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In Disarray 038 - Dmitry Distant
Phat phonk
Esta noche/Tonight Polybius Trax Night #10: Minimum Syndicat live! +Rubén Seoane + Gus Van Sound
8€ entradas anticipadas / advanced tickets // Comprar entradas / Buy tickets 10€ entradas en taquilla / tickets at door
Ontal - Critical Path Method (Minimum Syndicat Remix)
33RPM +8% podcast 06: Mooly’s 91210 mix
Je ne présente plus Mooly, DJ affilié au label Minimum Syndicat dont les playlists et les mixes ont souvent été mis à l’honneur ici. Il faut savoir que ce jeune homme d’une quarantaine d’années est féru de mixes se concentrant sur un thème, un artiste, une idée et qu’il ne se pose jamais de contraintes de durée. Avec des horizons musicaux particulièrement vastes, une oreille fine et un talent indéniable de DJ, chaque set est une claque
Après un hiatus de quelques années, il est de retour et cette fois-ci, c’est 100% jungle pendant presque 4h30. Puisqu’on aime bien mettre en lumière des genres musicaux souvent mis à la marge des discours et des histoires de la musique à danser, c’est un plaisir que de vous proposer plusieurs heures de jungle pour notre sixième podcast.
Mais pas n’importe quelle jungle, on décèle un certain fil rouge, une certaine élégance et une énergie particulière dans les morceaux et la construction du set que j’ai déjà écouté plusieurs fois d’une traite sans jamais me lasser.
J’avais envie de poser quelques questions à Mooly sur ce podcast, voici un peu de lecture pendant l’écoute.
Ed
Mooly's 91210 mix - 33RPM +8% Podcast 06 by Ed Isar - 33rpm +8% on Mixcloud - DOWNLOAD LINK HERE
Ed : Qu'est-ce qui t'a donné envie de faire ce mix ?
Mooly: La crise de la quarantaine, où j'ai envie d'avoir auprès de moi, dans une sorte de concentré, tout ce qui musicalement me ravi (me ravey on pourrait dire...). Et j'avais vraiment envie d'avoir quelque chose qui couvre le spectre de tout ce que j'ai aimé dans la jungle, comme je ne trouvais pas ce genre de "megamix" sur le net, j'ai décidé de le faire. Sans l'ombre d'une quelconque prétention, je fais les mixes d'abord pour moi, mais j'ai toujours un pote en tête (au bas mot) quand je fais un mix, ça me motive de penser à mes music freaks. Pour celui ci, j'ai beaucoup pensé à mon brother de jungle, qui m'a accueilli quand je vivais au Mans à bras ouverts pour qu'on se tape des soirées Black Label comme des cochons, c'est un peu mon Mike D (comme Draveil, cherchez le code postal...) à moi :-)
Ed : Dans quelles circonstances faut il l'écouter ?
Mooly : Les circonstances pour écouter un mix sont propres à chacun. Moi par exemple, je peux écouter un disque doom au réveil, selon mon humeur, ou à un autre moment. L'instant que je choisis pour écouter un genre musical n'est jamais du au "hasard", c'est toujours en lien avec le temps qu'il fait, mon humeur, mes occupations, et j'imagine que c'est un peu pareil pour tout le monde. Bon, après, il semblerait quand même que ce mix s'écoute plus avec une envie de bouger les guiboles que de boire du champagne allongé dans le canapé !
Ed : Quel est ton rapport à la jungle et à la drum & bass ? D'ailleurs, tu préfères un terme à un autre ?
Mooly : Je pense que j'ai répondu déjà malgré moi, je préfère le terme jungle, sans trop savoir pourquoi finalement, mais c'est comme ça. Tout comme le shoegaze qui est un terme que je n'utilise jamais, je préfère noisy-pop (qui est le terme que Bernard Lenoir utilisait à l'époque) mais c'est complètement geek comme considération ;-)
Mon rapport à cette musique reste fort, puisque j'ai baigné dedans comme il faut pendant un certain nombres d'années. C'est avec cette musique que j'ai commencé à mixer des disques de cire. Je crois vraiment que ça a été une musique ultra futuriste, qui mélangeait tellement d'influences qui me plaisaient. J'ai lâché le morceau autour des années 2000 car le combat "grosse paire de couilles / grosse basse" m'a complètement saoulé, je ne retrouvais plus les délires rythmiques incroyables et les influences qui me ravissaient, c'était devenu sans saveur (même si un avis reste et restera toujours personnel, avec lequel tout le monde ne peut pas être d'accord). D'ailleurs à l'occasion, je suis allé jeter une oreille sur ce que faisais Andy C, ça m'a fait le même effet que si j'allais voir ce que Richie Hawtin fait aujourd'hui, ça ne m’intéresse plus du tout.
