19 Juillet 2016 – Maesot : La ville Salade de Fruit !
Juillet… Comme le temps passe vite ! Le temps des vacances, des retrouvailles familiales, des camps scouts et des baignades… Oui mais pas pour nous ! Nous arrivons à nos 9 mois de mission juste après avoir fêté nos noces de cotons ! Et tout vas bien ! Les missions suivent doucement leur cours et nous laissent le temps d’observer ce qui nous entoure. Maesot.
Jusque-là, on vous a beaucoup parlé des villages, des excursions, des voyages… Mais jamais de notre chez nous d’ailleurs.
Maesot est une ville qui a grandie très vite, 100 000 habitants au total, juste à la frontière avec le Myanmar. Touristiquement ? Pas vraiment intéressant. On voit juste de temps en temps des voyageurs qui vont vers le Nord, le Sud, ou qui veulent passer la frontière ! Culturellement ? là, ça devient plus sympa ! Maesot est la ville où se mélangent les thaïs, les karens, les birmans et les occidentaux. Facile de distinguer un blanc d’un asiatique, mais il faut avoir un peu plus d’entrainement pour différencier les thaïs des karens et des birmans pour savoir dans quelle langue s’adresser à eux ! Bon maintenant on sait que les thaïs sont plus pâles, les karens ont les pommettes hautes (ils viennent de Mongolie) et les birmans sont plus foncés et ont plus un air d’indien. Heureusement qu’il y a aussi les habits pour les différencier !
Mae Sot c’est aussi le mélange de saveurs ! Ici c’est la possibilité de voyager à chaque repas (au restaurant parce qu’on n’a pas de cuisine dans notre cabane). Les petits restaurants thaïs proposent des plats à base de riz ou de noodles, en assiette ou en soupe. Rien de tel qu’un Khaw Phat (riz frit) ou un Pad Ziew (grosses pates au soja) le midi. Dans cette cuisine on retrouve des saveurs sucrées, aigres et pimentées. Les plats birmans, eux, sont inspirés de l’Inde. On y goûte des samossas, des salades de feuilles de thé, … avec un savant mélange d’herbes aromatiques. A Mae Sot on peut aussi manger italien, français, américain, vietnamien, …. Quant à la nourriture karen on la retrouve dans les villages que l’on visite pour nos missions.
Cours de cuisine à Ponouaypou
En Asie (et ailleurs), quand on parle de culture, on parle aussi de religion. En Asie, (mais pas ailleurs), la religion est innée, normale. La société veut que chacun ait une religion et prenne une partie de sa journée pour elle. Ici, la religion est ancrée dans la culture et la culture est ancrée dans la religion. Pas simple à comprendre pour nous qui avons séparé l’Eglise et l’Etat. Et pourtant, à Maesot on voit :
Des bouddhistes. Eux, ils sont largement majoritaires. Pour les voir, il faut se lever tôt et aller dans la rue pour observer les moines en toge orange qui passent pour recevoir les dons des fidèles en échange d’une bénédiction. Les moines bouddhistes ne vivent que des offrandes de la population sous forme de nourriture, de cadeau ou de monnaie. Il faut savoir que le bouddhisme se base sur le karma : l’accumulation de bonnes actions pour se réincarner en un être meilleur. Le meilleur de tous étant le Roi de Thaïlande, celui-ci est vénéré !
Procession
Bouddhas d’hier et d’aujourd’hui
De l’animisme, c’est-à-dire le culte des esprits. Si 90% des thaïs sont bouddhistes, ces même 90% sont aussi animistes ! D’après eux, des esprits habitent les lieux (forêt, rivière, arbres, montagnes), et il faut s’adresser à eux avant d’utiliser ces endroits. Les animistes construisent donc des petites maisons pour les esprits afin qu’ils ne se sentent pas délogés d’un endroit habité par l’homme. On voit aussi l’animisme dans la culture, leurs façons de faire, c’est subtil, mais observable !
Maison d’esprits
Les musulmans. A Maesot, ce sont principalement les birmans chassés de leur pays pour diverses raisons notamment religieuses. Clément enseigne d’ailleurs l’anglais dans une école du soir birmane. Tenue par une mère de famille, cette petite école de 17h à 20h permet aux enfants d’apprendre l’anglais, les maths et le birman, en plus de l’école thaïe dans laquelle ils vont. Nous avons donc été invités à la rupture du jeûne à la fin du ramadan chez eux. Autre culture, autres saveurs, on s’est retrouvés à manger, seuls, entourés d’une ribambelle d’enfants habillés en djellaba pour les garçons, avec un voile digne de princesse pour les filles ! Expérience riche et étonnante !
Les Chrétiens. En minorité, Oui mais quand même ! Evangélisés par des missionnaires, les karens du Myanmar sont en partie protestant grâce aux pasteurs anglais et américains. Les karens de Thaïlande eux, sont plutôt catholiques grâce aux missionnaires français (MEP, Betharam …). Ici les paroisses sont centrées autour des écoles catholiques tenues par des sœurs, du coup, nous avons notre messe dominicale à Patarawitt, un internat tout proche de Maesot.
Cela n’a pas été simple au début, de ne rien comprendre à la messe, de ne pas savoir où on en est, de ne pas arriver à dire le credo en entier car on a trop l’habitude d’être bercé par les mots des autres ! Déstabilisant aussi d’observer les petites différences de cultes, la paix du Christ en wai (salut thaï), les psaumes, mais aussi la Vierge Marie pleine de guirlande et de vernis à ongle, les ventilateurs qui éteignent les bougies… Mais surtout quelle joie de retrouver, à l’autre bout du monde une communauté catholique, la même messe, la même eucharistie, le même Christ, et une communauté accueillante avec notamment :
Le prêtre de la paroisse, qui nous dit toujours quelques mots en anglais lors de l’homélie.
Le premier baptisé de la paroisse, vieil homme qui est aussi propriétaire de l’école. Il est très respecté par les paroissiens et c’est le premier à communier.
Les enfants de l’internat, en grande majorité Karen, ce sont eux qui s’occupent de l’animation de la messe, et on vous assure que ça chante très bien
Les enfants de l’orphelinat d’à côté, encadrés par des sœurs, qui nous lancent des « hello hello !!» et se jettent dans nos bras.
Les deux enfants de cœurs jumeaux qui rigolent bien avec les bougies. Les enfants sont partout les même.
Et nous, les deux blancs que tout le monde salue à la fin de la messe. On fait partie de la communauté. Malgré la distance avec la France, nous sommes chez nous dans cette église. Et c’est très réconfortant de savoir que, peu importe où dans le monde, nous serons chez nous dans chaque église du monde !
Avec les soeurs de Maetan et le Prêtre de Patarawitt
En tout cas, on pense bien à vous depuis la Thaïlande, et on attend de vos nouvelles et vos photos de vacances ! Pour ceux qui partent aux JMJ : Profitez, aimez, chantez, et saluez François pour nous !
On vous aime !
Thaïs et Clément.
Visite de Sukhothai avec Marie-Camille











