Extrait de l'EP Mistaken dispo le 20.01.14
- Mistaken
- Monster
- Tom Cruise
Inclus le remix de Mistaken - @LilMike_BNN: https://soundcloud.com/lilmike_bnn/mistaken-crying-tigre-lil-mike
et de Monster - @donovans :
https://soundcloud.com/donovans/mark-daumail-monster-donovans
FANFARE - Entretien avec Arthur Beatrice, février 2014.
Quand on a appris qu’ils avaient la vingtaine, on a cru rêver. Car ce qui frappe chez Arthur Beatrice, où plûtot chez les quatres jeunes gens qui se cachent sous ce mystérieux prénom composé, c’est une véritable maturité artistique. Le 24 février, Ella, Orlando, Hamish et Elliot sortiront leur premier album Working Out, un opus subtil et élégant de pop minimaliste, déjà encensé par la presse outre-manche. Croisement entre Wilds Beasts et The xx selon certains, progéniture rêvée de Bowie et Albarn selon eux, Arthur Beatrice semble indubitablement promis à de francs succès – ce que confirme leur performance live déjà bien rôdée. Entretien avec ces petits prodiges de la pop.
De gauche à droite : Elliot (paroles et batterie), Hamish (guitare), Ella (chant et piano), Orlando (chant et basse).
LE CHARIVARI - Parlez-nous un peu de votre premier album, Working Out, qui sortira le 24 février …
Orlando – Il est le fruit de plusieurs années de travail et d’écriture. On a voulu arriver jusqu’au point où on était vraiment capable de sortir un album. La production a été longue aussi.
L’album en effet est très finement écrit et produit. Votre performance live est déjà bien au point. Quel a été votre parcours pour parvenir à une telle maturité si tôt ?
Elliot - C’était vraiment un objectif pour nous de pouvoir produire quelque chose de très professionnel. Cela vient sûrement du fait qu’on a sorti deux EPs assez tôt, dont la production ne nous satisfaisait pas vraiment. Ce n’était pas encore exactement le son qu’on voulait. Quand on a fait l’album, on a décidé de tout faire nous-mêmes dans notre studio, en prenant notre temps, quitte à parfois trop fignoler.
Orlando – Je suis content que l’album ne sonne pas comme les précédents EPs ou comme notre live, qui est plus énergique. J’aime les albums à deux faces. Si un groupe joue en live l’album exactement tel qu’il est sur CD, c’est dommage. Notre album est plutot en retenue, tandis que notre live est vraiment dynamique et dansant.
Le son que vous êtes parvenus à créer sur l'album est assez indéfinissable.
Elliott – Ca se comprend en fait, car dans le groupe on écoute des choses très différentes. Le groupe dans son ensemble est inspiré par David Bowie, Talkings Heads, Blur, des gens qui ont essayé de faire de la pop un peu différemment, de tester ses limites. Après, moi j’aime le jazz, Hamish aime le R’n’B, Ella est plutôt dans le blues, Orlando c’est la musique classique. Il faut naviguer parmi tout ça. Il serait difficile de classer le groupe.
Orlando – On ne veut pas faire de la musique rattachée à un certain genre. Beaucoup de gens passionnés se disent « je vais faire exactement ce genre de musique ». Nous, on a fait ce qui nous semblait naturel, avec le temps.
Comment se passe l’écriture des morceaux ?
Orlando – On compose tous ensemble mais chacun a sa spécialité. Elliott écrit les paroles, Hamish et moi on s’occupe plutôt des mélodies , Ella travaille les voix. On fait ça parfois ensemble, parfois séparément. Au final on met tout en commun.
Les paroles sont assez particulières … Mystérieuses, en retenue.
Elliott – C’est un compliment ou un reproche ? (rires)
Un compliment ! C’est toi qui les écris mais tu ne chantes pas ?
Elliott – Je ne sais pas chanter ! Mais j’adorerais ... J’essaye de former des phrases qui peuvent susciter plusieurs interprétations, d’associer les mots de façon à faire varier le sens … Par exemple le titre Grand Union peut évoquer un mariage ou une relation entre deux personnes, mais en fait c’est le nom d’un canal à Londres, qui relie l’endroit où je vivais à celui où je travaillais. Cette ambiguité du sens est voulue. C’est pour ça aussi que le titre des chansons ne se retrouve jamais dans les paroles. Je pense que c’est une manière de faire relire le titre en cherchant son lien au morceau.
Comment se passe la réalisation de vos clips ?
Elliott – On travaille en lien étroit avec les réalisateurs. L’idée pour le clip de Carter, réalisé par Kate Moross, c’était de montrer une partie du corps, de peau, de façon élliptique pour qu’on ne sache pas si c’est un homme ou une femme. C’était une idée simple, efficace, et qui ne coûtait pas cher à réaliser.
Orlando – Ca correspondait aussi avec l’idée de masculin/féminin qu’on retrouve dans nos morceaux. On joue souvent sur cette perspective là.
D’ailleurs la double voix (Orlando et Ella) crée une impression de dialogue dans l’album. Est-ce l’histoire d’un couple qui se cache derrière l’album, comme un fil rouge ?
Orlando – C’est une interprétation qui est toujours possible quand on entend deux voix de sexes opposés. Mais dans l’album, les deux voix ne se répondent jamais.