Ed : Qu'est-ce qui a motivé le choix de tel ou tel morceau ? D'une manière générale, comment tu t'y es pris pour construire le mix au niveau du contenu et de la structure ?
Mooly : C'est très simple, j'ai d'abord commencé par faire une immense sélection de tout ce que j'avais sous le coude, puis j'ai fait un deuxième tri, avec en tête l'idée de garder uniquement les morceaux qui représentaient un truc important pour moi, comme si je voulais faire une liste ultime de morceaux jungle. Ensuite je colle tout dans Ableton, je fais quelques tests pour voir qui colle avec quoi...etc, car je n'ai pas envie de construire un mix à la maison comme dans une soirée, je n'aborde pas du tout les deux choses de la même manière. En soirée, j'aime follement l’énergie que me procurent mes vinyles, et je me vois pas du tout mixer autrement. En revanche, à la maison, j'aime le côté geek de construire un set "aux petits oignons". Je fais ça avec une APC40. Et une fois tout ça effectué, je mixe comme si je mixais des vinyles, la préparation en plus.
Ed : En cette époque de temps d'attention réduit à l'extrême, un mix de 4h24 semble vraiment colossal. Pourquoi ce parti pris d'en faire un aussi long ?
Mooly : Ce n'est pas un parti pris, une fois les morceaux choisis, avec l'envie de tous les coller dedans, ça dure ce que ça dure. Et je suis tellement trop souvent frustré de ne mixer qu'une heure en soirée, que je me permets de me faire plaisir à la maison en ne me mettant aucune limite de temps.
De surcroit, j'ai une sainte horreur de l'attention qui justement se réduit aujourd'hui, noyée dans un flot de news incroyables. Je n'arrive pas à suivre ce rythme (et je ne cherche pas à le faire), je préfère retenir mon attention sur un truc dont je suis dingue, et passer du temps dessus, pour m'en délecter jusqu'à la substantifique moëlle :-) Et si j'ai "loupé" des choses, j'y reviendrai plus tard : tant que mon espace temps est rempli de bonheur, j'ai pas besoin d'autre chose. Dans le cas d'un mix de 4h24, je sais parfaitement que la majeure partie des gens ne l'écouteront pas en entier, ce que je peux comprendre. Mais mon but n'est pas de toucher tout le monde, mais si il y'a un geek qui a envie de prendre un gros mix dans la couenne qui traine sur le net, c'est lui que j'ai envie de toucher. Et si y'a plusieurs geeks, bah c'est super.
En clair, je suis conscient de l'effort que ça représente pour les gens d'écouter un aussi long mix, mais si j'ai aussi voulu raconter mon histoire avec cette musique, ça pouvait difficilement faire moins.
Ed : Tu es revenu à un de tes genres de prédilection près de 20 ans plus tard... Quel effet ça te fait, est-ce que ça t'a ouvert à de nouvelles perspectives ou rappelé quelque chose que tu avais oublié ?
Mooly : Franchement, je ne pensais pas me reprendre d'aussi grosses claques musicales en me replongeant là-dedans. Ca m'a semblé toujours avoir un truc ultra futuriste collé à la peau, et j'espère pour le coup que les gens qui n'ont pas connu cette période puissent ressentir ça. Donc oui dans un sens, ça m'a rappelé des trucs que j'avais mis de côté/oubliés, ça a été un grand bonheur !
Ed : What's next pour Mooly dans les prochains mois ?
VACANCES. Là, je suis bloqué sur ça, j'en ai besoin. Pour le reste, je crois savoir que je reviens jouer à Paris vers le 13 novembre (soirée 33RPM +8%, NDLR), et en début d'année prochaine un p'tit tour en Bretagne pour y jouer à nouveau avec les copains, dont Automat, qui pour la petite histoire, a été ma rencontre musicale (une grosse claque pour tout dire) qui m'a fait ré-ouvrir les yeux sur le reste du monde quand j'étais le nez un peu trop collé à la jungle.
Pour le reste, je rêve secrètement de monter un label (ça a TOUJOURS été un rêve), ce que j'avais déjà fait avec mes deux compères qui ont transformé Minimum Syndicat en une sorte de truc un peu incontournable aujourd'hui chez les music freaks, donc respect éternel à eux, mais je n'oeuvre plus avec eux, et ils gèrent aux petits oignons la chose. Mais si ça se fait un jour, c'est pas forcément de suite (il faut des sous), mais tout ce que je sais, c'est que ce rêve m'anime comme au premier jour.