De l’air, de l’air,
Au fond de mon verre.
On se terre, pour ne pas avoir à se taire. A cause de cet air qui nous manque là, qui nous laisse pâlir comme une bête photo punaisée au mur.
Je balade mon regard là-autour. Pour éviter les écrans. Pour ne pas oublier l’air, le temps, le terreau, les tasses, les tresses, les caresses.
Là, on tourne en rond. Dans un carré trop petit.
Continue à courir. Surtout n’y pense pas. Tu respireras demain.
De l’air, de l’air, au fond de mon verre.
Du silence éteint. Des ragots dans nos têtes.
Et demain, dos contre dos, les papilles en grève, on gravera nos pierres tombales en gerbant du coltan.
Sale temps pour les rêveurs.
De l’air, de l’air, tapi au fond de mon verre,
De l’air bleu pétrole, bon comme une gifle, à l’affut, venu droit du fond des bois
De l’air qui grince, serpent camphré au creux des reins
De l’air mouillé, matin, salé, de l’air qui bouffe la tiédeur
Qui casse des briques
De l’air tourbé
Velours à flamber
De l’air, de l’air, de l’air.
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