PEOPLE ARE BETTER THAN RECORDS, les héros ne meurent jamais (pt 12)
Martin Andraud, 26 ans, Grenoble (mais originaire de Clermont-Ferrand, précision importante).
J’aime les surprises. Martin m’en a faite une belle en me contactant pour me proposer sa contribution. J’ai toujours l’impression que personne ne lit les conneries que je raconte sur ce blog. Mais faut croire que non. Outre une plume agréable, il tapait dur chez les punks mélodiques de STETSON et continue à faire du bruit via les nouveaux venus LIKE WIRES tout en alimentant l’excellent blog Tourne A l’Orage. Un mec occupé.
A choisi l’album Folksinger du chanteur DAVE VAN RONK.
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Lundi 03 Août 2015.
C'est décidé, je vais contribuer au PABTR 2015. Non pas que je connaisse vraiment Florian, le propriétaire de Records Are Better Than People, mais je vais souvent sur son blog. Et parce que cette idée de faire participer les gens est cool. Et aussi parce que, contrairement à avant, je me suis pris au jeu du blog de chroniques. Et j'aime ça. En plus, j'ai le pied cassé, et donc largement le temps de rédiger ces quelques lignes. Après manger, le soir, ça me semble bien. Je finis mon brugnon et je m'y mets.
20h32.
Alors pour choisir, j'hésite. Pourtant, c'est pas que ma collection de vinyles soit si impressionnante que ça, mais il y a un tas de disques pour lesquels je peux avoir plein de choses à raconter. Comme Jar, l'album de SUPERHEAVEN. Parce que c'est avec ce disque que j'ai commencé à faire des chroniques l'année dernière. Mais j'ai déjà tout dit... Ah si, il est super ! MICROFILM ? Ouais bien, mais j'ai pas le premier album en vinyle, et c'est sur celui-là que j'avais envie de parler, il est tellement bien. HOT WATER MUSIC ? Bien joué, sacrée référence mais pas sur que je sois légitime. TITLE FIGHT ? Ouah, ça c'est tentant, Shed est également une référence pour moi. A voir. Mais peut-être quelque chose de moins punk-rock ferait d'avantage l'affaire.
20h43.
Alors je descend plus bas, dans ma catégorie "Folk". Et puis je m'arrête sur ça : Dave Van Ronk, Folksinger. Rah, oui, je vais prendre ça ! En plus, c'est une excellente raison de l'écouter. Encore une fois. Ce soir, assis dans le canapé, la jambe en vrac. Je vais pouvoir imaginer l'histoire de ce disque trouvé en me baladant à San Francisco. Je me lève péniblement et mets le tourne-disque en route. Peut-être que je vais écrire en direct. On verra ce que ça donne.
20h45.
Je suis tout de suite dans l'ambiance. Ca crachote dans mes enceintes, pourtant le disque semble encore en très bon état. Je me mets sur le canapé, et je commence à écrire quelques lignes... C'est vrai qu'il crépite beaucoup. En même temps, c'est une édition de 1967, soit quatre ou cinq ans après sa sortie (1962 ou 1963, ça dépend des sources). Mais surtout, je me dis que c'est surement parce que, sur ce disque, la musique est presque à nue. Une voix, brute, rauque, écorchée. Et une guitare, qui donne quelques notes en fond, pour accompagner, pour donner le rythme, pour ralentir ou appuyer. Et c'est tout. Mais ça me suffit largement. Parce que ce disque me raconte un tas d'histoires. Mais des histoires simples. Histoire que tout le monde puisse comprendre.
21h21.
Seconde face.
Merde, j'ai pas écrit une seule ligne. En fait, je me suis renseigné, pour te donner un peu des billes si t'es pas trop au point sur le sujet. Et je vérifie, car je suis loin d'être un spécialiste de folk. Dave Van Ronk, donc. Si ça résonne un peu dans ta tête, c'est que tu aimes surement la musique folk des années 60, le “Folk Revival” comme cette période a été décrite dans Wikipédia. Peut-être aussi que ça te dit quelque chose parce que tu as vu le film des frères Cohen, "Inside Llewyn Davis", qui bien qu'étant une histoire fictive, semble s'être inspirée de faits réels, notamment la vie de ce fameux Dave Van Ronk. J'ai vu ce film d'ailleurs, et j'ai vraiment bien aimé, en plus il y a des chansons de ce type dedans, donc ça me semble cohérent.
21h43.
Je crois que la face B est terminée. Il va falloir le remettre, mais pour ça il faut se lever.
21h45.
Avec ce silence chez moi, un semblant de musique à "boom-boom" résonne dans la cour de l'immeuble. Le bar du bas a laissé sa porte de derrière ouverte. Je vais devoir vite mettre la seconde face pour couvrir Rihanna. Et il fait un peu trop chaud pour fermer la fenêtre.
21h49.
Vibration. LED blanche qui clignote. C'est un SMS de *******. Je l'aime bien, hihi.
21h54.
En réfléchissant à ce que je vais mettre dans ma réponse de texto, je relance le disque.
21h55.
Et je suis tout de suite dans l'ambiance. Ca crachote dans mes enceintes, pourtant le disque est encore en très bon état. Je me mets sur le canapé, et je commence à écrire quelques lignes.
21h58.
Je suis plongé dans la lecture du dos de la pochette. Il y a toujours plein de trucs intéressants à lire : l'histoire du chanteur, des chansons, du disque. J'aime bien ça. Cocaïne Blues résonne, les autre chansons s'enchaînent, je suis toujours subjugué par ce que quelqu'un peut faire avec juste une guitare, sa voix, et surtout son vécu (et sa capacité à raconter des histoires). Seul sur mon canapé, un soir d'été, je crois que je suis dans le thème. C'est pour moi l'essence même de la folk du genre.
22h45.
Fin de la seconde écoute. Je crois que j'ai assez parlé pour aujourd'hui.
Pour terminer, ma contribution, je dirais que la vie, c'est un peu (mais en beaucoup mieux) comme ce disque de Dave Van Ronk. Tant pis, je me lance. Parfois, t'as l'impression que ta vie n'est pas cool. Tu te blues, tu mets un disque de folk. Dans lequel on te raconte des histoires simples mais sensées. Et ça parle de trucs banals, comme de moments de gros doute (Hang Me Oh Hang Me), d'erreurs (Cocaïne Blues), de deuils (He Was A Friend Of Mine), de violence (Long John), même si pour le coup le tableau dépeint est plutôt noir. Mais bref, la simplicité de la musique, du message, c'est ce que j'aime dans ce disque. Même si parfois il nous fait un renvoi vers un autre temps pas spécialement plus reluisant, il raconte la vie de quelqu'un, comme il la sentait à ce moment-là. C'était pas forcément joyeux d'ailleurs, mais c'est comme ça. Bon il y a quand même des moments bien meilleurs, et heureusement, mais parfois ça fait du bien d'écouter cette musique mise à nue pour nous sur ce bout de plastique.
23h12.
Je relis quand même le texte. Oula... C'est peut-être trop sérieux comme conclusion. Tant pis, c'est ce que je voulais dire à ce moment-là. En plus, j'ai plus le temps de changer, il faut que je réponde à ce fameux texto.
Bonne nuit.














