Moodboard du film
Pour le rôle de Armand de Villeneuve: Timothée Calumet
Emmanuelle Gothe dans le rôle de Éléonore de Montreuil
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@famillelove
Moodboard du film
Pour le rôle de Armand de Villeneuve: Timothée Calumet
Emmanuelle Gothe dans le rôle de Éléonore de Montreuil
« Trop stylé »
— Konbini
« Parfois un peu cringe, mais finalement globalement satisfaisant »
— Chaos Reign
Afin de vous remercier de votre contribution attentive. Ce séjour sur l’archipel nous a inspiré le scénario d’un film qui, dans un monde imaginaire, bénéficierait d'un budget relativement conséquent. Il serait réalisé par une sorte de « Yorgos Östlund », un cinéaste confirmé qui s'avérerait le croisement improbable de deux figures de la comédie douce-amère et féroce.
Produit par Sofia Coppola, le long-métrage confierait ses rôles principaux à des comédiens dont la ressemblance avec des personnes existantes serait purement fortuite.
Le physique androgyne de Timothée Calumet et les traits si singuliers d’Emmanuelle Gothe porteraient l'intrigue. Au-delà de leur apparence, le choix de ce jeune acteur et de cette actrice reposerait sur leur puissance d’interprétation et leur humour fin, indispensables pour hisser le film à la hauteur de son ambition.
L'esthétique visuelle serait particulièrement soignée : une photographie léchée, des costumes d’époque d'un raffinement extrême et des paysages superbement esthétiques, dans la lignée de Triangle of Sadness ou de The Drama. Premier film français des studios A24, en voici le récit.
L’Orchidée des Açores (1789)
Deux mois avant la Révolution française, Armand de Villeneuve et son épouse Éléonore de Montreuil, un jeune couple d’aristocrates parisiens, entreprennent un voyage vers les Açores. Leur but ? Contempler une orchidée unique dont toute l’Europe cultivée célèbre la beauté. Pourtant, ni l’un ni l’autre n’éprouve le moindre intérêt pour la botanique. Armand, profondément conformiste, part uniquement pour nourrir son image d’homme d'esprit. Éléonore, plus brillante mais prisonnière des codes de son milieu, le suit par simple obligation sociale, heureuse malgré tout de fuir l’ennui de la cour. Ils partent parce qu'il faut partir.
Dès l’embarquement, leur certitude d’appartenir au centre du monde vacille. Jusqu’à leur retour bredouille en France, ce périple se transforme en une comédie humaine miniature.
Ils doivent d’abord endurer Sir Percival Ashcroft, un aristocrate anglais rigide qui transforme la moindre discussion botanique en une compétition féroce de statut social.
Pour échapper à sa lourdeur, le couple se laisse séduire par le charme de Giacomo Bellafonte, un aventurier italien et menteur chronique. Ce dernier s'empressera de les escroquer après avoir proposé de les guider vers cette fameuse fleur que le monde entier semble avoir vue, sauf eux.
Plus l'expédition s'enfonce vers des îles petites et sauvages, plus le confort de leurs privilèges s’effrite.
La météo capricieuse de l’Atlantique les retient prisonniers plusieurs jours dans une taverne. Ils y affrontent la rudesse d’Ingrid Nilsen, une capitaine de baleinier norvégienne pragmatique et directe. Totalement insensible à leurs titres de noblesse, et qui les force à regarder la réalité en face.
Le point de rupture survient sur l’île de Faial lors de leur rencontre avec Diego « El Canario », un pirate des Caraïbes ambigu, sorte de surfeur du XVIIIe siècle. Ce brigand-philosophe leur oppose une liberté absolue et provocatrice qui les scandalise autant qu’elle les fascine.
Tandis que ces figures bousculent leurs certitudes, Armand et Éléonore cherchent désespérément à comprendre pourquoi cette fameuse orchidée se dérobe à leurs yeux. Au fil des escales, le regard d’Éléonore s’émancipe, tandis que le conformisme d’Armand se fissure.
Lorsque les deux personnages posent enfin le pied en France, transformés par ce périple absurde, ils découvrent que la Révolution a éclaté. Leur monde d'origine a brûlé. Ce voyage, qu’ils considéraient comme une mondanité inutile, vient contre toute attente de leur remettre la tête en place en leur faisant échapper à la guillotine.
Plongeon dans la brume
Tout va bien ! Il n’y a pas trop de vent !
Azores: un furieux appétit d’évasion
L’archipel des Açores est composé de neuf îles façonnées par des éruptions volcaniques. La végétation les a recouvertes d’espèces exotiques. L’aloe vera y côtoie les pins, les calas rivalisent avec les lys, et les hortensias séduisent les regards, tandis que nous sommes enivrés par l'odeur du jasmin, des palmiers et des bougainvilliers.
