5 tracks I didn't know last week, vol. 5
Jouer du garage façon MK, Murk, Cajmere et Bernard Badie pour la famille Mona avec un de mes danseurs parisiens préférés en train de faire du somptueux voguing Old Way, marteler des Bodyjack et le prochain Booty Call dans la cave bellevilloise du 9B remplie de jeunes alcoolisés, danser à 160 BPM au Glazart pendant que les Casual Gabberz passent des tubes rave, hardcore et gabber et enfin me prendre des claques par deux DJs monumentaux à la Fête Triste Limited, quel week-end.
Avant de me lancer dans une vaste opération de digguing pour ressortir tous mes disques New Beat / EBM / smiley pour la 33RPM +8% Party #2 du 18/10, je fais une pause de dancefloor pour les 5 tracks de la semaine.
1. Shintaro Sakamoto - Extremely Bad Man [Other Music], 2014
De la folk pop hybride avec cette touche japonaise inimitable, c'est chouette de retrouver Sakamoto sur le label de New-York Other Music. Avec ces steel guitars plus douces que la soie, ce groove des plus laidback et ces vocalises harmonieuses, c'est le morceau rayon de soleil indispensable pour ce début d'automne à Paris.
Difficile de ne pas penser à New You par My Bloody Valentine, je trouve qu'il y a un lien de parenté distant mais présent. Mais j'ai vraiment été marqué par le morceau de Kevin Shields et sa bande, je me demande si vous êtes du même avis !
2. A. Dobson - Nowhere To Hide, [Rotary Tower], 2014
Merci à Cosmo Vitelli (dans son génial No Weapon Is Absolute 13 avec DJ Sundae) et Olivier d'Alter K de m'avoir fait redécouvrir Rotary Tower et son superbe catalogue. Rotary, c'est une structure à mi-chemin entre un label classique et un éditeur de librairie musicale dont le catalogue est truffé de pépites.
J'aurai pu choisir plein d'autres morceaux de Dobson, ils distillent chacun un beau mélange d'influences de librairie musicale, de funk psychédélique abstrait (Alain Goraguer, Bernard Fèvre et compagnie) et d'ambiance épouvante 70's avec une classe indéniable.
3. Vangelis Katsoulis - Improvisation, [Into The Light] 1987 / 2014
J'ai découvert ce label sur les bons conseils de Marion de Vie Garantie. Ce morceau est tiré d'une compilation d'un producteur grec relativement peu connu. L'album est vraiment varié, ici un morceau tout en FM synthesis et avec un kit 707 / 727 délicieux pour un sound design new age dans le meilleur sens du terme.
La dernière release du label par un certain Theodorakis est essentielle également, allez l'écouter.
4. Necrodeathmort - Temple of Juno, [Distraction Records], 2010
Je suis fan de ce duo depuis quelques mois. Leur doom est aussi abstrait qu'il est grandiose, c'est une des meilleures fusions de guitares et de synthés destinés au culte de la darkness que j'ai entendu depuis un moment, et tout cela me donne envie d'écouter à nouveau Filosofem par Burzum. J'aime beaucoup ce parti pris de faire de la musique hybride, pas complètement métal ni 100% électronique et j'ai l'impression que c'est une formule qui est plus accessible au final.
Bref, j'adore leur EP1 et je suis récemment tombé sur cet album de 2010. Il y a un morceau avec un Juno, des guitares, un groove plus doom tu meurs et une ambiance "Trent Reznor meets Sunn O)))" assez époustouflante. Pas mal de personnes autour de moi vouent un culte au Juno mais plutôt pour faire de la house que du doom, je leur dédie ce morceau.
A l'écoute de ce morceau j'imagine des robots encapuchés en train de faire des rituels pour apaiser la colère d'un Dieu synthétique jaloux et impitoyable ou quelque chose dans le genre.
5. Ganzfeld - The Liars' Paradox [Rotary Tower], 2014
Après la tempête de Necrodeathmort, je termine par ce morceau du très talenteux Ganzfeld, également sur Rotary Tower. Avec un touche jazz à la Bohren & Der Club of Gore et une sensibilité qui n'est pas sans me rappeler celle d'un Ulrich Schnauss, beaucoup de très beaux morceaux où piano et drums organiques subliment textures électroniques. Parfait pour les crépuscules d'automne.