Écrire
J’hésite et puis je me lance. Est-ce que tu m’entendras, qui sait ? Là, tout au fond du brouillard, à la fin des soupirs, tout là-haut... Tout là-haut... J’hésite, puis je me retire. Tellement dur d’écrire un ange, les mots sont trop abstraits, désordonnés, ou défaits... C’est bien trop dur d’écrire sur toi. Mon cerveau lancinant se vexe et te ramène au plan des moins que toi, des pleurs et des poèmes.
Mais toi qui es loin déjà, loin de tout ça, mon amour, reviens pour mon amour. Reviens même pour un piètre retour, pour la beauté du tour d’un geste incontrôlé, en mémoire de ta main. Serre la mienne tout contre toi, quitte-moi si nécessaire. Colère un peu ton sourire, recrache-le sur la Terre. Colore mon parapluie, par rébellion: reviens. Tu vois, la mauvaise foi est toujours mon fort, c’est ainsi. J’ai le droit. Elle m’accroche comme une agrafe.
Tellement dur d’aimer si fort une épitaphe. Trop dur de te décrire. Trop dur d’écrire encore. Mon amour, tellement lourd mon amour. Mon amour, reviens pour mon amour, pour la beauté du jour, pour un piètre retour. Mon amour, reviens pour mon amour, pour la beauté du jour, pour un piètre retour.