On y mange du boudin noir avec de la purée d’igname et des ananas locaux. Les vaches sont blanches, noires ou fribourgeoises, et l'on en compte plus de deux par habitant. Pourtant, cette nature généreuse doit être domestiquée, sous peine de perdre sa diversité.
L’abnégation semble être une composante de l’équation de cet Hawaï de l’Europe. Nous sommes entre les mains d’un dieu poète et nous ne sommes pas responsable de son inspiration ou non.
Nous voulions voir Flores, l’île aux fleurs, mais l'annulation de notre vol nous a contraints à prolonger notre séjour sur Faial, l’île bleue. Le temps y était exécrable, ne permettant quasiment aucune balade. Ce n'est que le dernier soir que nous avons pu apercevoir le mont Pico. Culminant à 2 351 mètres, il s'agit de la plus haute montagne du Portugal, située sur l'île éponyme, juste en face de la nôtre.
Vous l’aviez compris rien ne se passe comme prévu. Par exemple le jour où nous avons pris le ferry pour découvrir cette fameuse île noire, le brouillard était omniprésent. Nous y avons néanmoins dégusté des vins remarquables, à la fois fruités et minéraux, avec une touche de pierre volcanique immédiatement identifiable.
À cette étape du voyage, l’envie de nous enfuir, combinée à une succession d’aventures imprévues, a donné à notre séjour des allures de roman de pirates. Nous avons même songé à rejoindre l’équipage d'un bateau norvégien. Quand le capitaine a demandé à Jenny si elle avait déjà navigué, elle a répondu : « I'm a fast learner » (J'apprends vite). « They always say that » (C'est ce qu'elles disent toutes), a-t-il rétorqué dans un rire.
Plus tard, dans le taxi pour l’aéroport, la chauffeuse – qui nous a dit qu’elle était capable de reconnaître l'accent de chacune des îles – roulait au ralenti, contrairement à son débit de parole. Elle avait envie de nous parler de son expérience traumatique lors de sa visite en ville.
À Lisbonne, tout est furieusement cher et tout va à une vitesse folle. Taking a taxi in Lisbon is furious. Prices are furious. Delays of SATA Airlines are furious. Tourists are furious. Everything is furious.
Pourtant, nous avons réussi à ne pas être furieux en nous posant finalement à 21 h 15 sur l'île de São Miguel, réalisant que nous avions déjà pris l'avion six fois, sans calculer le temps d'attente dans les aéroports.
Horta: le centre du monde maritime
Azores: Bleu
Notre voyage a repris son cours initial. C’est mercredi, il fait beau temps, et nous nous posons finalement à bord d’un bimoteur sur l’île de Faial. Ici, la location de voiture est pleine d’avertissements et de taxes. Lorsque, plus tard, nous rencontrons Ákos, un voyageur hongrois solitaire qui nous raconte comment son projet de déménagement sur l’archipel se frotte à des négociations ardues, on ne peut pas s’empêcher de penser aux Pirates des Caraïbes. Nous sommes sur une route maritime légendaire.
À peine arrivés au port de Horta, nous voulions nous informer sur les moyens de voir des baleines ; sans avoir eu le temps de dire ouf, nous voilà embarqués à bord d’un zodiaque en plein océan. Comme la météo ne s'annonce pas bonne pour les jours qui viennent, il fallait saisir notre chance, au risque de rentrer bredouilles. Si sur la terre ferme l’air est agréable, en mer, la sensation est tout autre. Le pilote est portugais, comme Vasco de Gama. Mis à part le fait d'être trempés, nous ne risquons rien, nous a-t-on dit.
Bleu : bleu dessus, bleu dessous, bleu partout. Dans nos cirés bleus, nous nous rendons compte de l’immensité du monde et de notre dérisoire trajectoire à vouloir le regarder dans toute sa magie. Après quarante minutes de navigation, honnêtement, nous n’y croyons plus. Tout à coup, ça y est, elle est là : Finsi, la célèbre baleine à bosse qui avait disparu depuis sept ans. D’après ce que nous raconte Anaïs, notre guide et spécialiste, Finsi est bien connue. Grâce à une tache noire sur sa queue, elle a été aperçue au Cap-Vert.
Les baleines partent généralement pour de longs périples de 8 000 km à la recherche de nourriture. Nous avons la chance de la voir accompagnée de dauphins et d’une tortue à tête rouge.
Finsi la baleine à bosse
Açores : les îles qu’on ne voit bien qu’avec le cœur
Depuis la fenêtre de l’hôtel qui donne sur un rond-point et sur la mer, la météo est fluctuante. Les nuages s’assemblent parfois pour faire tomber la pluie et, d'autres fois, pour laisser le soleil nous réchauffer. Après le brouillard de la veille, les vents contraires persistent. En Suisse, il y a la canicule, et le matin, nous apprenons le décès de Cécile. Rapide. Son cœur n’a pas supporté la dose de morphine.