Elliott – Sauf sur le dernier titre, où on les retrouve ensemble. Au niveau du son, c’est quelque chose qui nous permet de faire varier les hauteurs, en passant d’une voix grave à celle beaucoup plus douce de Ella.
Orlando – C’est aussi une façon intéressante d’introduire un dynamisme dans les morceaux, de rendre l’album imprévisible.
Ella – De façon encore plus simple, c’est juste que parfois une voix féminine ou masculine sonnait mieux à un certain moment de la chanson. On a de la chance d’avoir ce choix.
Ella ton chant est inspiré par le blues ?
Ella – Quand j’étais petite ma mère écoutait beaucoup de Ella Fitzgerald, ça m’a sûrement influencée ….
Parlons un peu de votre univers visuel et artistique. Quel est votre rapport à la photographie, à la mode, aux arts en général ?
Tous – On adore tout ça ! Tout ça nous passionne !
Elliott – L’univers visuel du groupe est vraiment conçu pour correspondre exactement à notre musique. C’est pour ça qu’il est à la fois discret, délicat et composé, assez chaleureux quand même, j’espère ! J’aime aussi beaucoup la photo de mode, j’essaye d’y piocher des idées pour nos photos promo. C’est aussi moi qui décide de ce qu’on porte en cas de shoot …
Ella – Regardez son costume !
Orlando – On se retrouve en fait dans une situation où on doit vraiment considérer tous les mediums impliqués dans l’histoire du groupe. Ca va au-delà de la musique, parce qu’on a voulu s’impliquer dans tout ce qui entoure la musique. Parce que tout ça nous intéresse, évidemment.
Parlez-nous de l’artwork mystérieux de l’album. On dirait une toile minimaliste, presque blanche …
Elliott – C’est un tableau, peint par un duo d’artistes, Luke & Elizabeth, avec qui j’étais à l’université. On aimait bien l’idée d’avoir une peinture en guise de pochette d’album, et ça marchait assez bien avec cette toile-là. Celui de Midland est des mêmes artistes. On retrouve aussi le tableau dans le clip de Grand Union, qui montre un déménagement. C’est ce genre de petit détail qui nous permet de créer un univers visuel cohérent, réfléchi. J’ai hâte de faire un deuxième album juste pour trouver l’artwork, c’est vraiment un exercice hyper intéressant !
Un deuxième album est donc envisagé ?
Orlando – Totalement. On a déjà commencé à l’écrire. C’est important de toujours être en mouvement musicalement, de ne pas s’arrêter sur ce qu’on vient de terminer. Une tournée est prévue cet été, pour les festivals. Mais on a déjà quelques idées pour le prochain disque.
Hamish – Mais quand même, parlons du premier album avant ! (rires)
Vous avez créé un label, Open Assembly.
Elliott – C’est quelque chose qu’on avait créé avant d’être signés. Cela nous a permis au début de créer notre identité, de tout gérer, de la musique aux artwork, c’était quelque chose un peu Do It Yourself. Ensuite on a été signés sur Universal mais on a quand même gardé Open Assembly.
Aimeriez-vous produire d’autres groupes avec ce label ?
Orlando - Totalement. Pour l’instant on essaye de faire marcher notre groupe, mais à terme ça serait super de pouvoir le faire.
Si vous deviez choisir un artiste vivant avec qui collaborer …
Elliott - David Bowie !
Ella – Bowie, Damon Albarn…
Orlando – Pour moi ça serait David Byrne (Talking Heads).
Et si vous deviez définir votre musique en trois mots …
Hamish – Right on time ! (Pile à temps) (rires)
Orlando – Modern pop music.
Elliott – J’allais le dire. Minimal pop music ?
Pop vraiment ?
Orlando – Je sais, on peut pas vraiment parler de pop dans notre cas, mais autrement on ne sait pas comment appeler ça … (rires)
Elliott – J’ai l’impression en tout cas que notre univers est très influencé par la culture Mod des années 80.
Est-ce que vous vous sentez inspirés par votre ville, Londres ?
Elliott – Je crois oui, même si on n’aime pas trop cette ville … L’influence de la culture club et house de Londres se ressent peut-être un peu sur l’album, mais c’est difficile à dire. Je préfère la France !
Orlando – Oui ! On vient à Paris une fois par semaine depuis trois semaines.
Hamish – Et on joue à la Flèche d’or bientôt.
En tout cas sur l’album, on entend bien vos accents british …
Orlando – C’est vrai ?! Je ne pensais pas.
Elliott – L’autre jour je parlais à quelqu’un qui me disait que tous les anglais avaient l’air super sophistiqués rien que par leur accent. Et je lui ai dit que pour moi, c’était vrai des Françaises !
Merci Arthur Beatrice ! Et merci à Émilie (Maison Barclay).
Extrait de l'EP Mistaken dispo le 20.01.14
- Mistaken
- Monster
- Tom Cruise
Inclus le remix de Mistaken - @LilMike_BNN: https://soundcloud.com/lilmike_bnn/mistaken-crying-tigre-lil-mike
et de Monster - @donovans :
https://soundcloud.com/donovans/mark-daumail-monster-donovans
Extrait de l'EP Mistaken dispo le 20.01.14 !
Inclus le remix de Mistaken - @LilMike_BNN: https://soundcloud.com/lilmike_bnn/mistaken-crying-tigre-lil-mike
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