Tel un drapeau Argentin improvisé...
Par des écharpes de nuages blancs sur un ciel d'un bleu impossible, bleu argentine, sublimé par la dorure des quelques feuilles que l'automne caresse du bout des doigts.
Revenir en hiver et recevoir ce ciel en cadeau, l'accent chuintant des commerçants de quartier, toujours trop curieux, et qu'on appelle par leur prénoms dès qu'on les re-croise.
Et la ville, tellement vivante, qui attends à chaque coin de rue pour surprendre, par sa créativité bohème qui se veut européenne mais finalement tellement Porteña de Palermo...
Par sa latino-vibe de Balvanera ou dès Corrientes, Los Pibes à peine pubères se serrent des Minitas nipées à la dernière simili-mode, Corrientes ou un défèrlement de marchandise chinoise made-in-plastique sur fond de cumbia vous hurle aux oreilles: Bienvenidos en America Latina.
Et elle superpose dans sa tête et dans son coeur les différentes peaux qu'elle aime à vestir, pour se couler dans celle de la porteña mais pas trop, à l'aise dans le métro devenu sale, et les rues de Belgrano bondée de vielles bourges qui font semblant d'avoir toujours les derniers sacs à la mode malgré l'inflation.
Chez eux, dans leur nouveau quartier de Palermo qui leur va désormais comme un gant, des relents d'Asie: le Budha de pierre ramené sur un coup d'audace de Bali, veille sur cette sérénité qu'elle défend de toute ses dents. La parenthèse Parisienne se fait discrète sur une étagère bricolée avec des cageots, deux tasses à leurs initiales ramenées de Disney.
De toutes ces peaux, la marocaine - quelques patisseries se déssèchent lentement sur le frigo - la porteña - le jean trop serré et délavé - mais aussi la grande soeur et la baroudeuse, la pote et la backpackeuse, l'executive women et la plongeuse, la solitaire et la moitié d'un couple...
Celle qui écrit encore l'Asie en décalage et n'ose pas encore rêver d'Australie?
Celle qui écrit, répondrait le moine, celle qui est devant son clavier.... et qui inspire... et qui expire... en ce moment... Bud..dho...Bud..dho