Elle était a nos cotés pour nos fiançailles et nous l’avions vue aux soins intensifs quelques jours avant de partir ; elle nous avait souhaité « bon voyage, profitez ! ». Nous ne pourrons pas être présents à la cérémonie. Qu’est-ce qu’on fait là ?
En communiquant avec la Suisse, nous sommes contraints de penser au sens de ce voyage. Un voyage qui semble vouloir nous dire quelque chose dans un dialecte encore incompréhensible.
Alors, nous partons à pied découvrir la ville. Pour écouter les oiseaux.
Ce qui nous parle, c’est le rythme des habitants. Tranquilles. À l’image d'Ivo, le chauffeur Uber brésilien qui parle dans un anglais traînant. Il nous parle de la chaleur estivale qui lui manque tant depuis qu’il vit ici. La bonne nouvelle : nous n’allons pas souffrir de la canicule.
Toutes les personnes que l’on croise -serveurs, réceptionnistes, une jeune femme qui vend des fruits et légumes, des militant·e·s LGBT qui nous aident à trouver notre chemin, un brocanteur auquel nous achetons un disque de Newcleus - tous et toutes nous frappent par un trait commun. Le premier contact semble rude, voire froid, mais il s’estompe rapidement grâce à l’attention toute particulière qui est investie pour nous satisfaire. « On ne voit bien qu’avec le cœur », disait le renard au Petit Prince.
Est-ce parce que nous sommes sensibilisés par ce qui se passe que nous le remarquons ? Cette attention semble être investie dans beaucoup de choses qui nous entourent. Des choses confectionnées ou aménagées : les plats, les vins, les gâteaux, les maisons, les parcs avec des oies, des coqs et des canetons qui vivent librement. Pendant ce jour d’escale sur l’île de São Miguel, on pense à la vie et à la mort. On pense à nos familles respectives qui n’en forment maintenant plus qu’une. On allume des cierges en priant saint Clément, patron des marins, qui veille dans l’église de Ponta Delgada à deux pas de la mer.
De GVA à (presque) FLW
Lac Léman
Escale insouciante à Porto
8h30 de retard à l’aéroport de Teircera
Après la nuit
Azores : comme chez soi (sauf que c’est paumé au milieu de l’Atlantique).
Après une escale à Porto, nous embarquons avec deux heures de retard en raison d’une météo peu propice aux atterrissages. Pourtant, on y croyait : le vol du soir annonçait notre arrivée à 21 h 00. Mais la visibilité étant trop mauvaise, le pilote a le regret de nous annoncer sympathiquement que nous allons devoir faire des cercles au-dessus de Sao Miguel, en attendant qu’une fenêtre plus clémente se présente.
Une heure plus tard, nous tentons une descente avant de reprendre de l’altitude. Le brouillard, à couper au couteau, a bien failli nous faire plonger dans l’océan.
Après avoir tenté une seconde fois de nous faire atterrir en toute sécurité, sans succès, il est décidé de nous dérouter vers l’île praticable la plus proche.
Il est minuit lorsque nous arrivons, déjà fatigués, à l’aéroport de Terceira, île voisine de notre destination. Nous y resterons toute la nuit. Porte d’embarquement 6, dormant tant bien que mal sur un banc, en entrevoyant le cauchemar du personnage interprété par Tom Hanks, qui y est resté des années perdu dans un terminal. Le temps finit par passer. On rit à l’idée que, « si ma grand-mère avait des roues, on serait toujours en route pour Porto », et on relativise l’absurdité de la situation en se remémorant les six saisons de Lost.
Le personnel a l’air épuisé, mais semble sincère. Il nous informe que trois jours de météo déplorable ont saturé les hôtels. Nous devons attendre le lendemain matin, 9 h 18, pour espérer rejoindre notre correspondance vers l’île de Flores. Que pouvions-nous faire si ce n’est garder le calme et essayer de ne pas penser que les Açores forment un archipel perdu au milieu de l’Atlantique ?
L’arrivée à Ponta Delgada ne sera pas notre dernier aléa, puisque la correspondance pour Flores finira par être annulée à 16 h 00. Exténués, nous rejoignons le VIP Executive Hôtel, payé avec les bons proposés par la compagnie aérienne. Un jour et demi après notre départ, nous n’avions pas encore vécu un seul moment de vacances.
Lundi matin enfin l’île de Sao Miguel
Hello Azores, Again
Parka, pull, short et chaussures de marche sont prêts pour vivre la météo changeante, la végétation colorée et l’accueil légendaire des habitants et des habitantes de ce coin du monde pour le moins surprenant.
L’occasion de remercier toutes les personnes qui ont permises ce voyage dans l’archipel, en espérant leur faire partager en temps (presque) réel nos découvertes dans ce modeste carnet de voyage :-)