Azores: un furieux appétit d’évasion
L’archipel des Açores est composé de neuf îles façonnées par des éruptions volcaniques. La végétation les a recouvertes d’espèces exotiques. L’aloe vera y côtoie les pins, les calas rivalisent avec les lys, et les hortensias séduisent les regards, tandis que nous sommes enivrés par l'odeur du jasmin, des palmiers et des bougainvilliers.
On y mange du boudin noir avec de la purée d’igname et des ananas locaux. Les vaches sont blanches, noires ou fribourgeoises, et l'on en compte plus de deux par habitant. Pourtant, cette nature généreuse doit être domestiquée, sous peine de perdre sa diversité.
L’abnégation semble être une composante de l’équation de cet Hawaï de l’Europe. Nous sommes entre les mains d’un dieu poète et nous ne sommes pas responsable de son inspiration ou non.
Nous voulions voir Flores, l’île aux fleurs, mais l'annulation de notre vol nous a contraints à prolonger notre séjour sur Faial, l’île bleue. Le temps y était exécrable, ne permettant quasiment aucune balade. Ce n'est que le dernier soir que nous avons pu apercevoir le mont Pico. Culminant à 2 351 mètres, il s'agit de la plus haute montagne du Portugal, située sur l'île éponyme, juste en face de la nôtre.
Vous l’aviez compris rien ne se passe comme prévu. Par exemple le jour où nous avons pris le ferry pour découvrir cette fameuse île noire, le brouillard était omniprésent. Nous y avons néanmoins dégusté des vins remarquables, à la fois fruités et minéraux, avec une touche de pierre volcanique immédiatement identifiable.
À cette étape du voyage, l’envie de nous enfuir, combinée à une succession d’aventures imprévues, a donné à notre séjour des allures de roman de pirates. Nous avons même songé à rejoindre l’équipage d'un bateau norvégien. Quand le capitaine a demandé à Jenny si elle avait déjà navigué, elle a répondu : « I'm a fast learner » (J'apprends vite). « They always say that » (C'est ce qu'elles disent toutes), a-t-il rétorqué dans un rire.
Plus tard, dans le taxi pour l’aéroport, la chauffeuse – qui nous a dit qu’elle était capable de reconnaître l'accent de chacune des îles – roulait au ralenti, contrairement à son débit de parole. Elle avait envie de nous parler de son expérience traumatique lors de sa visite en ville.
À Lisbonne, tout est furieusement cher et tout va à une vitesse folle. Taking a taxi in Lisbon is furious. Prices are furious. Delays of SATA Airlines are furious. Tourists are furious. Everything is furious.
Pourtant, nous avons réussi à ne pas être furieux en nous posant finalement à 21 h 15 sur l'île de São Miguel, réalisant que nous avions déjà pris l'avion six fois, sans calculer le temps d'attente dans les aéroports.








