exercice d’atelier d’écriture : même phrase au début et à la fin, avec un sens différent (ish)
c’est une scène que j’avais déjà écrite il y a longtemps, et je n’en étais plus contente. donc j’ai recommencé…
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Les ailes multicolores et les quelques plumes isolées qui les complétaient étaient magnifiques.
Comme son frœur, Thawaht reçut ses présents – une aile entière, et un talisman fait de plumes turquoises, évoquant l’Air – en félicitant chaleureusement le chasseur de démons ailés qui les leur avait apportés. Eil noua l’amulette de plumes bleues à son bras, puis posa le reste sur un plateau que lui présentait un serviteur. Du coin de l’œil, eil vit qu’Olnij ne semblait pas apprécier autant qu’eil ces cadeaux exceptionnels. Pas le temps de s’en inquiéter pourtant, le chasseur était parti et la séance continuait, avec ses multiples rencontres et questions plus pressantes que cet interlude esthétiquement plaisant.
Lorsque tous les plaidants du jour furent repartis, les Monarques et leur Haut Conseiller se séparèrent, et repartirent chacun dans leurs quartiers, accompagnés de serviteurs et conseillers personnels pour porter leurs affaires.
Olnij suivit Thawaht, seul, en portant d’un air lugubre le plateau chargé de plumes. Eils entrèrent dans les quartiers du Monarque de l’Air, qui commença immédiatement à défaire sa lourde coiffe cérémonielle, pendant qu’Olnij posait le plateau et refermait la porte.
Après un moment, Thawaht trouva étrange de ne pas entendre le bruit du rideau qui devait être tiré devant la porte, et se tourna vers celle-ci : Olnij n’avait pas bougé, la main toujours sur la poignée, le front appuyé sur le lourd panneau de bois.
— Un soucis, Olnij ?
— Oui, Mjinno, mais je ne sais pas comment vous en parler.
Thawaht plissa le nez, perplexe, et continua d’ôter l’un après l’autre les liens, épingles et barrettes qui retenaient mèches et torsades sur son armature officielle.
— Commence par tirer le rideau, ça te laissera peut-être le temps de trouver quoi dire.
Olnij s’exécuta, et revint vers le Monarque d’un pas hésitant, bras croisés et une main sur son amulette wuny. Thawaht n’eut pas à attendre longtemps : son traducteur et conseiller lui demanda ce qu’eil avait pensé du cadeau du chasseur. Thawaht sourit :
— Magnifique. Je sais que la superstition les présenterait aussi comme protections contre les démons, mais je me contenterai de les trouver plaisants à l’œil. Ces couleurs – je ne savais pas que des démons ailés de plumes pouvaient en avoir autant, mais il est vrai que je n’en ai jamais vu avant leur rencontre avec la lance d’un chasseur. Est-ce vrai que ces couleurs sont rares ? En as-tu déjà vu de telles ?
— Des douzaines de fois, Mjinno.
Thawaht plissa les yeux :
— Pourquoi ce ton lugubre, Olnij ? Les démons aux couleurs vives sont-ils plus féroces et effrayants que les autres ? Ce n’est pas ce que semblait dire ce chasseur, eil parlait seulement de leur rareté.
— Non. Eils ne sont pas rares.
— “Eils” ?
Sans raison apparente, Thawaht pensa à son parœuf et ce qu’eil lui disait autrefois sur les démons et leurs origines.
— Les ailés de plumes ne sont pas des démons. Il n’y a pas de démons, seulement des animaux dangereux et – des gens. Les ailés de plumes sont des Lyerygs, et j’en connais personnellement une douzaine qui ont ce genre de couleurs. Ceil-ci aurait pu être mon ami. Je lui avais probablement déjà parlé.
Thawaht faisait confiance à Olnij, depuis qu’eils se connaissaient, pour lui parler honnêtement et sans rien dissimuler. Eil aurait dû savoir qu’un jour le résultat serait déplaisant.
Ses mains tremblaient, et Thawaht ne savait plus quoi faire pour le cacher. Eil croisa les bras, et ses doigts effleurèrent l’amulette de plumes bleues – eil en défit le lien à gestes secs, et la laissa tomber à terre, avant de laisser son regard glisser vers le plateau où reposaient les autres présents du chasseur.
L’aile multicolore et les quelques plumes isolées qui la complétaient étaient magnifiques.
















