂ© une erreur de ma part de dĂ©crire ce film ainsi.
Je crois quâil est possible que mon privilĂšge de blanche me permette de garder une certaine distance face Ă plusieurs sujets abordĂ©s.Â
Lâhistoire contient plusieurs Ă©lĂ©ments tragiques lourds, certes: violence raciste, brutalitĂ© policiĂšre, violence systĂ©mique/lĂ©gale, agression sexuelle menant Ă la grossesse, violence physique envers la survivante pour la punir de son «infidĂ©lité»... Alors lorsque je parle de drame de surface, câest en fait parce quâon nâentre pas en profondeur dans les impacts de ces violences, de ces lois, elles ne sont que racontĂ©es ou bien prĂ©sentes comme Ă©lĂ©ments de «dĂ©cor contextuel».
On voit que Jacob doit abandonner lâespoir dâun amour interracial, puisque ça mettrais sa vie en danger. Câest tragique, mais dans la structure de lâhistoire, ce nâest quâun Ă©lĂ©ment parmi tant dâautres.Â
Le film ne permettait peut-ĂȘtre pas dâentrer plus en profondeur, câest probablement un choix de Shamim Sarif aussi, que de se concentrer sur le positif dans un contexte oĂč tout est violence, de se concentrer sur comment survivre lorsque notre existence mĂȘme est illĂ©gale.
Je nâai pas encore eu la chance de lire le roman, alors je ne peux pas dire Ă quel point câest diffĂ©rent ou pas, mais dĂšs que je met ma main sur une liseuse et que je trouve la concentration pour le lire, je ferai une mise-Ă -jour. Je suis confiante, par contre, que ce soit trĂšs fidĂšle, si je me fis Ă lâautre.
Encore une fois, le film noues laisse sur notre faim. Quâest-ce quâil arrivera avec Miriam et Amina? Est-ce quâon peut espĂ©rer un Goodbye Omar, Dixie Chicks Style? Est-ce quâelles attendent que les enfants soient plus vieux pour partir ensembles? QUâEST-CE QUI SE PASSE???
Peut-ĂȘtre que les rĂ©ponses sont dans le livre, peut-ĂȘtre pas, mais je persiste Ă croire quâil faudrait une suite!Â